DeVigan4e couverture:

Prenez un homme qui aime les femmes, le corps des femmes surtout. Il a une quarantaine d’années, il est beau mais fatigué.

Prenez une femme qui aime les hommes, la peau des hommes mais pas seulement. Elle va avoir trente ans, elle est jolie quand elle y prête attention, parfois on se retourne sur elle, on la dévisage, parfois elle est grise, on ne la voit pas.

Trois hommes dans la vie d’Emma. Trois rencontres sur des musiques différentes, basses et douloureuses, rieuses et légères, hantées par un même motif : l’illusion.

Combien de fois faut-il rejouer la fable pour être capable de s’en défaire?

Delphine de Vigan m’avait subjuguée l’an dernier avec son roman No et moi et je m’étais juré de lire autre chose d’elle. Je suis tombée sur ce petit roman (son deuxième) à la biblio. Sans être un coup de cœur - comme ma lecture précédente de l’auteure - j’ai beaucoup aimé celui-ci. Un roman en trois parties qui raconte trois hommes, fictifs ou réels, dans la vie d’Emma. La première partie m’a laissée sceptique, je ne voyais pas trop où l’auteur voulais m’entraîner. Jusqu’au punch fatal, là, j’ai tout compris! L’insaisissable Mark… Les deux parties suivantes ont trouvé grâce à mes yeux, j’ai adoré Ethan l’écrivain mystérieux et le séduisant Milan (quel joli nom!).

Malgré que le sujet soit complètement différent de No et moi, j’y ai retrouvé l’écriture particulière et pleine de charme de Delphine de Vigan. Une écriture simple mais belle. Jolie sans en faire trop. J’ai noté quantité de petites phrases-bijoux. Une belle découverte qui m’incite à lire les autres bouquins de cette auteure.

8/10

Extraits :

"L’amour se nourrit de miettes, de bribes, de soupirs, l’amour n’a pas besoin de déclaration ni de discours, l’amour n’a pas besoin de preuves, l’amour fait feu de tout bois et se gave d’illusions." p. 62

"On dit d’elle qu’elle est douce, fantasque, un peu sauvage. Qu’il y a dans son regard, quand elle se tait, quelque chose qui met à nu. Que parfois sa voix se brise, quand elle rit." p. 72

"C’était un soir d’automne, un soir comme beaucoup d’autres : vacant. J’aimais m’asseoir au fond des cafés. Plus que tout regarder les gens, quand ils parlent ou se taisent, leur densité. J’aimais être là, immobile, glisser mes genoux sous la table, chercher par-delà les miroirs le sens et l’intensité, et dans la vie des autres ce qui m’échappait." p. 127

"- J’aime comme tu observes, Emma, ta fantaisie, tes mots quand ils sont fragiles, et la densité de ton silence. J’aime cette manière que tu as d’être en dehors, pas très loin. Je voudrais t’avoir à côté de moi, Emma, contre moi. Je voudrais que tu viennes vivre chez moi." p. 158

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Les jolis garçons, Delphine de Vigan, JC Lattès, 2005, 177p.

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