mazetti

Réparer des bulles de savon éclatées

et faire sourire des poupées de chiffon

ça peut prendre du temps.

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4e couverture:

Désirée se rend régulièrement sur la tombe de son mari qui a eu le mauvais goût de mourir trop jeune. Bibliothécaire de métier, et citadine pragmatique, elle vit dans un appartement tout blanc, très tendance. Au cimetière, elle rencontre le mec de la tombe d’à côté, dont l’apparence l’agace autant que la tombe avec sa stèle tape-à-l’œil.

Depuis le décès de sa mère, Benny vit seul à la ferme familiale avec ses vingt-quatre vaches laitières. Il s’en sort comme il peut, de façon assez rustique, et grâce à une bonne dose d’humour et d’autodérision. Chaque fois qu’il la rencontre, il s’énerve contre la « Crevette » qui occupe le banc au cimetière avec lui, avec son bonnet de feutre et son petit carnet de poésie. Rien, à priori, ne rapproche ces deux-là, et pourtant, il suffira d’un sourire qui éclate simultanément sur leurs lèvres, pour qu’ils soient tous les deux éblouis.

C’est le début d’une histoire d’amour assez cocasse. Ils sont tous le contraire l’un de l’autre. Elle ne sait pas cuisiner, il lit tout au plus un livre par an. Elle veut aller à l’opéra, lui doit traire les vaches. Il traîne avec lui une odeur d’étable, elle vit dans un appartement aseptisé. Mais leur passion amoureuse est sans bornes.

J’ai A-DO-RÉ ce roman, tout simplement! Cette histoire d’amour improbable entre Désirée, une intellectuelle fade et Benny, un agriculteur rustre m’a fait rire aux larmes, c’est carrément hilarant! Les personnages sont attachants et plein d’autodérision. J’ai beaucoup apprécié la construction du roman, les chapitres alternent le point de vue de l’un et l’autre sur le même événement, point de vue le plus souvent divergeant. C’est coquin, tendre, amusant, comique. Une parfaite lecture d’été

9.5/10

Extraits :

"Impossible de décrire ce sourire-là sans plonger dans le monde merveilleux des vieux standards de bal musette.

Dedans, il y avait de soleil, des fraises des bois, des gazouillis d’oiseaux et des reflets sur un lac de montagne. Le Forestier me l’adressait, confiant et fier comme un enfant qui tend un cadeau d’anniversaire dans un paquet malmené." p.23

"Je déguste la solitude

Laisse une minute de silence fondre sur ma langue

seul le rayon de soleil poussiéreux vient me déranger." p.97

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Le mec de la tombe d’à côté, Katarina Mazetti, Gaïa, 2006, 253p.

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