michel_v_zina4e couverture:

Quand Jean propose à Carl de le ramener dans son village natal de St. Louis d'Gaspé Peninsula, peut-il se douter de l'ampleur de l'aventure qui s'annonce?

De Tampa Bay en Floride à Matapédia au Québec, en passant par les bayous de la Louisiane, les bas-fonds de New-York et le Chinatown de Montréal, ce n'est pas tout à fait vers cette improbable terre d'origine que voyagent les deux trompettiste, dans le vieux station déglingué de Carl White, mais vers un destin mouvant qui leur donne l'impression d'un jardin d'une grandeur telle qu'ils n'en connaissent pas encore les limites. Il y a la route bien sûr, la musique, l'alcool, la dope… et la route encore, l'asphalte et la vodka, et la téquila… et encore la route, toujours la musique, et puis une robe, rose saumon, une robe avec laquelle Carl danse tous les soirs depuis près de quarante ans et qui aurait appartenu à la légendaire Jayne Mansfield. Mais ça c'est lui qui le dit. Et il en dit des choses, Carl. Et Jean écoute, entend cette langue de l'exil qui se raconte, qui invente et qui rêve, cette langue qui ne ressemble à aucune autre langue, si ce n'est à celle du cœur et de la dépossession.

Les voisins du sud diraient sans doute d'Asphalte et vodka qu'il s'agit d'un road Novel, et pourquoi auraient-ils toujours tort, les voisins du sud? D'autres parleront probablement d'un "roman du pays", au sens le plus vaste, le plus noble du terme. Une chose demeure, ce roman constitue, jusque dans ses excès, peut-être surtout dans ses excès, à la fois un remarquable éloge de l'incontournable territorialité qui habite chacun de nous et une somptueuse fête de langage.

Quelle 4e de couverture présomptueuse! Je ne suis aucunement d'accord avec ce qui est dit ici. Je n'ai pas du tout aimé ce roman. Les raisons qui m'ont poussées à terminer la lecture de ce livre est qu'il fait parti de mon Challenge ABC et qu'il est plutôt court. Je l'avais choisi pour mon Challenge parce que j'aime encourager les romanciers québécois, mais celui-là n'est pas du tout pour moi. Tout au long du récit les protagonistes se droguent et boivent de l'alcool, c'est à-peu-près tout ce qu'il font, et je rappelle que c'est un road novel. Ils sont gelés raide et saoul mort au volant, et il n'y a pas de problème. Là moi je n'accroche pas, tout ça me frustrait énormément. En égard de ma personnalité et de mon métier ce n'est pas le genre de choses que je tolère. Et le langage utilisé m'a fait dressé le poils des bras. Je n'ai pas compris la moitié des dialogues, et je suis pourtant québécoise pure laine. À oublier.

2/10 (pour l'effort)

Extrait:

"Je me souviens juste dret comme hier quand qu'chu parti d'che nous. J'ta juste quinze… Pôpa v'na dret de m'annoncer que there was no land for me… Y falla que j'alla à ville tcheuk part pis que j'me trouve some work… J'ta l'plus jeune pis le weakest d'la famille. Pis c'éta moé qui v'na saoul l'faster itou! Toué swèrs après qu'les fréres pis l'pére sonta rentrés du bois, du champ ou bin d'la barn, y'ava faim pis y'ava soèf some goddam de time! Mes sœurs fournissa pas à les faire manger pis à les faire boire. Moi, j'ava pas leu force. Depuis l'âge de onze ans, j'parta hec eux aut eul matin, mais apra l'dîner, j'ta dispensed. J'pouva pas suire anymore… J't'a pu capab… J'ta pas assez fort…" p.71

Avez-vous compris quelque chose!? Et c'est comme ça une bonne partie du roman et parfois pire… Il paraîtrait que ce c'est l'accent gaspésien, ou quelque chose dans le genre. Peut-être dans une autre vie!

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Asphalte et vodka, Michel Vézina, Québec Amérique, 2005, 158p.

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