jeudi 30 juillet

La noce d'Anna - Nathacha Appanah

anna4e couverture:

" Aujourd’hui je marie ma fille, je laisserai de côté mes pensées de vieille folle, je serai comme elle aime que je sois : digne, bien coiffée, bien maquillée, souriante, prête à des conversations que je suivrai avec un enthousiasme feint et qui ne me laisseront aucun souvenir, parée pour butiner d’invité en invitées, mère parfaite que je serai aujourd’hui. "

Pendant la noce d’Anna, sa mère se souvient. De la jeune femme qu’elle a été, si différente de sa fille, de ses dix-huit ans, de sa liaison, brève et passionnée, avec Matthew rencontré à Londres, de son retour à Paris, seule et enceinte. Au fin de cette journée les souvenirs ressurgissent accompagnés de regrets, d’espoirs, d’envies; Parce qu’elle en a encore, des envies, cette femme célibataire qui marie sa fille…

Sur un soupir, je referme tout juste la dernière page de ce joli roman. Quelle belle histoire! Cette femme, Sonia, qui n’a toujours vécu que pour sa fille unique, qui a essayé, tant bien que mal de l’aimer, de la protéger. Et sa fille, Anna, qui la quittera définitivement après cette dernière soirée, pour vivre la vie qu’elle a choisie avec l’homme qu’elle aime. Cette relation mère-fille pas toujours évidente, écrite avec des mots infiniment bien choisis. J’ai été charmée par l’écriture toute en finesse de Nathacha Appanah. La douceur qui émane du roman, cette délicatesse, c’est très touchant. Remarquable!

9.5/10

Extraits : (J’en ai choisi beaucoup…)

" Une mère est une sainte, tout le monde le sait. Elle donne des conseils avisés, dit les bonnes choses au bon moment, est pleine de douceur et d’amour, cuisine de bons petits plats dont, plus tard, elle donnera les recettes dans un cahier jauni à spirale et avec sa jolie écriture (forcément, une mère ça écrit bien, propre, déliés, attachés, courbés, liés, les mots comme des gestes d’une infinie tendresse), elle intitulera les recettes, donnera les ingrédients exactes, des tuyaux pour ne pas rater telle sauce, les petits trucs qui feront que ce serait une recette tenue d’une mère. " p. 13

" Tous les dimanches, je traîne le long de la Saône chez les bouquinistes qui me connaissent bien maintenant, ils me vouvoient toujours mais m’appelle par mon prénom, j’aime bien ça entendre mon prénom et un vous qui s’y colle. J’ai l’impression d’être respectée et pourtant d’être assez séduisante pour encore avoir un prénom qu’on promène sur la langue. " p. 18

" J’aurais souhaité être sage le jour du mariage de ma fille, par là, je veux dire ne plus avoir peur du lendemain, regarder mon passé et sourire, attendre l’avenir sans angoisse, avoir accompli ce dont j’avais envie, ne pas être envieuse de qui que ce soit, de quelque situation que ce soit, avoir un homme séduisant à mes bras, assez d’assurance pour pouvoir rire aux éclats et faire rire les autres, j’aurais voulu avoir assez de recul sur ma propre vie pour encourager ma fille, mais non, je ne suis pas tout cela, je n’ai pas tout cela. " p. 22

" Avec l’âge, je deviens superstitieuse. Je m’accroche, je me rassure des hasards, je me fabrique des gris-gris avec les heures qui passent, des porte-bonheur avec les matins bleus et je me dis que l’orage viendra laver les regrets. " p. 60

" Parce que, me connaissant trop bien, je sais que je serai constamment dans l’attente des jours creux. De l’instant où tout bascule, où l’amour fuit de soi comme une barrique trouée. De ce jour où je passerai devant mon homme et que je ne penserais pas à lui caresser les cheveux, à lui toucher le bras, à l’effleurer, non pas parce qu’il me dégoûterait mais parce que je ne ferais plus attention, à force de sa présence quotidienne à côté de la mienne. Je serais dans l’expectative de cette exaspération, vague, floue dont je ne pourrais identifier l’origine. J’aurais des sentiments mélangés, sans saveur comme une soupe trop cuite et cela ne me ferait plus connaître le manque de lui, la joie de le revoir et alors, je garderais les yeux ouverts quand il viendrait en moi parce que je n’aurais plus la surprise de son sexe, plus ce sentiment délicieux d’impatience quand les deux corps se cherchent et se frôlent. Les sentiments tièdes, voilà ce dont j’ai peur, et je suis persuadée qu’à force de les attendre, de les surveiller, je finirais par les provoquer et nous deviendrions, alors, des frères incestueux. " p. 143

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Un immense merci à Celsmoon pour cette belle découverte!

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La noce d’Anna, Nathacha Appanah, Gallimard, Folio, 2005, 178p.

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dimanche 26 juillet

Bouquiner - Annie François

annie_fran_ois4e couverture:

À ceux qui demandent « Dis-moi ce que tu lis…? », l’auteur répond par « Comment je lis ». Couchée? Assise? Au bureau, à la maison, à l’hôtel, au restaurant, dans le métro, à l’hôpital? Pourquoi ci? Pourquoi ça? Avec ou sans marque-page? Sur les conseils d’un ami, d’un critique, d’un libraire? Des gros volumes, des opuscules? Comment classer, empiler, ranger, ne pas ranger, déranger ses livres? Déménager à cause des livres? Quel plaisir prend-on au velouté ou la finesse du papier, à la souplesse ou à la rigidité des reliures, au bruit des pages qu’on feuillette, à leur odeur? Quel rapport avec la mémoire ou l’oubli, la culture et l’inculture?

Au fil d’une cinquantaine de chapitres drôles ou émouvants se dessinent une sorte d’autobiobibliographie, de portrait d’un couple, d’une tribu amicale, d’une confrérie de lecteur dont on aime à se sentir proche.

Bouquiner n’est pas un roman mais bien une autobiobibliographie de l’auteur Annie François. Un condensé d’anecdotes de sa vie de liseuse, d’amoureuse des livres. On se reconnaît dans ce portrait de lectrice, dans cette relation avec l’objet tant chéri. Cette lecture est indispensable à toutes LCA! J’ai souligné tout plein d’extraits qui correspondent particulièrement à ma façon de voir les livres et la littérature en général, je vous en laisse quelques unes.

8.5/10

Extraits :

« Mais jeter des livres, c’est aussi déchirant que de brûler des lettres d’amour ou un cahier d’école de sa grand-mère. » p.28

« Tant qu’un lecteur n’a pas reposé son livre de plein gré, c’est un individu potentiellement dangereux. » p.74

« En matière de livres, il y a mille approches, mille accroches : un auteur, un pays, une rencontre, un genre, des circonstances, un format, une humeur, une saison, une maison, etc. Tant de chose. Tout est un prétexte. Rien n’est indifférent. » p.91

« Pourtant, que d’angoisse avec un gros livre. Je dévore le premier tiers. Puis je ralentis à l’approche du mitan du volume, ce V confortable et intime. Après tout bascule. Même si je n’en suis qu’à la moitié, il n’y a plus que l’autre moitié. Je dégringole vers le mot fin. J’essaie de faire durer. » p.150

« La lecture avait fait de moi une gamine qui préférait la solitude à la collectivité, le livre aux jeux et aux balades, aujourd’hui au cinéma ou à la télé (mais rarement à une soirée entre amis). Ça complique la vie en société. » p.166

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Bouquiner, Annie François, Seuil, Points, 2000, 198p.

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abc_abeille

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vendredi 24 juillet

Maliki Tome 2 : Une rose à l'amer - Maliki

malikiPrésentation de l'éditeur:

Le grand retour du quotidien épique de la charmante Maliki et de ses colocataires félins ! Un concentré d'humour tendre et de train-train quotidien qui déraille immanquablement. Cet album de strips issus du Webcomic www.maliki.com est organisé en chapitres thématiques tous aussi poilants les uns que les autres. De l’enfance aux chats, en passant par les vacances : c’est tout le quotidien qui passe sous les griffes des charmants matous.

Vous aurez également le plaisir de dénicher des notes explicatives sur la manière de travailler de l’auteur. Mais c’est surtout l’occasion de découvrir Savage Ladybird, qui n’est autre que l’alter ego de l’héroïne !

J'adore, j'adore, j'adoooooore Maliki! Le 2e tome est aussi bon que le 1er! J'ai rigolé du début à la fin! Maliki est toujours impliquée dans des situations cocasses, désopilantes et tellement réelles. Entre bêtises félines, humour décapant et nostalgie enfantine, cette BD est un bijou!

Maliki Tome 2: Une rose à l'amer, Maliki, Ankama Éditions, 2008, 160p.

maliki_minou

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mercredi 22 juillet

Zulu - Caryl Férey

Zulu4e couverture:

Enfant, Ali Neuman a fui le bantoustan du KwaZulu pour échapper aux milices de l'Inkatha, en guerre contre l'ANC, alors clandestine. Même sa mère, seule rescapée de la famille, ne sait pas ce qu'elles lui ont fait… Aujourd'hui chef de la police criminelle de Cape Town, vitrine de l'Afrique du Sud, Neuman doit composer avec deux fléaux majeurs: la violence et le sida, dont le pays, première démocratie d'Afrique, bat tous les records.

Les choses s'enveniment lorsqu'on retrouve la fille d'un ancien champion du monde de rugby cruellement assassinée dans le jardin botanique de Kirstenbosch. Une drogue à la composition inconnue semble être la cause du massacre. Neuman qui, suite à l'agression de sa mère, enquête en parallèle dans les townships, envoie son bras droit, Brian Epkeen, et le jeune Fletcher sur la piste du tueur, sans savoir où ils mettent les pieds… Si l'apartheid a disparu de la scène politique, de vieux ennemis agissent toujours dans l'ombre de la réconciliation nationale…

Ce que je connais de l'Afrique se résume aux émissions pub-télé de Vision-Mondiale. C'est sur que, comme tout le monde, j'ai entendu parler de l'apartheid mais sans jamais vraiment savoir de quoi il en retournait. La lecture de ce roman de Caryl Férey m'a ouvert les yeux sur ce pays de misère, de maladie et de violence. Jamais lu un roman policier si bien écrit. Mais, je vais vous avouer bien franchement, je suis totalement incapable de parler de cette histoire tellement elle m'a retournée. C'est une véritable claque au visage, une prise de conscience énorme vis-à-vis ce pays corrompu jusqu'à la moelle où l'horreur et la mort sont le pain quotidien… Lisez-le!

9.5/10

Extraits:

"Les oiseaux tiraient des diagonales impossibles entre les angles de la falaise; ils piquaient vers l'océan, s'inventaient des suicides, revenaient, à tire-d'aile…" p.15

"À force de ruminer sa féminité sur les champs masculins, sa part muselée avait resurgi, volcanique: violences vaines, amours et désillusions telluriques, Zina avait jeté son cœur du haut d'un pont il y a longtemps et attendait qu'une petite fille vienne le ramasser – elle, toujours." p. 274

Zulu a obtenu plusieurs prix amplement mérités, entre autre: Le Grand Prix de littérature policière 2008 et Le Grand Prix des lectrice de Elle 2009 catégorie policier.

Les avis d'Amanda Meyre, de Catherine et de Tiphanya.

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Zulu, Caryl Férey, Gallimard, 2008, 392p.

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abeille_presque_vraie

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lundi 20 juillet

En attendant...

En attendant de partir vers les paysages grandioses et les plages invitantes de la Grèce et de ses Îles, j'aimerais bien m'imprégner de la culture de ce beau pays. Alors, je vous demande, avez vous des suggestions lectures ou cinéma dont l'histoire se situe là-bas. Des lectures contemporaines si possible. J'ai lu plusieurs Grands Classiques: L'Odyssée et L'Iliade d'Homère, Euripide, Sophocle... Ce n'est pas obligatoire que l'auteur soit d'origine grecque, je veux seulement que l'histoire s'y déroule. Au cinéma, de mémoire je n'ai vu que Mamma mia! et The Sisterhood of Traveling Pants et plusieurs documentaires dont le magnifique Grèce: Les secrets du passé présenté sur écran IMAX.

J'attends vos suggestions!

beehiveabeille

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mercredi 15 juillet

Mignons toutous

Papa veille sur sa tribu

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Maman, tu en fais une tête!?

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Ti-bébé roux

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Ti-bébés bruns

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L'Arbre aux haricots - Barbara Kingsolver

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Taylor Greer n’a pas l’intention de finir ses jours dans le Kentucky, où les filles commencent à faire des bébés avant d’apprendre leurs tables de multiplication. Le jour où elle quitte le comté de Pittman au volant de sa vieille Volkswagen, elle est bien décidée à rouler vers l’Ouest jusqu’à ce que sa voiture rende l’âme. C’est compter sans le désert de l’Oklahoma où, sur le parking d’un bar miteux, elle hérite d’un mystérieux balluchon : une petite Indienne. On est à Tucson dans l’Arizona. Dans un garage un peu spécial, elle va rencontrer à la fois la générosité et l’inacceptable, et trouver l’espoir de garder celle qui est devenue son enfant, la petite Turtle.

L'Arbre aux haricots est une histoire originale, pleine d'humour, d'humanité et surtout pleine d'espoir et d'optimisme. La société américaine est dépeinte avec beaucoup de réalisme, avec ses bons côtés mais surtout ses travers. L'écriture de Barbara Kingsolver est pétillante et pleine de fraicheur. Elle dépeints avec finesse les majestueux paysages américains. Elle a une écriture sincère et vraie avec ses magnifiques portraits de femmes fortes et volontaires, ses personnage attachants, sympathiques et bienveillants. Sur plusieurs points, L'Arbre aux haricots m'a rappelé La petite voix du cœur de Billie Letts, un roman que j'avais adoré.

Une belle histoire de solidarité et d'amitié. Un joli roman qui donne le sourire aux lèvres!

8.5/10

Extrait:

"La vallée de Tucson se trouvait étalée devant nous, nichée dans son berceau de montagnes. La plaine déserte qui nous séparait de la ville s'offrait à nous comme une main à une diseuse de bonne aventure, avec ses buttes et ses mamelons, les lignes de vie et de coeur des lits secs de ses cours d'eau.

Venant du sud, un orage approchait, lentement. Il ressemblait à un immense rideau de douche gris-bleu tiré par la main de Dieu. C'était tout juste si on voyait au travers, si on distinguait les contours des montagnes de l'autre côté. De temps en temps de blancs rubans de lumière bondissaient nerveusement entre les nuages et les sommets des montagnes. Une brise fraîche se levait derrière nous, parcourant de frissons les troncs des prosopis.

Les oiseaux excités couraient sur le sol et se perchaient sur les herbes frêles qui se balançaient follement dans le vent." (p 239-240)

L’Arbre aux haricots, Barbara Kingsolver, Rivages, 1995, 277p.

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mardi 14 juillet

Butineuse

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Swapounet, un air de vacances

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Ehhh oui, encore un swap! Mais je ne pouvais pas passer à côté de celui-ci puisque c'est la copine Celsmoon qui l'organise!

Pour toutes les informations allez faire un tour ici. Clôture des inscriptions le 25 juillet!

Serez-vous de la partie?

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lundi 13 juillet

L'Histoire d'Edgar Sawtelle - David Wroblewski

ed4e couverture:

Dans une ferme isolée au nord du Wisconsin, le jeune Edgar Sawtelle grandit seul entre son père et sa mère, avec lesquels il ne peut communiquer que par le langage des signes.

Depuis deux générations, les Sawtelle élèvent et dressent une race de chiens d'exception "à qui il ne manque que la parole", dont Almondine, l'amie de toujours d'Edgar, est un merveilleux exemple.

À l'arrivée de Claude, l'oncle du garçon, la paix du foyer vole en éclats.

Roman initiatique, roman des grands espaces américains, L'Histoire d'Edgar Sawtelle emporte le lecteur dans une quête effrénée de liberté.

L'Histoire d'Edgar Sawtelle est un roman en 5 parties. J'ai aimé la première partie où l'on fait la rencontre de la famille Sawtelle, leur histoire, leur quotidien et surtout où on découvre les fameux chiens Sawtelle. On nous explique les méthodes de dressage de ces chiens uniques, leur pedigree et la façon dont la lignée a été conçue. C'est très intéressant. Pour la suite, ça se gâte un peu. La deuxième partie m'a ennuyée, j'y ai trouvé quelques longueurs. Ensuite, la troisième partie, j'ai failli abandonner. J'ai posé le bouquin quelques jours et j'ai lu autre chose. Et j'y suis revenue, je lui ai laissé une seconde chance et j'ai bien fait! La quatrième partie m'a emballée, c'est la plus intéressante à mon avis. La dernière met tout en place, mais m'a un peu déçu. J'aurais aimé une fin différente, plus heureuse. Et il y a tout plein de chose qui m'ont embêtée dans ce roman, à commencer par les raisons qui poussent Claude à être si méchant. Je n'ai pas du tout compris ses motifs, ce n'est pas très clair. Bref, à lire si on aime les chiens et les magnifiques paysages du Midwest américain. Ah oui, j'allais oublier, la couverture de ce roman est tout simplement magnifique, une des plus belles que j'ai vu, totalement en accord avec le roman!

7/10 .

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Un coup de coeur pour Hathaway 

Elfique a un avis similaire au mien

Un abandon pour Jules.

L'Histoire d'Edgar Sawtelle, David Wroblewski, JC Lattès, 2009, 594p.

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