lundi 15 juin

Les Demeurées - Jeanne Benameur

Benameur  Le silence entre elles deux tisse et détruit le monde.

4e couverture:

La mère, La Varienne, c'est l'idiote du village. La petite, c'est Luce. Quelque chose en elle s'est arrêté. Pourtant, à deux, elles forment un bloc d'amour. Invincible. L'école menace cette fusion. L'institutrice, Mademoiselle Solange, veut arracher l'enfant à l'ignorance, car le savoir est obligatoire. Mais peut-on franchir indemne le seuil de ce monde?

L'art de l'épure, quintessence d'émotion, tel est le secret des Demeurées. Jeanne Benameur, en dentellière, pose les mots avec une infinie pudeur et ceux-ci viennent se nouer dans la gorge.

Jeanne Benameur est une véritable virtuose des mots. L'écriture de ce roman est toute en délicatesse et poésie. Les mots utilisés sont sensibles, magnifiques, poétiques, délicats. Une histoire d'une infinie tendresse sur la relation fusionnelle entre une mère simple d'esprit et sa fille bien aimée qui voit avec frayeur le monde extérieur entrer dans leur vie par le biais de l'école et de sa maîtresse Mademoiselle Solange qui, elle, se sent interpellée par cette petite fille "sauvage". Une lecture qui m'a profondément émue.

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9/10

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Elles ont aussi beaucoup aimé ce roman:  Aifelle, Gio, Leiloona, Stephie.

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Les Demeurées, Jeanne Benameur, Denoël, Folio, 2000, 80p.

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1275 âmes - Jim Thompson

1275ames

Le Bien et le Mal, par exemple, on finit par plus savoir ce que c’est l’un et ce que c’est l’autre.

4e couverture:

" Je m'appelle Nick Corey. Je suis le sheriff d'un patelin habité par des soûlauds, des fornicateurs, des incestueux, des feignasses et des salopiaux de tout acabit. Mon épouse me hait, ma maîtresse m'épuise et la seule femme que j'aime me snobe. Enfin, j'ai une vague idée que tous les coups de pied qui se distribuent dans ce bas monde, c'est mon postère qui les reçoit. Et bien, les gars, ça va cesser. Je ne sais pas comment, mais cet enfer va cesser. "

Je trouve 1275 âmes très difficile à critiquer. Je ne sais pas du tout si j'ai détesté ou au contraire aimé! En fait, mon avis est plutôt partagé. Je me suis demandé tout au long du livre si le personnage de Nick Corey était un débile profond doublé d'un attardé sévère ou simplement un shérif-tueur en série sans scrupules. Ce livre est totalement déstabilisant et je dois avouer que je n'ai pas compris certains passages… Je ne suis pas habituée à ce genre de roman noir et parfaitement cynique. Ça se lit bien malgré tout.

6/10

Extrait:

" - C'est mon métier, oublie pas, de punir les gens pour le simple fait qu'ils sont des êtres humains. De les amadouer, jusqu'à ce qu'ils se montrent tels qu'i'sont et ensuite de leur tomber dessus. Et c'est un sale boulot, figure-toi, mon loup, et j'estime que le plaisir que je peux trouver à les piéger, je l'ai bougrement mérité.

Rose me regarde, les yeux écarquillés.

- Qu'est ce que tu nous chantes là? T'es pas un peu maboul?

- C'est vrai que ça peut paraître maboul, mais j'y peux rien. En principe, c'est aux gros bonnets, aux puissants que je devrais serrer la vis. Mais j'ai pas le droit d'y toucher, alors faut que je me rattrape en tapant deux fois plus fort sur les Noirs, sur la pauvre racaille de Blancs, et sur ceux qui, comme toi, ont mis leur cervelle à la place de ce que je pense parce qu'ils ne savaient pas quoi en faire là où elle était." p. 234

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1275 âmes, Jim Thompson, Gallimard, Folio Policier, 1966, 247p.

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abc_abeille

Posté par aBeiLLe_ à 00:03 - - Commentaires [10] - Permalien [#]