samedi 31 janvier

Le Grand Cahier - Agota Kristof

Kristof 4e couverture:

Dans la Grande Ville qu’occupent les Armées étrangères, la vie est devenue impossible. La disette menace. Une mère conduit donc ses jumeaux à la campagne, chez leur grand-mère. Terrible grand-mère : analphabète, sale, avare, méchante et même meurtrière, elle mène la vie dure aux jumeaux. Loin de se laisser abattre, ceux-ci apprennent seuls les lois de la vie, de l’écriture et de la cruauté. Abandonnés à eux-mêmes en un pays en proie à la guerre, dénués du moindre sens moral, ils s’appliquent à dresser chaque jours, dans un grand cahier, le bilan de leurs progrès et la liste de leur forfaits…

En une suite de saynètes tranquillement horribles, le Grand Cahier nous livre sans fard, sans une once de sensiblerie, une fable incisive sur les malheurs de la guerre et du totalitarisme, mais aussi un véritable roman d’apprentissage dominé par l’humour noir.

De l’humour, même noir, je n’en ai pas vu de trace dans ce roman. De la violence, des viols, de la pédophilie, tout ce que l’on trouve de plus atroce chez l’homme a une place dans l’histoire de ces deux petits garçons durant la Deuxième Guerre Mondiale. C’est un roman dur, très dur. J’ai été vraiment choquée par plusieurs passages, et je crois que c’est la vraisemblance du récit qui m’a déroutée. Le traitement infligé aux femmes, enfants et vieillards durant la guerre est tout ce qu'il y a de plus épouvantable. Il est si bien décrit dans Le Grand Cahier que s’en est insoutenable. Un premier roman inoubliable pour Agota Kristof.

8.5/10

Extraits :

« Grand-Mère ne se lave jamais. Elle s’essuie la bouche avec le coin de son fichu quand elle a mangé ou quand elle a bu. Elle ne porte pas de culotte. Quand elle a besoin d’uriner, elle s’arrête où elle se trouve, écarte les jambes et pisse par terre sous ses jupes. Naturellement, elle ne le fait pas dans la maison. » p.12

« Les mots qui définissent les sentiments sont très vagues, il vaut mieux éviter leur emploi et s’en tenir à la description des objets, des êtres humains et de soi-même, c’est-à-dire à la description fidèle des faits. » p.34

Le Grand Cahier, Agota Kristof, Du Seuil, 1986, 190p.

abc_abeille

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Nous étions les Mulvaney - Joyce Carol Oates

oates_mulvaney4e couverture:

À Mont-Ephraim, petite ville de l’État de New York, tout le monde connaît les Mulvaney, et leur envie de bonheur et de réussite. Michael, le père, d’origine modeste, a su, à force de travail, obtenir sa place au soleil et se faire accepter par la bonne société de la ville. Grâce à sa femme, qu’il adore, la ferme qu’ils habitent est un coin de paradis, une maison de conte de fées où, au milieu d’une nature splendide, entourés de chiens, de chats, d’oiseaux, de chevaux et immensément d’amour, leurs trois fils et leur fille Marianne vivent une enfance inoubliable.

Mais, le jour de la St-Valentin 1976, un drame survient qui met un terme à cette existence idyllique, fait voler la famille en éclats et marque de manière indélébile chacun de ses membres…

C’est Judd Mulvaney, le benjamin qui, devenu journaliste, retrace l’histoire des siens, avec humilité parce qu’il sait que « rien de ce qui se passe entre des êtres humains n’est simple et qu’il est impossible de parler d’eux sans les simplifier ou en donner une image déformée. » Il évoque avec nostalgie le bonheur lumineux qui était le leur avant la « chute », puis raconte la désagrégation de la famille, la dureté de la société à l’égard des « perdants », et le parcours long, douloureux, émouvant, que suivront les Mulvaney avant de parvenir, chacun à sa façon, à retrouver l’amour et la sérénité.

Dès les premières phrases on est happé par le style particulier de Joyce Carol Oates. Cette façon qu’elle a de décrire les paysages, les personnages, les événements les plus communs avec une profusion de petits détails anodins. Elle traite ses personnages et les animaux (parce qu’ils sont eux aussi des personnages du roman) avec une telle humanité. Tout est décrit minutieusement, mais curieusement c’est dans les non-dits que l’on retrouve toute la force du roman. Des personnages singuliers : Pinch, Bouton, Mulet, Fossette, Sifflet, Bouclé, tous si différents mais tellement « Mulvaney ». Une famille unie, qui s’aime malgré leurs différences. Un événement malheureux va venir briser cette famille. Chacun leur tour les enfants Mulvaney s’exileront pour essayer d’oublier la douleur, la honte. Et chacun suit le courant de la vie, à sa façon, mais demeurera à jamais fier d’être un Mulvaney. Un très beau roman!   

   

9/10

Extraits:

« Toute mon enfance, j’ai été le bébé Mulvaney. Dans une famille pareille, c’est se savoir le dernier fourgon d’un long train rugissant. Ils m’aimaient si fort, quand ils consentaient à faire attention à moi, que j’étais comme ébloui par une lumière intense, incandescente, qui pouvait s’éteindre soudainement et me laisser dans les ténèbres. » p.12    

   

   

« Qu’est-ce qu’une famille, après tout, sinon des souvenirs inattendus et précieux comme le contenu d’un tiroir fourre-tout de la cuisine? » p.12

« Les restes terrestres de Michael John Mulvaney dispersés au vent. Et avec quelle rapidité le vent se jeta sur eux, un appétit sauvage. En se lamentant comme une hyène, en quittant la vallée dans un hurlement. Maman dit tout à coup : J’entends papa rire, pas vous? Oh! C’est vraiment drôle… en un sens. C’est ce qu’il penserait. » » p. 566

Nous étions les Mulvaney, Joyce Carol Oates, Stock, 1998, 605p.

abc_abeille

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jeudi 29 janvier

Le prochain truc sur ma liste - Jill Smolinski

smolinski4e couverture:

Après un accident où les Weight Watchers et une recette de soupe mexicaine ont joué un rôle inattendu quoique fatal, June Parker hérite d'une curieuse liste dressée par la victime, Marissa: "20 choses à faire avant mon 25e anniversaire."

June est perplexe. Une liste, quelle idée! Doit-elle la rendre aux parents de la pauvre Marissa? La détruire? À moins que… Besoin d'exister? Culpabilité? C'est décidé, June va relever le défi et tenter de réaliser les souhaits de Marissa.

Stimulante (courir un 5000 mètres), audacieuse (se balader sans soutien-gorge, embrasser un inconnu), ou réelle gageure (changer l'existence d'une personne), la mission s'avère délicate…

Entre fous rires et moments de doute, June va se découvrir des ressources bien cachées. Et comprendre qu'un peu de fantaisie rend souvent la vie plus jolie…

Une comédie romantique dans la plus pure tradition. Un très bon roman où (enfin) l’héroïne ne pèse pas 45kg les cheveux humides plein de roches dans les poches. Elle est jolie, amusante, et son projet nous fait crouler de rire. J’ai trouvé que le roman n’allait jamais dans la facilité comme il arrive bien souvent dans ce genre. Pétillant! Une lecture plaisante et qui fait du bien. Je vous le conseille fortement en cas de déprime, un remède miracle!

8.5/10

Le prochain truc sur ma liste, Jill Smolinski, Belfond, 2007, 384p.

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La dernière valse de Mathilda - Tamara McKinley

Mathilda

4e couverture:

Dans la chaleur étouffante du bush australien, Mathilda, treize ans, fait ses adieux à sa mère. Dans le petit cimetière familial, quelques voisins sont rassemblés pour rendre un dernier hommage à cette femme courageuse.

Un peu à l'écart, le père de Mathilda n'a qu'une hâte; que tout cela se termine pour qu'il puisse vendre la station d'élevage de moutons de Churinga. Sur son visage, nulle émotion. Mathilda comprend que les choses ne seront jamais plus comme avant. Elle sait que la vie, déjà dure dans ce coin sauvage et reculé, va mettre son courage et sa détermination à rude épreuve.

Cinquante ans plus tard, à la mort de son mari, Jenny hérite de Churinga. Elle découvre le journal de Mathilda. À mesure que progresse sa lecture, l'angoisse l'assaille… A-t-elle bien fait de venir s'installer dans le domaine de Churinga?

Les magnifiques paysages sauvages du bush australien, les ranchs, les animaux, la nature hostile, tout pour me plaire. Pourtant… J’aurais aimé plus de consistance dans ce roman. Une belle idée de départ mais mal servie par l’auteur. J’ai trouvé que tout le roman était un prétexte à l’histoire d’amour de Jenny. Je m’attendais à mieux. C’est décevant. Les moments que j’ai le plus appréciés c’est quand nous découvrons la vie de Mathilda par la lecture de son journal. J’en ai eu les larmes aux yeux. Du bon et du moins bon dans ce roman. Mais inévitablement, il nous donne envie de découvrir à notre tour les paysages grandioses des terres arides d’Australie. (Je n’ai pas vu le film Australia mais en voyant la bande annonce il m’a fait un peu pensé à l’histoire de ce roman.)

7/10

La dernière valse de Mathilda, Tamara McKinley, l'Archipel, 2005, 480p.

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samedi 24 janvier

La Princesse des glaces - Camilla Läckberg

lackberg4e couverture:

Erica Falck, trente-cinq ans, auteur de biographies installée dans une petite ville paisible de la côte ouest suédoise, découvre le cadavre aux poignets tailladés d’une amie d’enfance, Alexandra Wijkner, nue dans une baignoire d’eau gelée. Impliquée malgré elle dans l’enquête (à moins qu’une certaine tendance naturelle à fouiller la vie des autres ne soit ici à l’œuvre), Erica se convainc très vite qu’il ne s’agit pas d’un suicide. Sur ce point – et sur beaucoup d’autres -, l’inspecteur Patrick Hedström, amoureux transi, la rejoint.

À la conquête de la vérité, stimulée par un amour naissant, Erica, enquêtrice au foyer façon Desperate Housewives, plonge dans les strates d’une petite société provinciale qu’elle croyait bien connaître et découvre ses secrets, d’autant plus sombres que sera bientôt trouvé le corps d’un peintre clochard – autre mise en scène de suicide.

Au-delà d’une maîtrise évidente des règles de l’enquête et de ses rebondissements, Camilla Läckberg sait à merveille croquer des personnages complexes et – tout à fait dans la ligne de créateur comme Simenon ou Chabrol – disséquer une petite communauté dont la surface tranquille cache des eaux bien plus troubles qu’on ne le pense.

Sur la 4e de couverture on dit qu’en Suède les polars de Camilla Läckberg se classent parmi les meilleures ventes de ces dernières années, au coude à coude avec Millenium de Stieg Larsson, ce que j’en dis c’est qu’elle doit bénéficier d’une énorme promotion pour vendre autant de livres, à la différence de Larsson qui doit sa renommée au bouche à oreille. J’ai été plutôt déçu par le roman de Lackberg. J’aime quand un polar me tient en haleine, quand je suis subjuguée par les revirements inattendus et les dénouements surprises. Ici rien de surprenant, on voit venir l’histoire à 100 milles à l’heure. Je n’avais pas lu la moitié du roman que j’avais deviné tous les « secrets » de cette petite communauté nordique. Je trouvais vraiment pathétique la réaction des personnages en découvrant les éléments de l’enquête quand j’avais deviné tout ça depuis belle lurette! Je n’ai pas non plus accroché au côté « girly » de l’écriture de l’auteur. Je ne lis jamais les 4e de couverture avant de lire un livre, je la lis après… Si je l’avais fait, ma petite cloche intérieur aurait tinter et m’aurait fait comprendre que cette histoire n’était pas pour moi, la 4e de couverture disait : enquêtrice au foyer façon Desperate Housewives.  Uh! Vraiment pas mon genre! J’aime les comédies romantiques, mais quand j’ai envie d’un bon polar, je n’ai pas envie de savoir qu’elle sorte de « bobettes »  porte le personnage principal pour ses cabrioles nocturnes… Un autre point négatif, il y a beaucoup trop d’éléments de l’histoire qui sont incomplets et qui ne connaissent aucun dénouement, qu’arrive-t-il finalement avec la vente de la maison familiale? Comment se termine l’histoire avec Anna la sœur d’Erica? Beaucoup trop de questions sur des événements importants de l’histoire restent sans réponses, ce qui est très dérangeant pour le lecteur. Au final, de grandes attentes pour ce roman qui s’avère être un polar plus que moyen.

5.5/10

La Princesse des glaces, Camilla Läckberg, Actes Sud, 2008, 381p.

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lundi 19 janvier

Une maison de rêve - Madeleine Wickham alias Sophie Kinsella

wick4e couverture:

Au départ, Racheter cette très chic école privée semblait être une bonne idée. Mais, aujourd’hui, Liz et Jonathan se demandent dans quelle galère ils se sont fourrés. Lourdement endettés, ils ne parviennent pas à vendre leur ancienne maison et subissent les foudres de leur banquier, ainsi que celles d’Alice, leur fille ado, déprimée par la perspective du déménagement.

C’est alors que Liz fait la connaissance de Marcus, directeur de l’agence immobilière locale. En quelques coups de fil, il rassure la banque et trouve les locataires idéaux : Ginny, jeune attachée de presse, et Piers, acteur sur lequel Alice craque instantanément.

Tandis que Liz croit filer le parfait amour, le pauvre Jonathan se débat pour faire tourner l’école; Alice trouve un peu trop souvent refuge chez les nouveaux locataires; Marcus, quant à lui, marié et père, cède bientôt à la culpabilité.

Oh la la, quelle déception! Une histoire insipide, des personnages des plus ennuyeux, des événements tout ce qui a de plus ordinaires, un style sans relief... Bref, les premiers romans de Sophie Kinsella sous le pseudonyme Madeleine Wickham n'ont ni le mordant, ni l'humour de ses derniers récits. Je vous conseille plutôt la série de L'accro du shopping... Tellement plus amusants!

4/10

Une maison de rêve, Madeleine Wickham alias Sophie Kinsella, Belfond, 2007, 382p.

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vendredi 09 janvier

Un blog... Québécois!

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Une très belle initiative D'Allie, une banière pour nous afficher en tant que blog en provenance du Québec! Je suis très fière d'afficher mes couleurs!

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No et moi - Delphine de Vigan

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Adolescente surdouée, Lou n’est pas comme les autres camarades de sa classe. Elle n’a que 13 ans mais elle est déjà en seconde, elle est timide, a un gabarit minuscule et se sent très seule. Chez elle l’ambiance est morose. Sa mère dépressive depuis la mort subite de sa petite sœur est murée dans son chagrin, elle ne parle plus, agit comme une automate. Son père, impuissant, fait ce qu’il peut pour « sauver les apparences » sans y arriver vraiment. Lou rencontre No, une SDF, par hasard à la Gare Austerlitz où elle traîne après les cours pour regarder les retrouvailles des passagers. En classe, elle propose de faire un exposé sur les SDF. Lou va chercher le contact avec No et essayer de l'apprivoiser. Après son exposé, Lou décide de sauver No envers et contre tous et de lui donner une famille en l'amenant chez elle. Ses efforts sont touchants, mais elle se fera rattraper par la dure réalité...

Ce roman est tout simplement époustouflant! Il donne la parole à une jeune adolescente de 13 ans, qui est très intelligente, qui réfléchit énormément et pose beaucoup trop de questions. Lou a une personnalité attachante, et c’est avec beaucoup d’intérêts qu’on la suit dans sa démarche pour sauver No, qui va s’avérer plus difficile qu’elle ne s’y attend. Cette expérience va lui apprendre à grandir, à se connaître et à aller plus facilement vers les autres. Un très beau livre qui suscite des réflexions sur l'individu, la solitude, l'amitié et l'humanité. Il ne bascule jamais dans le mélo, ni le sordide. C’est un livre superbe, touchant, émouvant.

10/10

Extrait:

"Je ne savais pas comment lui dire au revoir, s'il fallait dire madame ou mademoiselle, ou si je devais l'appeler No puisque je connaissais son prénom. J'ai résolu le problème en lançant un au revoir tout court, je me suis dit qu'elle n'était pas du genre à se formaliser sur la bonne éducation et tous ces trucs de la vie en société qu'on doit respecter. Je me suis retourner pour lui faire un petit signe de la main. elle est restée là, à me regarder partir, ça m'a fait de la peine parce qu'il suffisait de voir son regard, comme il était vide, pour savoir qu'elle n'avait personne pour l'attendre, pas de maison, pas d'ordinateur, et peut-être nulle part où aller." p.20

"Parler je n'aime pas trop ça, j'ai toujours l'impression que les mots m'échappent, qu'ils se dérobent, s'éparpillent, ce n'est pas une question de vocabulaire ni de définition, parce que des mots j'en connais pas mal, mais au moment de les dire ils se troublent, se dispersent, c'est pourquoi j'évite les récits et les discours, je me contente de répondre aux questions que l'on me pose, je garde pour moi l'excédent, l'abondance, ces mots que je multiplie en silence pour approcher la vérité." p.30

No et moi, Delphine de Vigan, JC Lattès, 2007, 285p.

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samedi 03 janvier

Le livre de Noël - Selma Lagerlöf

Lagerl_f4e couverture:

Au fil de ces récits, aussi charmants que des contes dits à la veillée, on fera la connaissance d’une petite fille suédoise qui reçoit un livre d’étrenne…en français. On découvrira l’origine de la légende de sainte Luce, très prisée en Suède. On saura ce que font les animaux durant la nuit de Noël et comment le rouge-gorge devint rouge. On apprendra qu’une mère peut être jalouse de sa propre fille. On lira l’aventure s’un colporteur, voleur et repenti. On assistera au dialogue entre un fossoyeur et le crâne d’un homme assassiné. Et l’on sera surpris par une confrontation inédite entre Jésus et Judas.

De ce recueil, profondément empreint de foi religieuse mais aussi de chaleur et de philosophie, émane ce que l’on appelle volontiers la magie de Noël : un mélange de générosité et de mélancolie, de compassion et de joie, sublimé par le talent de conteuse de Selma Lagerlöf.

Le recueil contient huit merveilleux petits contes:

-Le livre de Noël

-Légende de la fête de la Sainte-Luce (mon préférée)

-La princesse de Babylone

-Le piège à rats

-A Nazareth

-Le rouge-gorge

-Le crâne

-La nuit de Nouvel An des animaux

Extrait du conte Le livre de Noël:

« Car il me faut expliquer comment les choses se passent à Marbacka le soir du réveillon. On a le droit de tirer une petite table au chevet de son lit et d’y poser une bougie, et puis l’on a le droit de lire aussi longtemps qu’on le désire. Et cela constitue le plus grand des plaisirs de Noël. Rien ne peut surpasser le bonheur de se trouver là, avec dans les mains un livre plaisant reçu en cadeau de Noël, un livre que l’on a jamais vu auparavant et que personne d’autre dans cette maison ne connaît non plus, et de savoir que l’on pourra en lire les pages l’une après l’autre, pour autant que l’on sache rester éveillé. Mais que faire durant la nuit de Noël su l’on n’a pas reçu de livre? » p.10

Selma Lagerlöf (1858-1940), prix Nobel de littérature en 1909, est sans conteste l’un des plus célèbres écrivains suédois. Son œuvre est nourrie des légendes et de l’histoire de la région du Värmland, merveilleusement transposées par son imagination lyrique hors du commun.

Le livre de Noël, Selma Lagerlöf, Actes Sud Babel, 1994, 107p.

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La détective de Noël - Anne Perry

perry

4e couverture:

Pour Mariah Ellison, la grand-mère acariâtre et austère de Charlotte Pitt, ces fêtes de Noël s’annoncent comme un véritable cauchemar! Être exilée contre son gré chez son ancienne belle-fille, au bord de la Manche, avait déjà mis ses nerfs à rude épreuve, la voilà maintenant obligée de supporter l’arrivée d’une invitée de dernière minute, Maude Barrington. Cette aventurière a passé sa vie à parcourir le monde et, selon Mariah, l’existence même de cette personne est une insulte aux convenances victorienne. Mais elle ne pourra s’empêcher d’être touchée par sa voie de vivre. Lorsqu’elle découvre un matin son corps sans vie, son sang ne fait qu’un tour. Le médecin conclut à une mort naturelle, mais, pour Mariah Ellison, cela ne fait aucun doute, Maude a été empoisonnée. Dans le plus grand secret, elle décide d’enquêter sur-le-champ et se rend dans la famille de la victime…

J’ai reçu ce roman en cadeau pour le Swap de Noël du Club des Rats de Biblionet et je ne connaissais pas du tout l'auteur Anne Perry, pourtant elle a écrit une multitude de romans dont plus d’une quarantaine sont traduits en français dans la collection Grands Détectives des Éditions 10/18. J’ai bien aimé cette courte histoire d’une vieille femme acariâtre qui décide de faire la lumière sur la mort d’une  inconnue à la personnalité qui est tout sauf convenable pour la dame qu’elle est. Elle se fait un devoir de découvrir la vérité sur cette mort suspecte. Au début de l’histoire j’ai aimé détester cette femme impossible au caractère si difficile, mais plus l’histoire avance plus on s’attache à cette vieille dame qui, pour sauver les apparences et ne pas montrer ses vrais sentiments, se cache sous une carapace de plomb. Au fil de l’histoire elle prendra plaisir à devenir plus gentille et aimable un peu à la manière de cette femme qu’elle a si peu connue mais qui lui a apporté tant.

8/10

La détective de Noël, Anne Perry, 10/18, 2007, 167p.

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