mardi 06 septembre

Le serment des Highlands - John-Erich Nielsen

Nielsen4e couverture: 

Une randonnée dans le massif du Kintrail, à l'ouest des Highlands, je suis toujours partant! Pourtant, cette fois…

Sept disparus en moins deux ans, sans qu'aucun corps n'ait jamais été retrouvé… Un fugitif armé d'un fusil, un projet pharaonique de parc animalier,  et puis cet inquiétant berger, Pat McKenzie… Qui est-il vraiment?

Enfin, cette légende que nous a racontée le nouvel ami de tante Midge, l'historien Robert Butler: un dragon anglais, perdu dans la brume le 10 juin 1719, alors qu'il s'élançait à la poursuite de Highlanders rebelles… On prétend qu'il n'est jamais revenu!

Je l'avoue d'emblée, il m'est difficile d'écrire un billet sur ce roman, mais je me suis engagée vis-à-vis Bibliofolie à recevoir, lire et commenter ce roman sur mon blog et sur le site de Bibliofolie. Je me sens incapable d'être malhonnête et de faire semblant. Cet espace est trop important pour moi et surtout, puisque je m'en sers d'aide mémoire sur mes lectures, je ne veux pas dans 20 ans, relire mes billets et ne pas avoir été honnête envers moi-même et envers les lecteurs de ce blog (s'il en reste quelques uns!).

Mon intention n'est pas d'être méchante envers l'auteur, j'imagine le travail qu'il a dû abattre pour écrire ce roman et juste pour ça je lui lève mon chapeau. De plus, je sais que certains lecteurs y trouveront leur compte.

Donc, voilà, je n'ai pas aimé. Du tout. Rien. Non, pas vrai, j'aime bien la couverture un joli tartan bleu/violet! Pour le reste, ça été difficile. En partant, ce roman est le 8e tome d'une série mettant en vedette l'inspecteur Sweeney. C'est déjà un mauvais départ! Bien souvent, il n'est pas nécessaire de lire chaque tome d'une série policière dans l'ordre. Mais ici, il n'y a aucun préambule, on entre tout de suite dans le vif de l'enquête. Ce qui m'a agacé, c'est que l'auteur fait référence à des événements survenus antérieurement et ajoute une note de bas de page se rapportant à un tome précédent (par exemple: (1) Lire Les démons de l'île de Skye) sans aucune autre précision, ce qui apporte son lot de frustration et un manque d'informations indispensables pour bien comprende la psychologie des personnages, surtout celui de Sweeney.

J'ai également trouvé que les dialogues sonnaient atrocement faux. C'est mécanique, ça manque de fluidité et en réalité, ça fait amateur. On est loin de ce que font les maîtres du polar tels que Michael Connelly ou Arnaldur Indridason.

Une autre chose qui m'a agacée c'est la tendance de l'auteur à mettre en italique les pensées des personnages. J'ai trouvé cette façon de faire maladroite, voire agressante. Au hasard: "Impressionné, et vaguement inquiet, Sweeney préféra jouer la carte de l'ironie: Qu'est-ce que c'est que ce gugusse? Ah oui, je le reconnais maintenant: la Dark Vador des Highlands! Décontracté par sa plaisanterie, l'inspecteur continua d'approcher d'un pas léger." p.53

Irritée aussi par les tournures de phrases douteuses dont une dans la 4e (dans moins deux ans?) ou celle-ci à la page 73: "Au moment de sonner, Sweeney préféra cesser de réfléchir, puis appuya sur le bouton."

C'est sans parler des jeux de mots foireux: "Dommage qu'il fasse si froid, regretta-t-il, je serais bien resté encore un peu à conter fleurette aux cinq demoiselles." p.52 Les 5 demoiselles étant les Five Sisters of Kintail, un massif montagneux des Highlands. Douteux...

Voilà, inutile d'en rajouter une couche, je crois que vous avez compris.

3/10

 

Je remercie tout de même Bibliofolie et les Éditions Head over Hills pour ce partenariat.

 

Le serment des Highlands, John-Erich Nielsen, Éd. Head over Hills, 2011, 257p.

 

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dimanche 13 mars

L'homme de Kaboul - Cédric Bannel

Kaboul

Présentation de l'éditeur:

 

Quand Oussama Kandar, chef de la brigade criminelle de Kaboul, ancien héros de guerre contre les Russes et les talibans, découvre le cadavre de Wali Wadi, il n’imagine pas déclencher l’une de ces séries de minuscules événements qui se terminent en raz de marée. D'après Oussama, l’homme qui gît au milieu de son magnifique salon, une balle dans la tête, ne peut en aucun cas s’être suicidé, comme l’affirme le ministre de la Sécurité. Profondément intègre, opposé à la corruption qui gangrène son pays, Oussama croit en la justice. Par fidélité à ses principes, il refuse de classer l’affaire. Au contraire, en compagnie de ses fidèles adjoints, il s’acharne à remonter les pistes, à exhumer les vérités travesties. Dès lors, il est l’homme à abattre. Une aide inespérée lui vient d’un étrange personnage, mollah Bakir, un taliban sorti d’Oxford sans doute plus dangereux qu’il n’en a l’air.

 

À l’autre bout du monde, en Suisse, le jeune Nick, analyste dans les services secrets, est lancé sur la piste d’un fugitif, dirigeant d’une entreprise très opaque aux ramifications internationales. L’homme s’est volatilisé avec un rapport secret qui paraît affoler plusieurs gouvernements. Quand il comprend que son organisation assassine des innocents dans sa quête désespérée pour retrouver le fugitif, Nick se révolte. Il découvre les sanglantes tentatives d’élimination dont a été victime, à Kaboul, un certain commissaire Oussama Kandar.

 

Oussama l’Afghan, Nick le Suisse et Bakir le mollah : ce trio improbable se retrouve dans les hautes montagnes d’Afghanistan, en des lieux sauvages contrôlés par des hommes qui tuent au nom de Dieu. Là se terre sans doute l’homme qui connaît la vérité. Là est caché le rapport recherché par tous. Mais choisiront-ils de révéler au monde ce qu’ils apprendront ? Ou accepteront-ils de se taire au nom d’intérêts supérieurs ?

 

 

 

À la fin du mois de janvier j'ai été approchée par CanalBlog pour participer à un partenariat/concours un peu spécial en collaboration avec les Éditions Robert Laffont. Il s'agissait de recevoir en avant-première les épreuves du nouveau thriller de Cédric Bannel, L'homme de Kaboul et d'en faire un billet sur mon blog pour tenter de gagner 5 livres de mon choix parmi une liste d'ouvrages (liste de titres très intéressants soit dit en passant!) venant des éditions Robert Laffont et un exemplaire de L'homme de Kaboul dédicacé par l'auteur. Un offre bien alléchante que je me suis empressée d'accepter.

 

Alors, qu'en est-il de mon avis sur l'histoire de cet Afghan incorruptible et de ce Suisse qui n'a pas froid aux yeux? Je ne vous referai pas un résumé de l'intrigue, je trouve la présentation de l'éditeur tout à fait complète et pertinente.

En ouvrantL'homme de Kaboul, je pénétrais en terrain inconnu. Je ne connaissais de l'Afghanistan que très peu de chose, je n'aurais pas su dire avec certitude où le pays se situait sur le globe, je savais que c'était "par là-bas" en pointant vaguement le Moyen-Orient, c'est tout dire! J'ai trouvé le contexte géographie intéressant, enrichissant. J'ai appris plus sur ce pays en mois de 400 pages qu'en regardant les bulletins de nouvelles des 10 dernières années! L'auteur n'a pas lésiné sur les recherches en vue de la préparation de son roman, ce dernier très bien documenté et facile d'approche pour les non-initiés. Mais attention, le tout n'est pas présenté de façon à étaler ses connaissances, c'est fait tout en finesse et là réside le talent de l'auteur. L'Afghanistan est un pays aussi complexe que fascinant et Cédric Bannel, entre les phrase bien tournée, un style fluide et rythmé, une intrigue intense, complexe et bien ficelée, nous a imaginé une histoire crédible aussi terrible que captivante. Un thriller d'espionnage de qualité à ne pas manquer!

 

 

9/10

 

 

Visitez le blog du livre où se trouve tous les avis des participants au concours ainsi que des infos sur le roman.  

 

 

Je remercie chaleureusement canalblogCanalBlog et RLaffont pour cette découverte.  

 

 

 

L'homme de Kaboul, Cédric Bannel, Ed. Robert Laffont, 2011, 397p.

 

abeille

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mercredi 10 novembre

Je suis l’Homme le plus beau du monde - Cyril Massarotto

Massarotto

Chez nous, tout était invariablement calme. Il m’a toujours semblé que nous étions quatre à la maison : papa, maman, le silence et moi. 

4e couverture:

Cet homme est une légende. Pourtant, il rêve de disparaître. Et quand il rencontre enfin sa raison de vivre, il est peut-être déjà trop tard…

"Aussi loin que je me souvienne, j ai toujours été beau.

Je dis beau, mais dans la bouche des gens j’entends plutôt canon, magnifique, sublime, incroyable. Plus généralement, en me voyant, les gens disent : « Waouh ! »

Ces mots, je les ai entendus dans toutes les langues, sur tous les tons. On me les a dits en pleurant, en hurlant, ou juste avant de s’évanouir. On me les a dits à voix basse, sans oser me regarder, ou en écarquillant grand les sourcils.

Je suis l'Homme le plus beau du monde.

Bien sûr, je suis malheureux."

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Quand le service de presse de XO Éditions m’a approché pour m’offrir ce roman j’ai hésité un petit peu. Je ne connaissais pas du tout l’auteur - ni même l’éditeur ! - mais je me suis dis : Pourquoi pas ! Je n’avais donc pas du tout d’attente avant d’ouvrir ce bouquin. Et, comme ça m’arrive souvent dans ces moments-là, j’ai eu une belle surprise. J’ai trouvé le style plutôt léger pour le sujet traité, mais la fluidité de la lecture, l’humour et le sarcasme m’ont énormément plu. À mon avis, quelques parties du roman sont inachevées, on aurait eu besoin de plus de détails explicatifs sur certains événements qui surviennent et qui nous aurait permis d’entrer plus profondément dans le quotidien de cet homme malheureux. On passe vite sur certains événements qui sont à mon avis essentiels, on reste à la surface sans explorer à fond, on ne fait que survoler par exemple l’enfance du personnage, qui est pourtant un moment charnière pour la suite de l’histoire. Mais sinon, le récit se tiens, est très agréable à lire et surtout nous fait réfléchir à l’importance du paraître dans la société d’aujourd’hui.

7.5/10

Je suis l’Homme le plus beau du monde, Cyril Massarotto, XO Éditions, 2010, 238p.

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abeille

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dimanche 25 juillet

L’héritage de tata Lucie - Philippe Saimbert

Tata_Lucie4e couverture:

Tata Lucie est une emmerdeuse. De son vivant ce n'était pas une sainte mais, une fois morte, elle se surpasse pour pourrir la vie de sa famille. Le testament est clair : pour toucher l'héritage, ses neveux doivent s'installer avec toute leur famille dans la maison de la défunte. Et ce n'est pas un palais !

Tata Lucie leur a réservé une autre surprise, une sorte de chasse au trésor rocambolesque, les pieds dans la boue. Bienvenue à la campagne ! C'est certain, les chers neveux ne vont pas s'ennuyer et, au coeur du Béarn, ils sont entraînés dans une aventure qu'ils ne risquent pas d'oublier... Mais que ne ferait-on pas pour toucher le pactole ?

Comique de situation, dialogues savoureux et coups de théâtre s'enchaînent jusqu'au final orchestré par la chère tata Lucie. Un dénouement forcément étonnant.

Ce roman, je l’ai lu en avril et par manque de temps, je n’avais pas écrit de billet. Alors mon avis sera court, je vais tenter de vous donner les impressions que m’a laissé le roman quelques mois après la lecture.

Je me souviens d’un roman qui m’a fait beaucoup rire. À gorge déployé même ! Ce qui m’arrive rarement en lisant un livre. Je souris souvent, je ricane quelquefois, mais j’éclate rarement de rire. Certains passages de ce roman m’ont littéralement fait crouler de rire ! J’ai adoré le côté grinçant de tata Lucie, une femme qui n’a pas la langue dans sa poche ! L’auteur entraîne ses personnages, loufoques à souhait, dans une aventure qu'ils n'oublieront pas de sitôt! Du bonbon… acidulé! :o)

8.5/10

Je vous laisse sur une succulente citation de tata Lucie :

"Le temps est carnivore : il mange des enfants aux yeux tendres et rieurs pour déféquer des adultes qui se disent honnêtes et responsables."

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Je remercie l’auteur Philippe Saimbert et City Éditions pour l’envoi de ce roman!

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L’héritage de tata Lucie, Philippe Saimbert, City éditions, 2010, 286p.

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beeshappy1

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vendredi 05 mars

Chagrin d'école - Daniel Pennac

Chagrin_d__coleObjectif_PALRien ne se passe comme prévu, c'est la seule chose que nous apprend le futur en devenant du passé

Dans la lignée de Comme un roman, Chagrin d’école est un livre qui concerne l’école. Non pas l’école qui change dans la société qui change, mais, «au cœur de cet incessant bouleversement, sur ce qui ne change pas, justement, sur une permanence dont je n’entends jamais parler: la douleur partagée du cancre, des parents et des professeurs, l’interaction de ces chagrins d’école». Daniel Pennac entremêle ainsi souvenirs autobiographiques et réflexions sur la pédagogie et les dysfonctionnements de l’institution scolaire, sur la douleur d’être cancre et la soif d’apprendre, sur le sentiment d’exclusion et l’amour de l’enseignement.

De Pennac, je n'avais lu que Comme un roman. Ce qui veut dire que je ne connais pas encore le "romancier" seulement l'homme, les pensées de l'homme. J'ai vu plusieurs entrevues qu'il a accordées aux médias québécois et j'ai beaucoup d'admiration pour cet homme cultivé, allumé, et intéressant. La lecture de Chagrin d'école m'a fait découvrir Pennac l'homme de cœur. Sa passion, sa sincérité, sa sensibilité, sa compassion pour ses élèves m'ont touchée. Pennac m'a permis, pour un moment, de me souvenir des profs qui ont marqué ma vie, qui ont accompagné la jeune fille que j'étais et qui m'ont donné les outils pour devenir celle que je suis…

Mais ce serait mentir de dire que j'ai été emballée par ce bouquin. À plusieurs reprises, j'ai voulu le refermer et passer à autre chose. Pas que c'est mauvais, loin de là, mais j'ai trouvé certains passage passablement ennuyeux. Je m'attendais à un roman, j'y ai découvert un essai. Un condensé de réflexion sur l'éducation, celle d'hier et celle d'aujourd'hui. Je n'avais pas envie de "ça" pour le moment. J'avais besoin d'être divertie. De plus, tous ces termes propres au système éducatif français, quelle prise de tête c'était de tout démêler! Ça beaucoup gêné la fluidité de ma lecture. Mais, je dois dire que partout à l'intérieur du livre sont semé de jolies perles de phrases, de pistes de réflexions, de jeux de mots intelligents. Donc, je suis heureuse d'avoir découvert Pennac l'homme, mais j'attends encore LA révélation de cet auteur…  On m'a conseillé les Malaussène, je tenterai!

6.5/10

*Un petit rappel, la note que j'accorde en fin de billet n'est pas donnée en fonction de la qualité du livre mais bien de mon appréciation, de mon plaisir de lecture.

Extraits:

"Votre fils, chère madame, n'en finira jamais d'être un enfant de la langue, et vous-même  un tout petit bébé, et moi un marmot ridicule, et tous autant que nous sommes menu fretin charrié par le grand fleuve jailli de la source orale des Lettres, et votre fils aimera savoir en quelle langue il nage, ce qui le porte, le désaltère et le nourrit, et se faire lui-même porteur de cette beauté, et avec quelle fierté!, il va adorer ça, faites-lui confiance, le goût de ces mots dans sa bouche, les fusées éclairantes de ces pensées dans sa tête, et découvrir les capacités prodigieuses de sa mémoire, son infinie souplesse, cette caisse de résonnance, ce volume inouï où faire chanter les plus belles phrases, sonner les idées les plus claires, il va raffoler de cette natation sublinguistique lorsqu'il aura découvert la grotte insatiable de sa mémoire, il adorera plonger dans la langue, y pêcher les textes en profondeur, et tout au long de sa vie les savoir là, constitutifs de son être, pouvoir se les réciter à l'improviste, de les dire à lui-même pour la saveur des mots. Porteur d'une tradition écrite grâce à lui redevenue orale il ira peut-être même jusqu'à les dire à quelqu'un d'autre, pour le partage, pour les jeux de séduction, ou pour faire le cuistre, c'est un risque à courir. Ce faisant il renouera avec ces temps d'avant l'écriture où la survie de la pensée dépendait de notre seule voix. Si vous me parlez régression, je vous répondrai retrouvailles! Le savoir est d'abord charnel. Ce sont nos oreilles et nos yeux qui le captent, notre bouche qui le transmet. Certes, il nous vient des livres, mais les livres sortent de nous. Ça fait du bruit, une pensée, et le goût de lire est un héritage du besoin de dire." p.159-160

"Dans le train qui me ramène de Lyon, je me dis qu'en rentrant chez moi, ce n'est pas seulement ma maison que je regagne: je retourne au cœur de mon histoire, je vais me blottir au centre de ma géographie. Quand je passe ma porte, je pénètre en un lieu où j'étais déjà moi-même bien avant ma naissance: le moindre objet, le moindre livre de ma bibliothèque, m'attestent dans ma séculaire identité…" p. 238

"En lisant je me suis physiquement installé dans un bonheur qui dure toujours." p. 100

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Une lecture commune avec Bladelor, Cynthia et Christelle, n'hésitez pas à aller voir leurs avis!

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Chagrin d'école, Daniel Pennac, Gallimard, 2007, 304p.

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jeudi 25 février

La vie d'une autre - Frédérique Deghelt

La_vie_d_une_autreObjectif_PAL4e couverture:

Marie a vingt-cinq ans. Un soir de fête, coup de foudre, nuit d'amour et le lendemain... Elle se retrouve douze ans plus tard, mariée, des enfants et plus un seul souvenir de ces années perdues. Cauchemar, angoisse... Elle doit assumer sa grande famille et accepter que l'homme qu'elle a rencontré la veille vit avec elle depuis douze ans et ne se doute pas du trou de mémoire dans lequel elle a été précipitée. Pour fuir le monde médical et ses questions, elle choisit de ne rien dire et devient secrètement l'enquêtrice de la vie d'une autre. Ou plutôt de sa propre vie.

C'est avec une énergie virevoltante et un optimisme rafraîchissant que Frédérique Deghelt a composé ce roman plein de suspense sur l'amour et le temps qui passe, sur les rêves des jeunes filles confrontés au quotidien et à la force des choix qui déterminent l'existence.

Parfois, on choisi certains romans et on a soudain l’impression que ce n’est pas le bon moment pour les découvrir. C’est ce qui m’est arrivé avec La vie d’une autre. Je suis restée sceptique face à cette histoire rocambolesque d’une femme qui perd la mémoire des 12 dernières années et où personne de son entourage, excepté peut-être ses enfants, ne se rend compte des changements dans son attitude, même pas son propre mari! J’ai réellement peiné durant ma lecture, la construction du roman, la manière dont l’histoire est écrite m’a déroutée. Les longs paragraphes où on saute du coq à l’âne, les dialogues non définis où se mêlent conversations et les pensées de Marie m’ont déstabilisé, bien souvent je ne savais pas qui parlait. Tout cela a vraiment dérangé ma lecture et m’a empêché de m’imprégner complètement dans le roman. Un rendez-vous manqué…

6/10

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La vie d’une autre, Frédérique Deghelt, Actes Sud, Babel, 2007, 340p.

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J'ai lu ce roman à l'occasion d'une lecture commune avec Manu, Canel, Cynthia, Mango et Tiphanie.

À voir aussi, les avis de Celsmoon, Lucie et Liliba.

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samedi 13 février

L'anneau de Moebius - Franck Thilliez

thilliez4e couverture:Objectif_PAL

Pour sa première enquête, Victor Marchal aborde son métier de flic par sa face la plus noire: une ex-star du porno torturée, une mise en scène macabre, et une plongée dans le monde interlope des déviants sexuels et des monstres de la nature.

Depuis toujours, Stéphane Kismet est hanté par des images prémonitoires mais cette fois elles obéissent à une indéchiffrable et terrifiante logique. Dans ses rêves, Stéphane possède une arme, il est recherché par la police, une petite fille est morte... Les trajectoires de Victor et Stéphane vont se rejoindre. C'était écrit. L'un n'a encore rien vu, l'autre ignore qu'il sait déjà tout...

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Bluffé. Je suis bluffé par le talent incroyable de cet auteur! Franck Thilliez est doué. Il a su me tenir en haleine dès la première ligne et pendant les 600 pages de ce thriller haletant mais surtout finement intelligent! L’anneau de Moebius est un sans conteste un thriller (un vrai de vrai) mais avec un soupçon de fantastique. Le roman explore les tréfonds de la noirceur de l'âme humaine et aborde le thème de la différence et du regard des autres sur les monstruosités de la nature. La construction du récit est originale et contribue à faire monter la tension tout au long du roman. En un mot, captivant!

9.5/10

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Extrait :

"Nous marchons sur un anneau de Moebius. […] Jacky sourit et mima le symbole de l’infini avec la main. Une espèce de huit torsadé et couché.

Une curiosité mathématique qui ne possède qu’un seul bord, un chemin dont tu ne peux plus te sortir une fois que tu as mis le pied dessus. Sans cesse, tu emprunteras le même trajet, quoi que tu fasses, encore et toujours. L’éternel recommencement." p. 199

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L’anneau de Moebius, Franck Thilliez, Le Passage, Pocket, 2008, 596p.

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Je remercie  Blog_o_Book et à Pocket édition pour m'avoir permis de découvrir ce roman.

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jeudi 28 janvier

Le canapé rouge - Michèle Lesbre

Objectif_PALLesbre4e couverture:

Dans le transsibérien qui la conduit à Irkoutsk, tandis que défilent les paysages, Anne songe à l'amitié qui la lie à une vieille dame, Clémence Barrot, laissée à Paris. Elle lisait à cette ancienne modiste la vie de femmes libres et courageuses, telle Olympe de Gouges, auteur de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne… Et partageait avec elle des souvenirs tendres et douloureux : ceux des amours passées…

Le dixième livre de Michèle Lesbre est un roman lumineux sur le désir, un texte limpide sur le bonheur de vivre.

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Dès les premières phrases, j'ai été séduite par l'écriture de Michèle Lesbre empreinte d'une poésie subtile, les mots sont justes et bien choisis. J'ai lu avec ravissement certains passages. Les moments intimes, instants de douce nostalgie, partagés avec Clémence, cette femme d'un autre âge, où elles se racontent leurs vies passées, leurs amours brisés. L'amitié entre les deux femmes m’a énormément touchée. Par contre, j’ai eu beaucoup moins d’intérêt pour la quête d’Anne qui embarque à bord du Transsibérien et part à la recherche de Gyl un ancien amoureux qui s’est exilé en Sibérie. Ses questionnements, le sens de son voyage m'ont laissée de marbre et m'ont même un peu ennuyée. Donc, pas de coup de cœur pour moi ici… Malgré tout, la belle écriture de Michèle Lesbre me donne envie de lire autre chose d'elle, juste pour retrouver un peu de sa poésie.

7.5/10

Extraits:

"Une ombre avait traversé son regard, j’avais pris sa main, une main minuscule. Ce geste l’avait apaisée. challenge_coups__coeur2J’aurais aimé la prendre dans mes bras, la détresse des corps vieillis qu’aucune main n’effleure, qu’aucun corps n’étreint, cette immense solitude de la chair qui est déjà un peu la mort, m’a toujours effrayée. Enfant, la peau de mes grand-mères me fascinait, je la touchais avec précaution, comme si je craignais de la froisser davantage, qu’elle se déchire sous mes doigts et que ma maladresse précipite une issue fatale. Celle de Clémence Barrot, fine et diaphane, me rappelait ces instants d’une infinie tendresse où je me perdais dans la géographie des rides et des veines bleues qui couraient sur les mains abîmées de  ces femmes, petits ruisseaux buissonniers et palpitants. Je ne pouvais me les figurer fillettes comme elles affirmaient l’avoir été, je mettais ces anecdotes sur le compte de leur imagination, elles en avaient beaucoup, m’avaient toujours inventé des histoires à dormir debout. Leur enfance faisait donc partie de ces fables auxquelles on fait semblant de croire et qui longtemps après que les voix se sont tues restent encore dans nos mémoires." p. 43-44

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"J’étais descendue au bar, je préférais entendre parler autour de moi, entendre encore un peu la musique des mots qui me manquerait, comme d’autres m’avaient manqué à certains retours, un manque étrange et douloureux, une sorte de rupture. Pendant plusieurs jours, tout se mêle, la pensée se trouble, divague en deux langues, le monde se déchire, puis peu à peu le voyage trouve sa place dans la mémoire, dans les jours ordinaires, tout s’estompe, reste l’essentiel, ces endroits où les souvenirs vont et viennent et nous entraînent dans des rêveries nomades." p. 103

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Le choix d'Aifelle pour le Challenge des coups de coeur de la blogosphère. À lire aussi les avis d'Amanda et de Didi.

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Le canapé rouge, Michèle Lesbre, Sabine Wespieser, Folio, 2007, 136p.

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bee_mom2

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mercredi 20 janvier

Les jolis garçons - Delphine de Vigan

DeVigan4e couverture:

Prenez un homme qui aime les femmes, le corps des femmes surtout. Il a une quarantaine d’années, il est beau mais fatigué.

Prenez une femme qui aime les hommes, la peau des hommes mais pas seulement. Elle va avoir trente ans, elle est jolie quand elle y prête attention, parfois on se retourne sur elle, on la dévisage, parfois elle est grise, on ne la voit pas.

Trois hommes dans la vie d’Emma. Trois rencontres sur des musiques différentes, basses et douloureuses, rieuses et légères, hantées par un même motif : l’illusion.

Combien de fois faut-il rejouer la fable pour être capable de s’en défaire?

Delphine de Vigan m’avait subjuguée l’an dernier avec son roman No et moi et je m’étais juré de lire autre chose d’elle. Je suis tombée sur ce petit roman (son deuxième) à la biblio. Sans être un coup de cœur - comme ma lecture précédente de l’auteure - j’ai beaucoup aimé celui-ci. Un roman en trois parties qui raconte trois hommes, fictifs ou réels, dans la vie d’Emma. La première partie m’a laissée sceptique, je ne voyais pas trop où l’auteur voulais m’entraîner. Jusqu’au punch fatal, là, j’ai tout compris! L’insaisissable Mark… Les deux parties suivantes ont trouvé grâce à mes yeux, j’ai adoré Ethan l’écrivain mystérieux et le séduisant Milan (quel joli nom!).

Malgré que le sujet soit complètement différent de No et moi, j’y ai retrouvé l’écriture particulière et pleine de charme de Delphine de Vigan. Une écriture simple mais belle. Jolie sans en faire trop. J’ai noté quantité de petites phrases-bijoux. Une belle découverte qui m’incite à lire les autres bouquins de cette auteure.

8/10

Extraits :

"L’amour se nourrit de miettes, de bribes, de soupirs, l’amour n’a pas besoin de déclaration ni de discours, l’amour n’a pas besoin de preuves, l’amour fait feu de tout bois et se gave d’illusions." p. 62

"On dit d’elle qu’elle est douce, fantasque, un peu sauvage. Qu’il y a dans son regard, quand elle se tait, quelque chose qui met à nu. Que parfois sa voix se brise, quand elle rit." p. 72

"C’était un soir d’automne, un soir comme beaucoup d’autres : vacant. J’aimais m’asseoir au fond des cafés. Plus que tout regarder les gens, quand ils parlent ou se taisent, leur densité. J’aimais être là, immobile, glisser mes genoux sous la table, chercher par-delà les miroirs le sens et l’intensité, et dans la vie des autres ce qui m’échappait." p. 127

"- J’aime comme tu observes, Emma, ta fantaisie, tes mots quand ils sont fragiles, et la densité de ton silence. J’aime cette manière que tu as d’être en dehors, pas très loin. Je voudrais t’avoir à côté de moi, Emma, contre moi. Je voudrais que tu viennes vivre chez moi." p. 158

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Les jolis garçons, Delphine de Vigan, JC Lattès, 2005, 177p.

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jeudi 19 novembre

Le lion - Joseph Kessel

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4e couverture:

King lécha le visage de Patricia et me tendit son mufle que je grattai entre les yeux. Le plus étroit, le plus effilé me sembla, plus que jamais, cligner amicalement. Puis le lion s’étendit sur un flanc et souleva une de ses pattes de devant afin que la petite fille prît contre lui sa place accoutumée.

Le lion, est une histoire d’amour tragique entre une petite fille et un lion. Au-delà de cette histoire magnifique, Joseph Kessel nous fait voyager au cœur de la savane africaine. On imagine les somptueux paysages de la brousse au pied du Kilimandjaro, on hume les odeurs de la savane, on découvre le monde magique des animaux sauvages mais aussi les différentes tribus, leurs modes de vie, leurs coutumes, leurs cérémonies. Un roman d’une rare beauté, mais cruel, tellement cruel…challenge_coups__coeur2

9/10

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J'ai lu ce roman dans le cadre d'une lecture commune et je tiens à remercier la personne (je ne me souviens plus qui...) qui a choisi ce roman comme lecture commune parce que sans elle, je serais passée à côté d'une belle histoire. Je ne crois pas que j'aurais tirée de moi même ce roman de ma PAL... Alors, Merci!

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M'ont accompagnée dans cette lecture commune: Kali, Cécile, Edelwe, Cryssilda, Hermione, Karine :), Lectiole, Stephie, Anne-Sophie, Dunky, Emma. (J'ajouterai les liens quand les billets seront publiés)

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Le lion, Joseph Kessel, Gallimard, Folio, 1958, 242p.

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