orsenna

les mots ne sont pas seulement beaux. Ils disent la vérité.

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Présentation de l'éditeur:

La grammaire est une chanson douce est une fantaisie joyeuse. Jeanne, la narratrice, pourrait être la petite sœur d'Alice, l'héroïne de Lewis Caroll, précipitée dans un monde où les repères familiers sont bouleversés.

Avec son frère aîné Thomas, elle voyage beaucoup : leurs parents sont séparés et vivent chacun d'un côté de l'Atlantique. Un jour, leur bateau fait naufrage et, seuls rescapés, et privés de leurs mots, ils échouent miraculeusement sur une île inconnue. Accueillis par Monsieur Henri, un musicien poète et charmeur, ils découvriront un territoire magique où les mots mènent leur vie : ils se déguisent, se maquillent, se marient.

C'est une promenade dans la ville des mots, pleine d'humour et de poésie, où les règles s'énoncent avec légèreté. Les tribus de verbes et d'adjectifs, les horloges du présent et du passé s'apprivoisent peu à peu, au rythme des chansons douces de Monsieur Henri.

Le roman d'Orsenna est un conte enchanteur et fantaisiste se rapprochant du Petit Prince ou des Fables de La Fontaine. Comme eux, il est rempli d'images évocatrices et d'une douce fantaisie. C'est un hommage vibrant aux mots et à la beauté de la langue française. Une jolie histoire à la fois instructive et ludique. Erik Orsenna nous fait voyager au pays des mots et réussit le pari de nous faire apprécier la grammaire. Je crois que jamais je n'ai autant souligné de passages dans un livre, c'est que chaque phrase est une petite douceur pour nous, amants des mots! Un petit bijou!

9/10

Extraits:

"l'imparfait, c'est du temps qui prend son temps…" p. 15

"Je n'avais jamais prêté assez attention aux mots. Pas une seconde, je n'aurais imaginé qu'ils avaient chacun, comme nous, leur caractère." p. 77

"Je savais maintenant, et pour toujours, que les mots étaient des êtres vivants rassemblés en tribus, qu'ils méritaient notre respect, qu'ils menaient, si on les laissait libres, une existence aussi riche que la nôtre, avec autant de besoin d'amour, autant de violence cachée et plus de fantaisie joyeuse." p. 93-94

"- Fais confiance au papier, Jeanne. Les mots aiment le papier, comme nous le sable de la plage ou les draps du lit. Sitôt qu'ils touchent une page, ils s'apaisent, ils ronronnent, ils deviennent doux comme des agneaux, essaie, tu va voir, il n'y a pas de plus beau spectacle qu'une suite de mots sur une feuille." p. 122

La grammaire est une chanson douce, Erik Orsenna, Stock, Le Livre de Poche, 2001, 150p.

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