L'aBeiLLe ViReVoLte De PaGe eN PaGe

Des mots, de la culture, de la littérature...en pleine nature.

mardi 27 octobre 2009

Le coeur cousu - Carole Martinez

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4e couverture:

Dans un village du sud de l'Espagne, une lignée de femmes se transmet depuis la nuit des temps une boîte mystérieuse... Frasquita y découvre des fils et des aiguilles et s'initie à la couture. Elle sublime les chiffons, coud les êtres ensemble, reprise les hommes effilochés. Mais ce talent lui donne vite une réputation de magicienne, ou de sorcière. Jouée et perdue par son mari lors d'un combat de coqs, elle est condamnée à l'errance à travers une Andalousie que les révoltes paysannes mettent à feu et à sang. Elle traîne avec elle sa caravane d'enfants, eux aussi pourvus - ou accablés - de dons surnaturels. Carole Martinez construit son roman en forme de conte : les scènes, cruelles ou cocasses, témoignent du bonheur d'imaginer. Le merveilleux ici n'est jamais forcé : il s'inscrit naturellement dans le cycle de la vie.

Oh-My-Man! Quel choc, quel coup de poing, quel coup au cœur! Ce petit bijou de roman fait incontestablement parti de mon top 5! Wow! Je suis subjuguée par le talent de Carole Martinez, son univers m’a tout simplement fascinée! Il m’a littéralement scotchée sur mon transat une journée entière! (je l’ai lu lors de mon séjour en Grèce sur une plage de l’île de Mykonos). J’ai quitté la plage seulement après avoir tourné la dernière page, le roman en compte tout de même 442! Le soleil était couché depuis longtemps quand, le cœur serré, j’ai lu la dernière page, la dernière phrase, le dernier mot… Ahhh, ce fut pénible de quitter cette histoire, ces mots…

J’aurais voulu laisser quelques extraits mais je suis incapable de ne choisir que quelques passages de ce roman fabuleux, j’aurais pu mettre le roman entier! Je vous invite plutôt à le lire, si ce n’est déjà fait…

10/10

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Pour d'autres avis, faites un saut chez Blog-O-Book.

Et une entrevue géniale avec l'auteur chez Géraldine. Merci! :o)

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Le Coeur cousu, Carole Martinez, Gallimard, Folio, 2007, 442p.

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dimanche 12 juillet 2009

La Femme en vert - Arnaldur Indridason

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4e couverture:

Dans une banlieue de Reykjavik, au cours d’une fête d’anniversaire, un bébé mâchouille un objet qui se révèle être un os humain. Le commissaire Erlendur et son équipe arrivent et découvrent sur un chantier un squelette enterré là, soixante ans auparavant. Cette même nuit,  Eva Lind, la fille d’Erlendur, appelle son père au secours sans avoir le temps de lui dire où elle est. Il la retrouve à grand-peine dans le coma et enceinte. Erlendur va tous les jours à l’hôpital rendre visite à sa fille inconsciente et, sur les conseils du médecin, lui parle, il lui raconte son enfance de petit paysan et la raison de son horreur des disparitions.

L’enquête nous est livrée en pointillé dans un magnifique récit violent et émouvant, qui met en scène, à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, une femme et ses trois enfants. Une femme victime d’un mari cruel qui la bat, menace ses enfants et la pousse à bout…

Je poursuis ma découverte des romans d'Arnaldur Indridason et je dois dire que celui-ci franchement est un des meilleurs romans policiers que j'ai lu! Je l'ai lu d'une traite en une seule journée. J'ai aimé La Cité des Jarres, mais j'ai adoré celui-ci! J'ai retrouvé l'inspecteur Erlendur, notre héros tourmenté, avec un franc plaisir! Indridason a un talent fou pour créer les ambiances propices au roman policier et surtout des personnages que l'on ne peut pas oublier. Nous en apprenons un peu plus sur les démons d'Erlendur ce qui le rend encore plus touchant et humain.

La construction du roman m'a beaucoup plu, c'est à mon avis un des points forts de La femme en vert. Trois histoires sont racontées en parallèle, l’histoire personnelle d’Erlendur, le récit de la vie d’une famille dont la femme est battue par son mari et l’enquête que mène l'inspecteur et ses fidèles collaborateurs Sigurdur Oli et Elinborg. L'intrigue nous fait naviguer entre le passé et le présent avec une efficacité redoutable. Une histoire triste, noire, violente qui donne envie de baisser les yeux, de détourner la tête pour ne pas être témoin de cette douleur, de cette cruauté.

10/10

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Pour tout plein d'autres avis visitez: Blog-O-Book

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La femme en vert, Arnaldur Indridason, Métailié, 2006, 298p.

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samedi 16 mai 2009

Les âmes brûlées - Andrew Davidson

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"L'amour est aussi fort que la mort, aussi dur que l'Enfer."

La mort sépare l'âme du corps,

Mais l'amour sépare toute chose de l'âme.

                              Maître Eckhart, mystique allemand

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4e couverture:

Que feriez-vous si vous vous réveilliez sur un lit d'hôpital, le corps brûlé et couvert de cicatrices? Il ne vous resterait qu'à attendre la mort. À moins qu'un ange passe votre porte…

C'est le destin hors norme du héros des Âmes brûlées. L'accident terrible qui le met sur la voie mystique de sa rédemption.

Et le début d'une aventure hallucinante, du Moyen Âge à nos jours, de l'enfer à l'amour.

Gravement brûlé à la suite d'un accident de la route, le narrateur doit tout oublier de sa vie d'avant et recommencer à zéro. Durant sa convalescence à l'hôpital, il reçoit la visite de la mystérieuse et énigmatique Marianne Engel qui dit l'avoir connu dans un monastère allemand au cours du 14e siècle… Au cours de ses visite, elle lui raconte son histoire…

Un histoire incroyable mêlant légendes médiévales, amour, religion, qui oscille entre folie et fantastique. Tout comme le narrateur, dont on ne saura jamais le nom, on est complètement envouté par le récit de Marianne Engel. Les âmes brûlées est le premier roman de l'auteur Andrew Davidson et surement pas son dernier! Un auteur de grand talent et à l'imagination fertile. Un livre tout simplement magnifique. On ne ressort pas indemne d'une telle lecture… Total coup de cœur!

10/10

Elles en parlent beaucoup mieux que moi: La Liseuse et Karine :)

Et le site du livre qui vaut le détour!

Extrait:

"J'ai parfois l'impression qu'il y a quelque chose de profondément contraire à la nature même de l'homme dans le fait d'écrire, en particulier de la poésie. En proie à des accès de paranoïa due à la cocaïne, il m'arrivait de brûler mes cahiers de poésie et de regarder les pages se consumer une à une, les flammes crachant en l'air de petits flocons gris. Tandis que mes mots de cendre s'envolaient vers les cieux, je me sentais rassuré de savoir que ma personnalité profonde était à nouveau à l'abri: la meilleure équipe médico-légale du FBI n'arriveraient pas à reconstituer mes émotions. Dissimuler mes émotions les plus sincères dans mes écrits avait ce ci de beau que je pouvais les incinérer sans prévenir." P. 189

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Les âmes brûlées, Andrew Davidson, Plon, 2009, 502p.

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dimanche 3 mai 2009

Le Prince des Marées - Pat Conroy

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« L’histoire de ma famille était une histoire d’eau salée, de bateaux et de crevettes, de larmes et de tempêtes. »

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4e couverture:

Tom, Luke et Savannah ont grandi au paradis, dans le sud faulknérien, sur la petite île de Melrose où leur père pêchait et leur mère régnait par sa beauté. Comment survivre à tant de bonheur et de poésie ? Leur enfance éblouie et perdue préfigure les drames inévitables de l'âge adulte. Parce qu'ils refusent de mûrir, de vieillir, leurs rêves d'art, d'exploits, de justice vont se heurter à la brutalité du monde réel. La géniale et tragique Savannah et ses frères affrontent l'amour, la solitude et la peur de vivre avec une ironie désespérée. De leurs blessures inguérissables naissent des fous rires sans fin et une immense tendresse.

Entre l'émotion et la vivifiante intelligence, "Le Prince des Marées" est un de ces livres magiques qui peuvent vous briser le coeur, un de ceux que l'on n'oublie jamais.

Vous est-il déjà arrivé d’étirer la lecture d’un roman parce que vous craignez le moment où il sera terminé, où vous auriez tourné la dernière page? C’est ce qui m’est arrivé avec ce magnifique roman de Pat Conroy. J’ai été profondément émue par cette histoire familiale. L’odeur des crevettes, les embruns salés des marécages m’ont accompagné tout au long de ma lecture. Je me suis rarement autant attachée à un personnage qu’à ce Tom Wingo de Colleton, Caroline du Sud. Cet homme brisé, écorché, souffrant, mais qui garde espoir malgré tout, j’aurais eu envie de lui posé sa tête sur mes genoux et de lui caresser les cheveux. Il y a aussi beaucoup de tendresse, d’humour et de dérision dans cette histoire. Pat Conroy, délicatement et sans prétention, nous offre une œuvre magistrale, toute en finesse et sensibilité. Un roman tout simplement inoubliable.

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10/10

Extraits:

« De ses erreurs passés, elle avait tiré et codifié une éthique naturelle : l’amour n’était pas la demoiselle d’honneur obligée du désespoir; l’amour n’impliquait pas la souffrance. Forte de se savoir, elle était revenue tranquillement à la vie qu’elle avait abandonnée. Chaque fois que mon père nous battait, ma mère disait : « C’est seulement parce qu’il vous aime qu’il a frappé. » Chaque fois qu’elle-même nous tapait avec sa brosse à cheveux, son manche à balai ou ses mains nues, elle le faisait au nom et sous le signe de l’amour. […] Mais ma grand-mère rapporta de ses lointains voyages une doctrine révolutionnaire : L’amour ignore les larmes; il ignore les poings. L’amour ne laisse pas de bleus, il ne fait pas saigner. Au début, nous nous dérobâmes tous les trois lorsqu’elle voulut nous serrer dans ses bras, nous prendre sur ses genoux. Tolitha caressa nos visages, nos cheveux. Elle nous embrassa jusqu’à nous faire ronronner comme des chatons. Elle chantait nos louanges par des refrains de son invention. Elle nous disait que nous étions beaux. Elle nous disait que nous étions extraordinaire et que nous accomplirions de grandes choses. » p.201-202

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« Je vécus mon enfance persuadé qu’un jour mon père me tuerait. Mais je vivais dans un monde où l’on n’expliquait rien aux enfants, sauf la suprématie du concept de loyauté. J’appris de ma mère que la loyauté était la façon de faire bonne figure quand on fondait toute sa vie sur une accumulation de mensonges insignes. » p.208

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« Ce que je sais de l’amour humain, je le tiens d’abord de mes parents; chez eux, l’amour était privation et dessèchement. Mon enfance fut placée sous le sceau du danger, du désordre et des menues mises en garde. » p.372

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Le Prince des Marées, Pat Conroy, Presses de la Renaissance (France-Loisirs), 1988, 851p.

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samedi 14 mars 2009

Les carnets de Douglas - Christine Eddie

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4e couverture:

Le même jour, deux adolescents parviennent à fuir un destin qui les aurait emmurés. Ils se trouvent, deux ans plus tard, à Rivière-aux-Oies, un village beaucoup trop discret pour figurer sur une carte. Au cœur de la nature généreuse et sauvage, ils s’aiment, à l’abri des rugissements du vingtième siècle. Jusqu’à ce que la vie, comme d’habitude, fasse des siennes.

Fondu au blanc.

Les années passent, Rivière-aux-Oies se métamorphose avec, en arrière-plan, une révolution à peine tranquille et le saccage des bétonnières. Une famille singulière s’improvise, malgré les ragots et en dépit des blessures. Dans la maison du docteur, les liens se tissent avec tendresses. Un médecin au cœur rafistolé, une institutrice au nom imprononçable et une enfant surgie des bois vont peut-être permettre à Douglas d’entendre enfin la réponse du vent.

Une passion comme au cinéma, qui se déploie à l’ombre d’un arbre, d’une clarinette et de la beauté fragile du monde.

Je me retrouve sans voix devant ce magnifique premier roman de Christine Eddie. Il m’est très difficile de parler de mon ressentiment après la lecture de ce livre qui est venu me cherche au plus profond de mon âme. J’ai été happée par ce récit d’une belle histoire d’amour. Le style épuré et poétique de l’auteur m’ont énormément plu. Les chapitres courts se lisent d’une traite et nous envoûtent. Les thèmes abordés; l’amour, la musique et la nature ont tout pour me plaire. Un roman intense, doux et beau. Je ne peux que vous inciter à le lire!

10/10

Je vous laisse avec deux magnifiques passages du roman qui m'ont beaucoup émue.

« Eh bien oui, quelquefois l’amour sait être grandiose.

Pour Douglas, Éléna choisit le corps qui lui allait le mieux. Elle demanda à l’humidité de lui boucler encore plus les cheveux et au soleil de lui colorer les joues. L’eau de la rivière lui adoucissait la peau et la lumière égayait ses yeux. Elle enfila ses jambes du dimanche et se vêtit de ses plus beaux seins. Elle s’accrocha à la bonne humeur et son rire se mit à retentir en écho dans la forêt. Aimer Douglas la rendit plus heureuse.

Pour Éléna, Douglas déverrouilla son âme. Timidement d’abord, puis avec confiance, comme une fenêtre qui s’ouvre lentement sur la mer. Il vida devant elle ses vieux tiroirs, laissant s’envoler ses craintes, une à une, libérées du tourment où il les avait tenues enfermées. Il dépoussiéra sa solitude. Avec l’aide de Mozart, de Liszt, de Schumann et de Debussy, il lui fit cadeau d’une tendresse empreinte de grâce. Et, entre les pages jaunies de ses livres de poésie, il trouva les mots de l’amour. Aimer Éléna rendit Douglas plus humain. » p. 61

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« Il était comme ça, Douglas, quand il était l’amoureux d’Éléna. Il lui raccommodait l’âme avec des phrases inattendues, pleine de miel, et elle finissait par oublier une fois pour toutes sa vieille rancune de Saint-Lupien. Il avait cette façon bien à lui, gentille et empressée, de lui faire croire à tout ce en quoi elle voulait croire. Même la nuit, quand la forêt devenait intimidante et se couvrait de noir foncé.

-Tu es mon gouvernail. Reste avec moi, bouclette.

Mon gouvernail, ma boussole, mon paratonnerre. C’était tout lui, ça. N’avoir pas parlé durant vingt ans et connaître soudain un dictionnaire entier de mots d’amour. Enrubanner Éléna de formules remplies à ras bord. La soulever d’une phrase, l’installer au sommet du ravissement et ne rien faire pour qu’elle en redescende. La nommer comme on baptise une terre longuement convoitée, finalement conquise. C’était beaucoup plus fort que lui. Parce qu’elle avait le soleil qui lui éclaboussait la figure. Surtout la nuit. » p.67-68

Les carnets de Douglas, Christine Eddie, Alto, 2007, 198p.

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vendredi 9 janvier 2009

No et moi - Delphine de Vigan

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Adolescente surdouée, Lou n’est pas comme les autres camarades de sa classe. Elle n’a que 13 ans mais elle est déjà en seconde, elle est timide, a un gabarit minuscule et se sent très seule. Chez elle l’ambiance est morose. Sa mère dépressive depuis la mort subite de sa petite sœur est murée dans son chagrin, elle ne parle plus, agit comme une automate. Son père, impuissant, fait ce qu’il peut pour « sauver les apparences » sans y arriver vraiment. Lou rencontre No, une SDF, par hasard à la Gare Austerlitz où elle traîne après les cours pour regarder les retrouvailles des passagers. En classe, elle propose de faire un exposé sur les SDF. Lou va chercher le contact avec No et essayer de l'apprivoiser. Après son exposé, Lou décide de sauver No envers et contre tous et de lui donner une famille en l'amenant chez elle. Ses efforts sont touchants, mais elle se fera rattraper par la dure réalité...

Ce roman est tout simplement époustouflant! Il donne la parole à une jeune adolescente de 13 ans, qui est très intelligente, qui réfléchit énormément et pose beaucoup trop de questions. Lou a une personnalité attachante, et c’est avec beaucoup d’intérêts qu’on la suit dans sa démarche pour sauver No, qui va s’avérer plus difficile qu’elle ne s’y attend. Cette expérience va lui apprendre à grandir, à se connaître et à aller plus facilement vers les autres. Un très beau livre qui suscite des réflexions sur l'individu, la solitude, l'amitié et l'humanité. Il ne bascule jamais dans le mélo, ni le sordide. C’est un livre superbe, touchant, émouvant.

10/10

Extrait:

"Je ne savais pas comment lui dire au revoir, s'il fallait dire madame ou mademoiselle, ou si je devais l'appeler No puisque je connaissais son prénom. J'ai résolu le problème en lançant un au revoir tout court, je me suis dit qu'elle n'était pas du genre à se formaliser sur la bonne éducation et tous ces trucs de la vie en société qu'on doit respecter. Je me suis retourner pour lui faire un petit signe de la main. elle est restée là, à me regarder partir, ça m'a fait de la peine parce qu'il suffisait de voir son regard, comme il était vide, pour savoir qu'elle n'avait personne pour l'attendre, pas de maison, pas d'ordinateur, et peut-être nulle part où aller." p.20

"Parler je n'aime pas trop ça, j'ai toujours l'impression que les mots m'échappent, qu'ils se dérobent, s'éparpillent, ce n'est pas une question de vocabulaire ni de définition, parce que des mots j'en connais pas mal, mais au moment de les dire ils se troublent, se dispersent, c'est pourquoi j'évite les récits et les discours, je me contente de répondre aux questions que l'on me pose, je garde pour moi l'excédent, l'abondance, ces mots que je multiplie en silence pour approcher la vérité." p.30

No et moi, Delphine de Vigan, JC Lattès, 2007, 285p.

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samedi 15 novembre 2008

La petite voix du coeur - Billie Letts

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À 17 ans, enceinte de 7 mois et avec 7,77$ en poche, Novalee Nation est abandonnée par son petit ami sur le parking d’un Wal-Mart au fin fond de l’Arkansas alors qu'ils roulent vers un avenir meilleur sous le chaud soleil de la Californie. Sans un sou en poche et sans personne pour l'aider, Novalee n'aura d’autre solution que s'installer dans le supermarché et y vivre cachée jusqu'à la naissance de son bébé. Pendant deux mois, elle va croiser des personnages hauts en couleur, des êtres généreux qui deviendront des amis, et petit à petit la famille qu'elle n'a jamais eue et qu'elle souhaite ardemment pour sa petite fille.

J'ai eu un profond coup de coeur pour la magnifique histoire de Novalee Nation. C'est le genre de roman impossible à reposer tellement on est happé par l'histoire vécue par les personnages.  Le point fort de ce roman, ce sont vraiment tous ces superbes personnages fort attachants et sympathiques. Billie Letts sait parler de personnes ordinaires en les rendant extraordinaires. On les suit, avec de la tendresse et de la compassion dans les yeux, on est ému devant leurs peurs, leurs troubles, leurs joies parce que l'auteur parvient à les rendre, à travers les pages de son roman, bien vivants dans notre esprit. Le roman berce son lecteur de bout en bout. Il est attendrissant, à la fois drôle et grave, et surtout empreint d'une grande sensibilité.

10/10

Extraits:

"Il savait qu'elle avait ramené ses cheveux en arrière et les avait maintenus à l'aide d'un peigne en argent, de même il savait qu'elle portait une robe d'un demi-ton plus foncé que les glycines, mais, jusqu'à ce qu'il ouvre la porte, il ne savait pas que sa chevelure sentirait le chèvrefeuille, ni que la lumière tamisée donnerait aux paillettes vertes de ses yeux la teinte des saules aux premiers jours du printemps." p.74

"Certaine Blancoton avait un halo argenté de cheveux, la peau cuivré semé de taches de rousseur sur l'arête du nez. Quand elle souriait, ses yeux d'un vert cendré à peine plus clair que la sauge capturaient la lumière et brillaient comme du verre clair éclaboussé de pluie." p.154

La petite voix du coeur, Billie Letts, Belfond, 1996, 331p.

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lundi 13 octobre 2008

Le livre de Joe - Jonathan Tropper

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Joe Goffman est devenu auteur à succès grâce à un premier roman autobiographique où il règle ses comptes avec les habitants de sa ville natale Bush Falls. Haïs par tout les habitants de la ville qui lui ont même intenté un procès pour diffamation qu'ils ont perdu, l'auteur revient au bercail après dix-sept ans d'absence pour être au chevet de son père plongé dans le coma.

L'accueil qui lui est fait par ses proches et les habitants de Bush Falls le font réfléchir, ce qui le fait revenir à ses souffrances d'adolescent; sa mère s'est suicidée, il se sent de trop entre son père et son frère qui ne pensent qu'aux matchs de basket et devenir champions, lui ça ne l'intéresse nullement, il passe son temps en compagnie de ses deux meilleurs amis mais eux-ci ne trouvent rien de mieux que d'afficher leur homosexualité créant des remous dans cette petite ville très conservatrice. Un drame surgira suite à l'annonce de l'homosexualité des deux jeunes, ce qui changera à jamais la vie de Joe et ses amis. C'est lors de son retour à la maison qu'il retrouve l'un de ses amis qui est malade du Sida. Les événements vont l'obliger à se remettre en question...

Un très beau livre bouleversant où l'amitié, la solidarité et la réussite dominent, mais où on retrouve aussi les préjugés, l'hostilité, la méchanceté et le mépris. J'ai embarqué à fond dans ce roman! C'est le genre d'histoire qui me plaît énormément. Les personnages sont très attachants. Une écriture et un style résolument masculin. Même qu'au départ l'auteur croyait écrire un roman dédié à un lectorat masculin, il a été bien surpris d'apprendre qu'autant de femmes avaient apprécié son bouquin. Ça me plaît beaucoup d'entrer dans l'univers des hommes. De comprendre ce qu'ils pensent, ce qu'ils ressentent. Finalement de les connaître un peu mieux à travers les romans.

10/10

Le livre de Joe, Jonathan Tropper, 10/18, 2007, 412p.

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