vendredi 21 septembre

Les Maudits Tome 1: Résurrection - Edith Kabuya

kabuya

Présentation de l'éditeur:

Ce que Vince m’a fait, la nuit où il m’a sauvée ? 
Je ne saurais vous l’expliquer. 
Je peux toutefois jurer de deux choses : 
Je n’ai pas que frôlé la mort : j’étais morte. 
En me ramenant à la vie, Vince a fait de moi une Maudite. 
Hantée par le Monde des Morts à jamais. 

 

Robin a 16 ans, elle habite avec son père et son frère Thierry depuis le décès accidentel de sa mère quelques années plus tôt. Robin est une véritable tête de cochon, elle n’en fait toujours qu’à sa tête et n’écoute jamais les conseils de son entourage, ce qui la met dans le pétrin plus souvent qu’à son tour. Un soir, elle désobéi une fois de plus à son père pour se rendre à une soirée costumé chez le beau Zack - celui qui fait battre son cœur - sa vie en sera à jamais changée…

Je n’ai pas envie de vous en dévoiler plus, de peur de trop en dire. Je suis d’avis qu’il est préférable d’entrer dans cette histoire l’esprit vierge et de se laisser surprendre au tournant d’une page. Ce que je peux vous avouer par contre c’est que j’ai beaucoup, beaucoup aimé. Les personnages sont bien campés, Robin en jeune fille excessive, têtue et impulsive, Vince est mystérieux juste ce qu’il faut, Thierry le frère-poule, Lana et Stéphanie, les deux meilleures amies diamétralement opposées, ils sont tous très bien présentés. De plus, l’intrigue est prenante et surprenante. Je ne suis pas une fan de ce genre littéraire, mais j’ai beaucoup apprécié l’histoire que l’auteure m’a raconté. Edith Kabuya est la nouvelle venue de la romantic-fantasy, émule des Stephenie Meyer et Cassandra Clare, c’est une écrivaine fort prometteuse et en plus elle est québécoise! Une auteure à surveiller... de près!

8.5/10  

 

edith © j'd'm photo

 

Biographie :

 

Née à Montréal le 14 avril 1987 de deux parents congolais, Edith Kabuya a complété un DEC en Sciences, Lettre et Arts (Collège Jean-de-Brébeuf) et un BAC en psychologie (Université McGill). En 2010, elle a scénarisé et co-réalisé un court-métrage. Son désir le plus cher est de travailler en télé un jour. Véritable bookaholic, elle doit parfois s'interdire d'entrer en librairie parce que, chaque fois, elle en ressort avec une dizaine de livres entre les mains. Résurrection est son premier roman. 



 

 

 Lire les 5 premiers chapitres ici

Site internet de l'auteure ici

Je vous invite également à lire l'avis de Caro[line] ici et le potentiel livresque d'Edith toujours chez Caro[line] ici !

 

Les Maudits Tome 1 : Résurrection, Edith Kabuya, Éditions de Mortagne, 2012, 476p.

 

kabuya

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vendredi 19 novembre

Échecs et maths - Anne Bonhomme

echec_maths4e couverture:

Il est probable que des événements improbables se produiront.  Mais la très cérébrale Ophélie Tanguay a horreur des situations imprévues, et elle essaie constamment de soumettre le hasard à des règles mathématiques.  Si au moins elle pouvait ressembler à sa soeur, la belle Mari-Pier, à qui la chance semble toujours sourire!  C'est clair, on ne connaît pas l'échec lorsqu'on a l'air d'une déesse. 

Mais le bonheur n'appartient pas qu'aux autres, lui affirme une coach de vie.  En délaissant son attitude négative et en cultivant la pensée positive, elle peut avoir droit elle aussi à sa part du gâteau.  Malgré un certain scepticisme, Ophélie sera obligée d'admettre que les changements favorables se bousculent: elle retrouve sa meilleure amie, une styliste la transforme de la tête aux pieds et un bel Adonis s'intéresse à elle!  C'est si simple, maintenant, elle n'a qu'à demander et l'Univers exauce ses voeux! 

Alors pourquoi les choses deviennent-elles de plus en plus compliquées?  Et surtout, pourquoi le bonheur tant attendu tarde-t-il à venir?

Une lecture plaisante et rafraichissante, exactement ce dont j’avais besoin en ce moment ! C’est léger, pétillant mais en même temps, c’est une comédie romantique intelligente - j’ai quand même appris dans ces pages ce qu’est la Suite de Fibonacci (p.170) – L’auteur a un style frais et plein d’humour. On découvre une héroïne atypique à la personnalité rationnelle et cartésienne ça fait changement de ce qui se fait habituellement dans le genre. On parcours les 300 pages du roman avec un petit sourire en coin. Je n’ai qu’une seule envie, découvrir le premier roman d’Anne Bonhomme !

8.5/10

Merci Babelio !

Échecs et maths, Anne Bonhomme, Stanké, 2010, 309p.

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échecs et maths par Anne Bonhomme

échecs et maths

Anne Bonhomme

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jeudi 11 novembre

Éparpillé - Benoit Roberge

eparpille4e couverture:

J'ai très facilement le vague à l'âme, particulièrement l'été. On passe tellement de jours à l'attendre qu'une fois qu'il est arrivé, on ressent le besoin d'être heureux à tout prix. Cette saison passe en coup de vent, comme un jour de fête. Et pourtant, chaque printemps, on s'illusionne et on échafaude de grands projets ; «Ah! Moi, cet été, je me louerai un chalet, orientation sud-ouest, tout en pin, avec une petite terrasse au deuxième étage. Je vais me trouver une vieille mobylette pour allez faire les courses. Je pense aussi m'acheter un chien. Un boston terrier à l'odorat surdéveloppé et aux yeux globuleux, une belle bête musculeuse et intrépide. Nous irons ensemble chercher des brioches au village, au son du moteur 2 temps. Un jour, je nous mettrai chacun un casque d'aviateur en cuir brun sur la tête et je nous prendrai en photo, ensuite je la ferai encadrer et la mettrait dans le vestibule du chalet pour que tous les nombreux amis que j'inviterai, en orchestrant bien sûr une savante rotation pour ne négliger personne, puissent le voir et s'extasier ; " Toi, t'es un spécial ! ".

J’aime beaucoup Benoit Roberge le chroniqueur et scénariste, il me fait beaucoup rire et j’ai eu beaucoup de plaisir, il y a quelques années, à visionner ses capsules web Le cas Roberge. Quand Babelio a proposé le premier roman l’auteur pour l’Opération Masse Critique québécois, je n’ai pas hésité et j’ai coché sans tarder la petite case. J’étais curieuse de lire ce qui pouvait bien se cacher dans la tête de ce spécimen rare et comment il réussirait à traduire tout ça sous forme de roman. Eh bien, Benoit Roberge a été à la hauteur de sa réputation! Éparpillé, le roman porte très bien son nom! Et à l’image de son auteur, l’histoire est un fouillis bien ordonné. Des passages jouissifs (j’ai noté des chapitres entiers - très courts il faut dire), du grand n’importe quoi parfois, mais dans la continuité tout de même. Et je crois bien que c’est l’effet recherché. On ne parle pas ici de grande littérature mais de plaisir de lecture, simplement. Le style très imagé, qui lui vient surement de son expérience de scénariste, m’a charmé. Les chapitres courts, les phrases toutes aussi courtes, les énumérations donnent un rythme intéressant au récit. C’est coquin, léger. Une belle lecture d’été.

8/10

Extrait :

« J’entre à la librairie Bonne Occasion dans l’espoir d’une illumination. L’endroit a des allures de caverne rassurante. Une grotte aux idées qui sent les feuilles mortes et le tabac vanillé. Une bonne librairie de livres usagés, comme dans les films français. Les allées sont sombres et exiguës. Comme des termitières improvisées, des monticules de livres poussent un peu partout. Malgré le tintement de la clochette, le commis n’a pas relevé la tête et garde le nez dans son journal. J’ai envie d’ouvrir tous les romans et d’y lire les premières phrases. Je suis curieux d’y découvrir l’incipit tant redouté. Celui-là même qui impose le rythme, qui donne le ton et envoûte le lecteur. Celui-là même qui manque à l’élaboration de mon grand projet littéraire. » p.162

Merci Babelio!

Éparpillé, Benoit Roberge, Éditions Les Malins, 2010, 195p.

Eparpillé par Benoît Roberge

Eparpillé

Benoît Roberge

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lundi 27 septembre

Polaroïds - Sophie Létourneau

Polaroid4e couverture:

Quarante scènes, quarante images, quarante récits... Autant de polaroïds d'une seule et même histoire. Quarante prises sur le réel, un réel, celui d'une jeune femme, celui d'une mémoire vive en pleine action.

Par ces toutes petites touches, par ces instantanés de moments doux-amers, la narratrice s'offre et se dérobe à la fois. Et c'est le corps qui, le plus souvent, murmure la dictée : du corps enfantin, nain, de l’inconfort et des petites maladies, on suit le fil jusqu’à cette inévitable envie d’un corps de beauté. Des petites morts aux baisers volés, des grandes espérances aux amours mal placés, voici un portrait fascinant de la Objectif_PALjeunesse dans ce qu'elle a de trouble pour qui en vit les écueils : malaises, mal-être, déceptions, mais moments de joie également, parfois de joie parfaite.

Polaroïds vous propose un voyage dans les limbes d'un passé pas si lointain, dans les limbes de ces ineffaçables souvenirs qui façonnent ce que l'on appelle bien trop légèrement « l'âge ingrat ».

D_fi_La_plume_quebecoiseJ'ai lu ce bouquin il y a environ un mois et  je tente tant bien que mal d'en écrire un billet, mais comble de malchance, je ne me rappelle pas grand chose de cette lecture! Je me rappelle seulement que ce sont des nouvelles, des petits instantannés de vie d'à peine 2-3 pages chacun, des - bons et moins bons - souvenirs, d'enfance surtout. Une lecture rapide, mais qui ne me laisse pas grand chose, sinon un livre en moins sur ma PAL!

4.5/10

Polaroïds, Sophie Létourneau, Québec Amérique, 2006, 164p.

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fillette

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samedi 13 mars

La vie en grosse - Mélissa Perron

la_vie_en_grosseD_fi_La_plume_quebecoise4e couverture:

À première vue, Daphnée-Rose Gauthier est une fille comme bien d’autres : célibataire (presque) assumée, elle partage son temps entre son boulot de photographe et ses nombreux amis. Pourtant, ses rondeurs (assumées) font d’elle une héroïne plutôt inhabituelle si l’on pense aux canons de la beauté qui régissent notre univers!

Qu’il s’agisse d’un entraînement au gym, de ses innombrables diètes, d’une expédition à la plage, d’un voyage en avion, d’une simple sortie dans un bar avec ses copines ou de son incursion dans les réseaux de rencontres, Rose a le don de se retrouver dans les situations les plus cocasse.

Avec un humour rafraîchissant, parfois décapant, elle nous raconte ses aventures quotidiennes, ses joies et ses peines, à travers ses propres diktats : ceux d’une femme bien en chair, qui embrasse la vie à pleines lèvres!

Mais ne vous y trompez surtout pas! Grosse ou petite, vous vous reconnaîtrez dans les réflexions de Rose sur l’amour, le couple, l’amitié. Impossible de résister à cette sympathique grassouillette qui balaie du revers de la main le jugement des autres et qui n’a pas peur du ridicule.

Pour les rondeurs assumées on repassera! Ce n’est pas parce qu’on fait des jokes de grosses qu’on assume ses rondeurs… Une femme qui décide de faire DES régimes draconiens (pilules miracles, régime protéinés, Weight Watchers et cie…) dans mon livre à moi, ce n’est pas une ronde qui s’assume… Ce roman est bourré de clichés sur les grosses. L’humour n’est pas toujours très délicat, j’ai trouvé lourd cet humour sur les grosses, souligné à gros traits et pas subtil pour dix sous… Parfois c’était pénible. Par contre, j’ai trouvé l’héroïne pétillante et attachante! Mais malgré tout, j’ai eu du plaisir à lire ce roman, l’écriture ne gagnera pas des prix, mais j’y ai trouvé quelques bons punch. Dans ce genre, j’ai mille fois préféré Le prochain truc sur ma liste de Jill Smolinski.

6.5/10

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La vie en grosse, Mélissa Perron, Éditions de Mortagne, 2009, 174p.

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beerose

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vendredi 18 décembre

Vingt-quatre mille baisers - Françoise De Luca

DeLuca "Le premier amour, ce n’est pas juste un amour, c’est l’éternité."

4e couverture:

Les nouvelles de Vingt-quatre mille baisers explorent la genèse de l’amour. Des petits abandons de l’enfance aux femmes enchanteresses en passant par les élans littéraires qui font voyager, ces textes brefs nous offrent les talismans du cœur et posent une grande question hypnotique : Comment devient-on qui ont est? Avec en filigrane la chanson italienne. Un baume pour le myocarde.

Ce week-end, je suis allée faire du shopping à Montréal et puisque à ce moment-là je lisais un pavé et qu’on sait qu’un gros pavé ça se trimbale mal dans le Métro, j’ai pigé dans ma PAL ce tout petit recueil qui contient neuf jolies nouvelles. Parfait pour mon petit sac à main!

C’est confirmé, j’aime beaucoup les recueils de nouvelles! J’ai tout d’abord été attirée par la couverture de ce livre, n’est-ce pas qu’elle est magnifique!? Ce recueil est rempli de doux souvenirs, de musique italienne, d’amour pour les voyages et de passion pour la littérature. C’est chaleureux, enveloppant. J’ai souligné (dans mon cahier bien sûr!) tout plein de petits passages, des petites perles d’écriture qui font de ce livre un vrai bijou.

9/10

Extraits :

"La petite fille grandit dans la musique verte des mots. Elle grandit dans les livres, elle grandit au dehors. La langue et la nature ont la même respiration. Elles habitent le même désir. Elles sont son chez-elle, sa demeure ouverte." p.15

"J’ai respiré longtemps dans les mots d’un poète." p.31

"J’aime les livres neufs, leur épaisseur compacte, leur odeur. J’aime m’émerveiller de ce qu’ils ne disent pas encore. Ouvrir un livre neuf, c’est comme marcher dans la neige qui n’a pas encore été foulée." p.42

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Vingt-quatre mille baisers, Françoise De Luca, Marchand de feuilles, 2008, 102p.

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bee_my_lover

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vendredi 14 août

Hamaguri - Aki Shimazaki

hamaguri4e couverture:

Je prends deux coquilles et j’essaie de les joindre, mais elles n’appartiennent pas à la même paire. Je les dépose par terre. ELLE continue. Puis ce sera mon tour. Ainsi, nous répétons le jeu jusqu’à ce que nous ayons reformé les dix coquillages.

Aujourd’hui, ELLE a trouvé sept paires et moi, j’en ai trouvé trois. ELLE m’a dit : « chez les hamaguri, il n’y a que deux parties qui vont bien ensemble. »

Dans le deuxième tome de la pentalogie Le poids des secrets: Hamaguri, Aki Shimazaki nous raconte la même histoire que dans son précédent roman, Tsubaki, mais cette fois avec les yeux d'un autre personnage. J'ai trouvé intéressant de voir les différentes facettes que peut avoir une même histoire, dépendamment des yeux avec laquelle on la regarde. Hamaguri est une histoire triste et mélancolique, écrite dans le style pur, simple et très élégant qui m'avait séduite dans le premier tome. Envoûtant.

8/10

Pour certains qui se posent la question, malgré qu'elle soit née au Japon, Aki Shimazaki est considérée comme une auteure québécoise d'origine japonaise.

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Hamaguri, Aki Shimazaki, Leméac/Actes-Sud, 2000, 109p.

bee_miel

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lundi 10 août

Tsubaki - Aki Shimazaki

Tsubaki4e couverture:

Le jour où la bombe atomique tomba sur Nagasaki, je me levai à cinq heures. Ma mère restait de nouveau chez sa cousine au centre-ville. Mon père dormait. Je mélangeai le cyanure de potassium au contenu des trois derniers papiers en cellophane pliés dans la boîte qui contenait le médicament de mon père et je partis. Je ne savais pas où aller. Je commençai à marcher vers le nord. Je n’avais rien apporté à manger ni à boire...                                

Tsubaki est un roman aussi court que passionnant, à la fois intimiste et historique. Il nous permet une incursion dans la culture japonaise de l'époque de la seconde guerre mondiale. Malgré le sérieux de l'histoire, le roman est écrit de façon très simple et accessible. Le style minimaliste et lyrique d'Aki Shimazaki, m'a beaucoup plu. Le roman est empreint d'une atmosphère particulière lié à la retenue des émotions, atmosphère qui est souvent présente dans la littérature japonaise. Un très joli moment de lecture.

8/10

Née au Japon, Aki Shimazaki a immigré au Canada en 1981 et vit à Montréal depuis 1991. Elle écrit ses romans directement en français. Tsubaki est le premier volet de sa pentalogie Le Poids des secrets qui comprend également Hamaguri, Tsubame, Wasurenagusa et Hotaru.

Tsubaki, Aki Shimazaki, Leméac/Actes-Sud, 1999, 121p.

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bee

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mercredi 05 août

La maison des temps rompus - Pascale Quiviger

Quiviger      You will lose only what you can’t let go of

4e couverture:

Ma maison est aussi proche de la mer qu’une maison peut l’être avant de devenir un bateau.

Par un lumineux jour de printemps, une jeune femme trouve la maison de ses rêves, entourée d’un jardin luxuriant, d’une effarante beauté, et qui regarde la mer de son unique fenêtre, semblable à un œil écarquillé.

Elle décide d’y emménager. Mais comment se fait-il que le paysage se transforme et que ses proches n’arrivent pas à trouver le sentier qui mène à sa maison?

Dans sa solitude, la jeune femme se remémore l’amitié intense unissant deux êtres aux noms de lumière : Lucie et Claire. Entremêlant la vie quotidienne à l’imaginaire, elle dessine toute une galerie de visages de femmes : mère, fille, sœur, aide, confidente. Chacune est reliée aux autres par des liens complexes. Chacune est une incarnation singulière des raisons que nous avons d’espérer et de combattre, d’aimer et de rêver, d’accueillir et de porter secours.

On ne sort jamais indemne d’une telle lecture… La force des mots, des images, de l’imaginaire de l’auteur font de la lecture de ce roman un moment de grâce. Je n’en dis pas plus, de peur de vous gâcher la découverte de cette histoire. Pascale Quiviger a écrit deux autres romans, Le cercle parfait et Ni sols ni ciels que je vais m’empressée de lire aussi. J’aime la littérature québécoise quand elle met sur mon chemin des petits livres comme celui-ci, ça me réconcilie avec la lecture de mon pays qui m’a trop souvent déçue… À lire, à lire, à lire!

Pour les lecteurs français, ne vous fiez surtout pas à la couverture de l’édition française, elle est d’une laideur atroce! Ce qui compte, c’est la beauté du texte…

9/10

Extraits :

" À l’est le ciel vibrait d’une vague phosphorescence. Dans le jardin, chaque brin d’herbe, chaque branche, chaque toile d’araignée était minutieusement souligné de rosée, comme si les fées étaient passées avec un crayon mouillé pour pointiller les choses vivantes. Ce calme bonheur du jardin ensommeillé tranchait sur mon anxiété, comme pour la contredire ou pour m’insuffler un peu de courage. " p. 35

" Je voulais une maison pour qu’elle m’avale. Je me souviens avoir pensé : j’aimerais tant être nulle part. « En vente, bord de mer » est la maison des temps rompus. C’est le lieu concocté par ce qui, en moi, demeure capable de vision, de guérison et d’espoir. Je n’ai pas d’autres mots pour le dire. " p. 52

Un coup de cœur pour cuné et Clarabel a adoré elle aussi!

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La maison des temps rompus, Pascale Quiviger, Boréal, 2008, 237p.

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mardi 26 mai

La Ballade de Baby - Heather O'Neill

ballade_baby

"L'enfance est le cadeau le plus précieux qu'on vous retire."

4e couverture:

C'est l'histoire de Baby, une môme des villes qui grandit trop vite et comme elle peut dans un environnement hostile et solitaire. Il y a bien Jules, son père intermittent, trop gamin pour lui assurer la stabilité d'un foyer et trop junky pour la protéger des dangers du dehors. À chaque rechute, il déménagent, d'hôtels borgnes en appartements miteux, dans les quartiers les plus sombres de Montréal. Alors, quand la lumière s'éteint, Baby essaie de s'inventer. Mais c'est dur dans la rue d'éviter les pièges pour une gamine de douze ans parce que "les autres essaient sans cesse de vous arracher à l'enfance à coups de pied". Volontaire et résistante, Baby ne veut surtout pas passer de l'autre côté, pourtant, en toute innocence, elle va se laisser aspirer vers des expériences de plus en plus extrêmes. La Ballade de Baby est une méditation sensible sur le royaume de l'enfance, le pouvoir de l'esprit et la part de liberté que chacun porte en soi.

Ce roman, en partie autobiographique, raconte le sort de trop d'enfants vivant dans les quartiers défavorisés de Montréal vu par les yeux de Baby, une jeune fille de 12 ans. Malgré toute la misère du monde qui l'entoure, elle garde son innocence et sa candeur d'enfant et surtout, elle garde espoir d'une vie meilleure. C'est un roman glauque, noir et très sale. On y côtoie des personnages miséreux, au bord de la déchéance. J'ai beaucoup, beaucoup aimé ce roman. C'est difficile, déchirant même, de voir la pauvre Baby courir tête baissée dans ce monde hostile, à la recherche de miettes d'amour et d'un peu de tendresse. Un tout petit bémol, la traduction "à la française" m'a un peu dérangé puisque c'est un roman québécois (écrit en anglais) se déroulant à Montréal. J'ai eu l'impression que l'histoire perdait un peu de sa magie puisque Montréal fait partie intégrante de l'histoire. À la limite un français plus international aurait été mieux approprié. Mais tout de même, j'ai vraiment apprécié cette ballade avec Baby. Un premier roman magnifique pour Heather O'Neill. À lire!

9.5/10

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Extraits:

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"Soudain, je me suis rendu compte que je voulais que tout redevienne comme quand j'était petite. Une môme ne sait pas qu'elle habite un appartement merdique. Pour elle, une chaise est une chaise, même si elle est branlante. Une fleur sauvage qui pousse entre deux pavés du trottoir, devant son immeuble, est un jardin. Elle croit que la chanson que fredonne son père ou sa mère le soir est un grand air d'opéra, le plus tragique qui soit. Lorsque vous êtes très jeune, il ne vous vient jamais à l'esprit que ce que vos parents ont à vous offrir n'est pas suffisant." p.213-214

"De toute façon, quand on n'a pas d'avenir, il paraît que le temps n'existe pas." P.220

"On ne peut pas transformer un enfant qui a des mauvais souvenirs en un enfant qui en a des bons. Un travailleur social vraiment efficace aurait été celui qui aurait pu remonter le temps et effacer les mauvais traitements que la plupart des gosses avaient subis." p. 221

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La Ballade de Baby, Heather O'Neill, Éd. 10/18, 2008, 377p.

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