mercredi 22 avril

Sous les vents de Neptune - Fred Vargas

vargasLe commissaire Adamsberg de la brigade du 13e district de la police de Paris et son équipe sont invités par la police de Gatineau au Québec pour une formation scientifique sur le traitement des empruntes génétiques. Une semaine avant leur départ, un meurtre ravive les souvenirs du passé. Le Trident serait de retour d'entre les morts…

J'ai choisi de lire ce roman après le tordant billet de Karine:). J'avais ri à en pleurer en lisant son commentaire. Je trouve toujours très spécial la façon qu'on les "français" de traduire, ou d'interpréter nos bonnes vieilles expressions québécoise. Et là avec ce roman je suis ravie! Des expressions tout droit sorti du Classique Le Temps d'une paix! Je ne crois pas que l'auteur ait une connaissance approfondie du Québec d'aujourd'hui. Le choix des expressions et aussi des noms de ses personnages québécois ne sont vraiment pas au goût du jour. À croire que Vargas n'a pas mit les pieds au Québec depuis 1924! C'est vrai que nous avons cette façon unique et colorée de parler, mais dans ce roman les expressions et tournures sont très mal utilisées. C'est plutôt rare d'utiliser 4-5 expressions dans une même phrase, soit on a 85 ans et plus et on habite en campagne profonde ou soit on niaise!

J'ai relevée quelques incongruités dans le roman, dont un pied de neige en octobre!!! On a pas vu ça depuis au moins 1973! Et surtout de la neige en octobre ET des feuilles rouges dans les arbres... impossible! C'est soit un ou soit l'autre.

Ensuite, je n'ai jamais vu un officier de police tutoyer un collègue et encore moins quelqu'un qu'il ne connaît pas et surtout il ne l'appellera pas "man" en lui donnant des trucs pour accoster des filles en ville!!! « C’est surtout que t’aimes prendre du lousse. Moi, je vais jamais agousser les filles dans le centre-ville. On me repère trop là-bas. Alors quand j’ai des impatiences, je vais sur Ottawa. Allez, man, fais de ton best! » p.142 - Et je sais de quoi je parle...

Un autre truc qui m'a tapé sur les nerfs, les maudits écureuils, à croire qu'on a une infestation d'écureuils au Québec. Oui c'est vrai qu'il y en a, mais de là à ce que le personnage en croise à toutes les deux pages, il y a des limites! Si j'en vois 8 dans un été c'est bon. Lui en 3 jours il en a vu quoi 12! Une vraie plaie ces écureuils... ;o)

Et pour terminer le fameux double "tu" oui c'est vrai, on utilise souvent cette drôle de tournure, mais c'est dans des moments spécifiques, et surtout pas avec la négation! « Ça te gênes-tu pas que je m’assoie? » p. 135 - Ça ne fonctionne pas. Enlève le "pas" et là ça va. On l'utilise aussi dans la forme nterrogative mais pas comme ça « Tu vas-tu faire quoi, ce soir? P. 142 -  Quand on utilise le double "tu" dans 'interrogative la réponse doit impérativement être "oui ou non". Exemple "Tu veux-tu aller au cinéma ce soir?" C'est aussi simple que ça!

Voici quelques perles qui m'ont beaucoup amusées:

« Alors tais ton bec et tente pas de leur faire accroire. » p.167 -  Le fameux "tais ton bec" qui est en passe de devenir un classique de par chez nous. Je n'avais jamais mais au grand JAMAIS entendu cette expression. Elle est très comique et fais un effet du tonnerre quand elle est bien placée dans une conversation animée! :o)

.

« T’es dure de comprenure, ma belle. Ton chum, c’était une face à deux taillants, un hypocrite. Allume tes lumières, Noëlla. » p. 146 - J'avoue celle-là ça nous ressemble beaucoup, mais je remplacerais la "face à deux taillant" par "visage à deux faces" et ce serait parfait!

.

La dernière et non la moindre:

.

« Chacun de vous s’amanchera avec l’un des membres de la Brigade de Paris, et on changera les paires tous les deux ou trois jours. Allez-y de tout cœur mais menez-les pas tambour battant pour vous faire péter les bretelles, ils ne sont pas infirmes des deux bras. Ils sont en périodes d’entraînement, ils s’initient. Alors formez-les au pas de grise pour commencer. Et faites pas de l’esprit de bottine s’ils ne vous comprennent pas ou s’ils parlent autrement que nous. Ils sont pas plus branleux que vous autres sous prétexte qu’ils sont français. Je compte sur vous. » p. 133 - Celle-là c'est la meilleure! Je la ris encore! Je suis incapable de la lire sans éclater de rire! Comme disait Karine:) Trop, c'est comme pas assez! :o)

.

Au final, ce n'est pas un mauvais roman, l'intrigue est même très intéressante mais quand on rit davantage en lisant un polar qu'en écoutant un spectacle d'humour, il y a un problème à quelque part... non!?

.

6.5/10

Sous les vents de Neptune, Fred Vargas, Viviane Hamy, 2004, 441p.

Posté par aBeiLLe_ à 04:51 - - Commentaires [14] - Permalien [#]


Abandon...

voleurs_de_sucre4e couverture:

Fable gourmande et hédoniste, Voleurs de sucre est un éloge du glucose et de ses dérivés. Eric, un Gaspésien de 3 ans raconte l’évolution de sa dépendance au sucre et la collusion éternelle des êtres qui ne vivent que pour le plaisir. Baigné dans la douce lumière de l’enfance, le narrateur raconte comment il arrive à se procurer son doux poison. Le récit se veut un pied-de-nez aux forces policières, aux autorités médicales, aux légumes bouillis et autres contrariétés.

Ce récit fantaisiste n'a pas réussi à me convaincre de poursuivre ma lecture au-delà de la 40e page. Je n'ai pas accroché ni au style, ni à la narration. J'abandonne rarement (même jamais) la lecture d'un roman, mais là je me suis donné le droit et je crois que je vais me donner le droit d'abandonner plus souvent. Je ne me sens pas coupable du tout! Et je pense sérieusement que j'ai une trop longue PAL pour m'embêter dans des lectures qui ne me donnent pas satisfaction! Voilà, c'est dit!

Abandon p. 40

Voleurs de sucre, Eric Dupont, Marchand de feuilles, 2004, 164p.

Posté par aBeiLLe_ à 03:25 - - Commentaires [5] - Permalien [#]