dimanche 06 septembre

Dimanche poétique

Un peu de poésie en ce dimanche ensoleillé. Je vous présente aujourd'hui un magnifique poème de Pablo Neruda, mon poète favori.

Celsmoon pour sa part, a choisi de nous faire découvrir un poème tiré de la correspondance entre Musset et Sand. Elle recense aussi toutes les participantes des dimanche poétiques. Joignez-vous à nous!

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Poème XVIII – Vingt poèmes d'amour

Un poème de Pablo Neruda

Aquí te amo.

En los oscuros pinos se desenreda el viento.

Fosforece la luna sobre las aguas errantes.

Andan días iguales persiguiéndose.

Se desciñe la niebla en danzantes figuras.

Una gaviota de plata se descuelga del ocaso.

A veces una vela. Altas, altas estrellas.

O la cruz negra de un barco.

Solo.

A veces amanezco, y hasta mi alma está húmeda.

Suena, resuena el mar lejano.

Este es un puerto.

Aquí te amo.

Aquí te amo y en vano te oculta el horizonte.

Te estoy amando aún entre estas frías cosas.

A veces van mis besos en esos barcos graves,

que corren por el mar hacia donde no llegan.

Ya me veo olvidado como estas viejas anclas.

Son más tristes los muelles cuando atraca la tarde.

Se fatiga mi vida inútilmente hambrienta.

Amo lo que no tengo. Estás tú tan distante.

Mi hastío forcejea con los lentos crepúsculos.

Pero la noche llega y comienza a cantarme.

La luna hace girar su rodaje de sueño.

Me miran con tus ojos las estrellas más grandes.

Y como yo te amo, los pinos en el viento,

quieren cantar tu nombre con sus hojas de alambre.

***

Ici je t'aime.

Dans les pins obscurs le vent se démêle.

La lune resplendit sur les eaux vagabondes.

Des jours égaux marchent et se poursuivent.

Le brouillard en dansant qui dénoue sa ceinture.

Une mouette d'argent du couchant se décroche.

Une voile parfois. Haut, très haut, les étoiles.

Ô la croix noire d'un bateau.

Seul.

Le jour parfois se lève en moi, et même mon âme est humide.

La mer au loin sonne et résonne.

Voici un port.

Ici je t'aime.

Ici je t'aime. En vain te cache l'horizon.

Tu restes mon amour parmi ces froides choses.

Parfois mes baisers vont sur ces graves bateaux

qui courent sur la mer au but jamais atteint.

Suis-je oublié déjà comme ces vieilles ancres.

Abordé par le soir le quai devient plus triste.

Et ma vie est lassée de sa faim inutile.

J'aime tout ce que je n'ai pas. Et toi comme tu es loin.

Mon ennui se débat dans les lents crépuscules.

Il vient pourtant la nuit qui chantera pour moi.

La lune fait tourner ses rouages de songe.

Avec tes yeux me voient les étoiles majeures.

Pliés à mon amour, les pins dans le vent veulent

chanter ton nom avec leurs aiguilles de fer.

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pablo

Posté par aBeiLLe_ à 10:31 - - Commentaires [12] - Permalien [#]