lundi 09 mars

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Une initiative géniale de Madame Charlotte une carte des lecteurs blogueurs francophones. Je trouve très intéressant de pouvoir visualiser où nos blogueurs préférés se situent. J'embarque! Et vous?

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mercredi 04 mars

Une fille comme les autres - Jack Ketchum

Ketchum4e couverture:

Meg est une adolescente. Prisonnière. Torturée. Il y a ceux qui en profitent, ceux qui s’en foutent et ceux qui voudraient l’aider. Et vous?

Dans ce roman inspiré d’un fait divers des années 1950, Jack Ketchum dresse le portrait d’une petite bourgade américaine où l’horreur se trouve de l’autre côté de la rue. Cinquante ans plus tard, le sujet est toujours d’actualité, le silence est toujours pesant.

Après Une fille comme les autres, vous ne regarderez plus jamais vos voisins de la même manière.

L’auteur Jack Ketchum s’est inspiré d’un fait divers pour écrire cette histoire d’horreur. C’est tout simplement impensable que de telles choses puissent se produirent. Une fille comme les autres est une histoire de violence gratuite, de sévices corporels et sexuels commis par des enfants de 10-12 ans sur une jeune fille de leur entourage. Ces crimes atroces sont supervisés et encouragés par une femme malade, qui a la garde de cette pauvre fille à la suite de la mort de ses parents. Le plaisir malsain que procurent aux enfants ces atrocités m’a totalement déroutée. C’est carrément inhumain. J’ai lu ce roman avec un point au cœur et une boule dans la gorge. Il m’est impossible de mettre une note puisque je note habituellement en fonction du plaisir que la lecture me procure et il est évident que je n’ai ressenti aucun plaisir à lire celui-ci. Ce roman me hantera longtemps.

Extrait :

« L’expression n’être “qu’un enfant” venait de prendre un sens nouveau, à la fois menaçant et inquiétant, un sens que nous avions peut-être toujours su être là, mais auquel nous n’avions jamais eu à penser. Merde, ils pouvaient nous balancer dans une rivière s’ils le voulaient. Nous n’étions que des enfants. Nous étions la propriété de nos parents. Nous leur appartenions, corps et âme. Face à n’importe quel danger réel provenant du monde des adultes, nous étions condamnés. Ne nous restaient que le désespoir, l’humiliation et la colère. » p.169

Une fille comme les autres, Jack Ketchum, Bragelonne, 2007, 350p.

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mardi 03 mars

Sens du rythme

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lundi 02 mars

Ma vitre est un jardin de givre...

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L'hiver revient en force aujourd'hui dans le nord du Québec. On a enregistrer -40°C ce matin. Je vous dis, c'est frette en tabarouette! De belles journées ensoleillées mais beaucoup trop froide pour mettre le nez dehors. Alors j'en profite pour lire tranquillement et me reposer. Vivement le retour du printemps!

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dimanche 01 mars

80 étés - Jeanne Herry

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À l’occasion de la mort de Paul, son grand-père bien-aimé, Jeanne se remémore des souvenirs de son enfance. Elle dresse le portrait de sa famille et par le fait même elle réfléchit à sa propre vie.  À 24 ans, Jeanne effectue une première mise au point du chemin parcouru, tout en rendant hommage à ce que sa famille lui a légué de souvenirs et d’amour.

Dans ce livre autobiographique, Jeanne Herry évoque des moments personnels et intimes sur sa vie et sa famille  mais par contre tout est dit de façon très pudique, on devine la retenue de l’auteure. Bien sûr, étant la fille de… c’est plutôt difficile de tout avouer sans barrières ni retenue. Mais, malgré tout, le roman est écrit sans prétention, avec beaucoup d’amour. L’amour d’une enfant pour ses aïeuls. C’est beau.

7/10

Extraits :

« J’aime rouler dans la campagne. Et j’aime bien marcher dans la campagne. Juste pour marcher, pour que la boue colle à mes semelles, pour être fatiguée en rentrant. Il m’est pénible de rester enfermée toute une journée. Il m’est physiquement pénible de ne pas sortir du tout, de ne pas être, ne serait-ce qu’un instant, cet élément mobile, pesant pas à pas et de tout son poids sur le matelas qui recouvre l’écorce terrestre. Une silhouette minuscule, comme un sursaut sur la ligne d’horizon. » p.23

« Je rougis. Je rougis pour prévenir que j’abandonne. Je préviens que j’ai décidé de ne plus être tranquille, de respirer un peu mieux, de laisser l’air circuler où il l’entend. Je tiens à dire que mon air en profite bien. Je donne à voir qu’un souffle de vie me parcourt facilement. Un souffle chaud. Vous voyez, du thorax il parvient sans peine à mes joues. Et vient les allumer, et vous alarmer. Sans fard, la jeune femme en face de vous ressent des choses, rougit beaucoup. Elle rêve de passer un linge frais sur ses pommettes. Elle cale son visage dans la paume de ses mains. » p.36

Jeanne Herry, 80 étés, Gallimard, 2005, 113p.

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Les Chutes - Joyce Carol Oates

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Veuve au matin d’une nuit de noces hallucinante, lorsque son époux, un jeune pasteur, se suicide en se jetant dans les Chutes du Niagara, Ariah Littrell se considère désormais comme vouée au malheur. Pourtant, au cours de sa semaine de veille au bord de l’abîme, en attendant qu’on retrouve le corps de son mari d’un jour, La Veuve blanche des Chutes (ainsi que la presse l’a surnommée avant d’en faire une légende) attire l’attention de Dirk Burnaby, un brillant avocat au cœur tendre, fasciné par cette jeune femme étrange.

Une passion improbable et néanmoins absolue lie très vite ce couple qui va connaître dix ans d’un bonheur total avant que la malédiction des Chutes s’abatte de nouveau sur la famille.

Désamour, trahison, meurtre? C’est aux enfants Burnaby qu’il reviendra de découvrir les secrets de la tragédie qui a détruit la vie de leurs parents. Une quête qui les obligera à affronter non seulement leur histoire personnelle mais aussi un sombre épisode du passé de l’Amérique : les ravages infligés à toute une région par l’expansion industrielle gigantesque des années 50 et 60, expansion nourrie par la cupidité et la corruption des pouvoirs en place.

Un roman aussi beau et tumultueux que ces Chutes au charme maléfique.

À travers les défis sociaux, économiques et environnementaux de cette époque, Joyce Carol Oates dresse le portrait de l’Amérique des années 50 à 70. L’histoire se déroule dans la petite ville touristique de Niagara Falls. On y suit le quotidien des membres de la famille Burnaby, qui vivent des relations familiales difficiles. Une des forces de l’auteure est la maîtrise avec laquelle elle construit ses personnages tous très complexes et  intenses.

Dans ce roman, Joyce Carol Oates ne fait pas que raconter, elle dénonce avec cynisme le comportement des industries qui polluent sans vergogne et laisse mourir la population, caché derrière les autorités qui les protègent sans remords. Il règne dans ce livre une atmosphère oppressante et intense à la manière de ces Chutes, point central de cette saga familiale. Un style déroutant, dramatique et intense, à la façon Oates. Un roman très riche. J’ai trouvé par contre quelques longueurs mais rien pour nuire à mon plaisir. À mon avis, Joyce Carol Oates est une auteure incontournable. Elle tient une place de choix dans le palmarès de mes auteurs favoris. Et ça tombe bien car elle est une écrivaine très prolifique.

8/10

Extraits :

« Les Chutes exerçaient néanmoins un charme maléfique, qui ne  faiblissait jamais. Lorsque vous grandissiez dans la région du Niagara, vous saviez. L’adolescence était l’âge dangereux. La plupart des gens du cru se tenaient à l’écart des Chutes et ne risquaient donc rien. Mais si vous approchiez trop près, même par curiosité intellectuelle, vous étiez en danger : vous commenciez à avoir des pensées qui ne vous ressemblaient pas, comme si le tonnerre des eaux pensait pour vous, vous dépossédait de votre volonté. » p.72

« On a envie de leur faire mal, parfois. À ceux qui vous aiment trop. » p.336

« Le jeune homme au crâne rasé communiquait autant par le silence que par la parole. Par des marmonnements, des grimaces, des haussements d’épaule, des grognements. Il soupirait, il grattait son crâne rasé. Il était toujours en train de tirer sur le col effiloché d’un tee-shirt, comme si ses vêtements informes étaient trop étroits. Il souriait de biais, avec l’air de douter qu’un sourire de lui fût le bienvenu. Il y avait de l’éloquence chez Stonecrop si on savait le déchiffrer. Il y avait de la subtilité dans son être, si gauche, si muet et menaçant qu’il pût paraître aux autres. » p.474-475

J_C_Oates

Née en 1938 à Lockport (État de New York), Joyce Carol Oates est issue d'un milieu rural, modeste. Une soeur autiste, un père absent, l'adolescente trouve rapidement refuge dans la littérature (Faulkner, Dostoïevski, Brontë) et se met à écrire dès l'âge de 14 ans.
Depuis 1964, Joyce Carol Oates publie aussi bien des nouvelles que des poésies, des romans ou des essais. Ses thèmes sont nombreux : tensions sociales, pouvoir, féminité, sexualité que l'auteur aborde avec pessimisme et lucidité, peignant un visage sans concession de l'Amérique. Avec plus de 70 titres à son actif, Joyce Carol Oates a également écrit sous des pseudonymes (Rosamond Smith, Lauren Kelly) des romans policiers.
Joyce Carol Oates a figuré à deux reprises parmi les finalistes du Prix Nobel de Littérature. Elle enseigne à l'université de Princetown où elle vit avec son époux et est adepte de boxe.
(Un merci spécial à Cafrine du Club des Rats pour la bio.)

Les Chutes, Joyce Carol Oates, Éd. Philippe Rey, 2005, 504p.

Posté par aBeiLLe_ à 06:55 - - Permalien [#]