lundi 17 août

Rêves de garçons - Laura Kasischke

kasischke4e couverture: 

À la fin des années 1970, trois pom-pom girls quittent leur camp de vacances à bord d'une Mustang décapotable dans l'espoir de se baigner dans le mystérieux Lac des Amants. Dans leur insouciance, elles sourient à deux garçons croisés en chemin.

Mauvais choix au mauvais moment.

Soudain, cette journée idyllique tourne au cauchemar.

Rêves de garçons est une plongée au cœur d'un univers adolescent dépeint avec une justesse sans égale. Une fois de plus, Laura Kasischke s'attache à détourner avec beaucoup de férocité certains clichés de l'Amérique contemporaine et nous laisse, jusqu'à la révélation finale, dans l'imminence de la catastrophe.

J'ai passé le ¾ du roman à me demander où l'auteur voulait en venir. Je ne comprenais pas trop le pourquoi du comment de cette histoire. Je voyais la fin arriver à grand pas sans y déceler le moindre dénouement, jusqu'à cette scène finale… J'avoue, j'ai été bluffée. Ce n'est pas l'œuvre du siècle, mais un petit roman bien sympathique et aussi angoissant qu'une histoire de peur racontée autour d'un feu de camp!

6.5/10

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Si vous voulez connaître l'avis d'Ys.

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Rêves de garçons, Laura Kasischke, Christian Bourgeois, Le Livre de Poche, 2007, 249p.

bee_book

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dimanche 16 août

Dimanche poétique

Celsmoon est l'instigatrice des dimanche poétiques, elle nous invite à publier un poème chaque dimanche pour rendre hommage à cet art. J'ai décidé de suivre le pas et je présente cette semaine un de mes poèmes favoris.

Les feuilles mortes 

Un poème de Jacques Prévert

Oh, je voudrais tant que tu te souviennes,
Des jours heureux quand nous étions amis,
Dans ce temps là, la vie était plus belle,
Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui.
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Tu vois je n'ai pas oublié.
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Les souvenirs et les regrets aussi,
Et le vent du nord les emporte,
Dans la nuit froide de l'oubli.
Tu vois, je n'ai pas oublié,
La chanson que tu me chantais...
C'est une chanson, qui nous ressemble,
Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais.
Nous vivions, tous les deux ensemble,
Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais.
Et la vie sépare ceux qui s'aiment,
Tout doucement, sans faire de bruit.
Et la mer efface sur le sable,
Les pas des amants désunis.
Nous vivions, tous les deux ensemble,
Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais.
Et la vie sépare ceux qui s'aiment,
Tout doucement, sans faire de bruit.
Et la mer efface sur le sable,
Les pas des amants désunis...

sunflwbeeline

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samedi 15 août

Butineuse

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vendredi 14 août

Hamaguri - Aki Shimazaki

hamaguri4e couverture:

Je prends deux coquilles et j’essaie de les joindre, mais elles n’appartiennent pas à la même paire. Je les dépose par terre. ELLE continue. Puis ce sera mon tour. Ainsi, nous répétons le jeu jusqu’à ce que nous ayons reformé les dix coquillages.

Aujourd’hui, ELLE a trouvé sept paires et moi, j’en ai trouvé trois. ELLE m’a dit : « chez les hamaguri, il n’y a que deux parties qui vont bien ensemble. »

Dans le deuxième tome de la pentalogie Le poids des secrets: Hamaguri, Aki Shimazaki nous raconte la même histoire que dans son précédent roman, Tsubaki, mais cette fois avec les yeux d'un autre personnage. J'ai trouvé intéressant de voir les différentes facettes que peut avoir une même histoire, dépendamment des yeux avec laquelle on la regarde. Hamaguri est une histoire triste et mélancolique, écrite dans le style pur, simple et très élégant qui m'avait séduite dans le premier tome. Envoûtant.

8/10

Pour certains qui se posent la question, malgré qu'elle soit née au Japon, Aki Shimazaki est considérée comme une auteure québécoise d'origine japonaise.

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Hamaguri, Aki Shimazaki, Leméac/Actes-Sud, 2000, 109p.

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lundi 10 août

Tsubaki - Aki Shimazaki

Tsubaki4e couverture:

Le jour où la bombe atomique tomba sur Nagasaki, je me levai à cinq heures. Ma mère restait de nouveau chez sa cousine au centre-ville. Mon père dormait. Je mélangeai le cyanure de potassium au contenu des trois derniers papiers en cellophane pliés dans la boîte qui contenait le médicament de mon père et je partis. Je ne savais pas où aller. Je commençai à marcher vers le nord. Je n’avais rien apporté à manger ni à boire...                                

Tsubaki est un roman aussi court que passionnant, à la fois intimiste et historique. Il nous permet une incursion dans la culture japonaise de l'époque de la seconde guerre mondiale. Malgré le sérieux de l'histoire, le roman est écrit de façon très simple et accessible. Le style minimaliste et lyrique d'Aki Shimazaki, m'a beaucoup plu. Le roman est empreint d'une atmosphère particulière lié à la retenue des émotions, atmosphère qui est souvent présente dans la littérature japonaise. Un très joli moment de lecture.

8/10

Née au Japon, Aki Shimazaki a immigré au Canada en 1981 et vit à Montréal depuis 1991. Elle écrit ses romans directement en français. Tsubaki est le premier volet de sa pentalogie Le Poids des secrets qui comprend également Hamaguri, Tsubame, Wasurenagusa et Hotaru.

Tsubaki, Aki Shimazaki, Leméac/Actes-Sud, 1999, 121p.

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bee

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dimanche 09 août

Butineuse

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jeudi 06 août

Tous les matins du monde - Pascal Quignard

quignard4e couverture:

" Il poussa la porte qui donnait sur la balustrade et le jardin de derrière et il vit soudain l’ombre de sa femme morte qui se tenait à ses côtés. Ils marchèrent sur la pelouse.

Il se prit de nouveau à pleurer doucement. Ils allèrent jusqu’à la barque. L’ombre de Madame de Sainte Colombe monta dans la barque blanche tandis qu’il retenait le bord et la maintenait près de la rive. Elle avait retroussé sa robe pour poser le pied sur le plancher humide de la barque. Il se redressa. Les larmes glissaient sur ses joues. Il murmura :

- Je ne sais comment dire : Douze ans ont passé mais les draps de notre lit ne sont pas encore froids. "

Tout d’abord, ce qui m’a attiré vers ce roman c’est le thème; la musique. Et aussi que l’histoire se déroule entre 1665 et 1690, qui est à mon avis une époque très intéressante. Tous les matins du monde est un très très court roman, ça se lit en moins d'une heure. Malheureusement, je n'ai pas vraiment embarquée dans l'histoire de cette famille de musiciens. J'aime les grandes oeuvres romanesques du 17e siècle, mais ici je n'ai pas trouvé mon compte. Peut-être justement à cause que c'est trop court. J'aurais aimé des personnages plus étoffés, des paysages grandioses, ça manquait cruellement d'ambiance tout ça! Un autre point négatif de ce roman c’est la mise en page des Éditions Gallimard, une police de caractère IMMENSE et des marges d’une largeur excessive, il ne doit y avoir que 50 mots par page! Je déteste quand pour faire plus épais donc forcément plus cher et plus rentable, on néglige l’environnement, les arbres, la nature…

4/10

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Tous les matins du monde, Pascal Quignard, Gallimard, 1991, 134p.

moineau

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mercredi 05 août

La maison des temps rompus - Pascale Quiviger

Quiviger      You will lose only what you can’t let go of

4e couverture:

Ma maison est aussi proche de la mer qu’une maison peut l’être avant de devenir un bateau.

Par un lumineux jour de printemps, une jeune femme trouve la maison de ses rêves, entourée d’un jardin luxuriant, d’une effarante beauté, et qui regarde la mer de son unique fenêtre, semblable à un œil écarquillé.

Elle décide d’y emménager. Mais comment se fait-il que le paysage se transforme et que ses proches n’arrivent pas à trouver le sentier qui mène à sa maison?

Dans sa solitude, la jeune femme se remémore l’amitié intense unissant deux êtres aux noms de lumière : Lucie et Claire. Entremêlant la vie quotidienne à l’imaginaire, elle dessine toute une galerie de visages de femmes : mère, fille, sœur, aide, confidente. Chacune est reliée aux autres par des liens complexes. Chacune est une incarnation singulière des raisons que nous avons d’espérer et de combattre, d’aimer et de rêver, d’accueillir et de porter secours.

On ne sort jamais indemne d’une telle lecture… La force des mots, des images, de l’imaginaire de l’auteur font de la lecture de ce roman un moment de grâce. Je n’en dis pas plus, de peur de vous gâcher la découverte de cette histoire. Pascale Quiviger a écrit deux autres romans, Le cercle parfait et Ni sols ni ciels que je vais m’empressée de lire aussi. J’aime la littérature québécoise quand elle met sur mon chemin des petits livres comme celui-ci, ça me réconcilie avec la lecture de mon pays qui m’a trop souvent déçue… À lire, à lire, à lire!

Pour les lecteurs français, ne vous fiez surtout pas à la couverture de l’édition française, elle est d’une laideur atroce! Ce qui compte, c’est la beauté du texte…

9/10

Extraits :

" À l’est le ciel vibrait d’une vague phosphorescence. Dans le jardin, chaque brin d’herbe, chaque branche, chaque toile d’araignée était minutieusement souligné de rosée, comme si les fées étaient passées avec un crayon mouillé pour pointiller les choses vivantes. Ce calme bonheur du jardin ensommeillé tranchait sur mon anxiété, comme pour la contredire ou pour m’insuffler un peu de courage. " p. 35

" Je voulais une maison pour qu’elle m’avale. Je me souviens avoir pensé : j’aimerais tant être nulle part. « En vente, bord de mer » est la maison des temps rompus. C’est le lieu concocté par ce qui, en moi, demeure capable de vision, de guérison et d’espoir. Je n’ai pas d’autres mots pour le dire. " p. 52

Un coup de cœur pour cuné et Clarabel a adoré elle aussi!

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La maison des temps rompus, Pascale Quiviger, Boréal, 2008, 237p.

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abc_abeille

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mardi 04 août

La première gorgée de bière - Philippe Delerm

couverture_delerm4e couverture:

"C'est facile, d'écosser les petits pois. Une pression du pouce sur la fente de la gousse et elle s'ouvre, docile, offerte. Quelques-unes, moins mûres, sont plus réticentes - une incision de l'ongle de l'index permet alors de déchirer le vert, et de sentir la mouillure et la chair dense, juste sous la peau faussement parcheminée. Après, on fait glisser les boules d'un seul doigt. La dernière est si minuscule. Parfois, on a envie de la croquer. ce n'est pas bon, un peu amer, mais frais comme la cuisine de onze heures, cuisine de l'eau froide, des légumes épluchés - tout près, contre l'évier, quelques carottes nues brillent sur un torchon, finissent de sécher.

Alors on parle à petits coups, et là aussi la musique des mots semble venir de l'intérieur, paisible, familière. De temps en temps, on relève la tête pour regarder l'autre, à la fin d'une phrase; mais l'autre doit garder la tête penchée - c'est dans le code. On parle de travail, de projets, de fatigue - pas de psychologie. L'écossage des petits pois n'est pas conçu pour expliquer, mais pour suivre le cours, à léger contretemps. Il y en aurait pour cinq minutes, mais c'est bien de prolonger, d'alentir le matin, gousse à gousse, manches retroussées. On passe les mains dans les boules écossées qui remplissent le saladier. C'est doux; toutes ces rondeurs contiguës font comme une eau vert tendre, et l'on s'étonne de ne pas avoir les mains mouillées. Un long silence de bien-être clair, et puis:

- Il y aura juste le pain à aller chercher."

La première gorgée de bière n’est pas un roman mais un recueil de petits textes, de petits plaisirs minuscules de la vie de tous les jours. Chacune des 34 petites joies quotidiennes n’est pas plus longue que deux ou trois pages, mais elles sont à mon avis assez inégales. Certaines m’ont beaucoup plu d’autres m’ont laissée totalement indifférente. Mes préférées; Le croissant du trottoir, On pourrait presque manger dehors, Aller aux mûres, Invité par surprise, Lire sur la plage, Les boules en verre, Le journal du petit déjeuner. Une lecture douce entre deux pavés, mais pas inoubliable.

6/10

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La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules, Philippe Delerm, Gallimard, 1997, 91p.

bee_happy

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