dimanche 18 octobre

Dimanche poétique

Je suis très heureuse de vous retrouver pour ce dimanche poétique, c’est qu’ils m’avaient manqués ces instants de poésie! J’ai envie de vous faire découvrir un poème d’Aimé Césaire tiré du recueil Les Armes miraculeuses.

Prophétie

Un poème d’Aimé Césaire

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où l'aventure garde les yeux clairs

là où les femmes rayonnent de langage

là où la mort est belle dans la main comme un oiseau

saison de lait

là où le souterrain cueille de sa propre génuflexion un luxe

de prunelles plus violent que des chenilles

là où la merveille agile fait flèche et feu de tout bois

là où la nuit vigoureuse saigne une vitesse de purs végétaux

là où les abeilles des étoiles piquent le ciel d'une ruche

plus ardente que la nuit

là où le bruit de mes talons remplit l'espace et lève

à rebours la face du temps

là où l'arc-en-ciel de ma parole est chargé d'unir demain

à l'espoir et l'infant à la reine,

d'avoir injurié mes maîtres mordu les soldats du sultan

d'avoir gémi dans le désert

d'avoir crié vers mes gardiens

d'avoir supplié les chacals et les hyènes pasteurs de caravanes

je regarde

la fumée se précipite en cheval sauvage sur le devant

de la scène ourle un instant la lave

de sa fragile queue de paon puis se déchirant

la chemise s'ouvre d'un coup la poitrine et

je la regarde en îles britanniques en îlots

en rochers déchiquetés se fondre

peu à peu dans la mer lucide de l'air

où baignent prophétiques

ma gueule

ma révolte

mon nom.

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Pour connaître tous les participants de ce dimanche poétique rendez-vous sur le blog de Celsmoon!

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drolebeefly

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dimanche 13 septembre

Dimanche poétique

Pour ce dimanche poétique, j'avais envie de vous faire découvrir un des plus grands poètes québécois, Gaston Miron . Je suis curieuse de voir ce que Celsmoon a choisi de nous présenter, et vous?

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Plus belle que les larmes

Un poème de Gaston Miron

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Jeune fille plus belle que les larmes

qui ont coulé plus qu'averses d'avril

beaux yeux aux ondes de martin-pêcheur

où passaient les long-courriers de mes désirs

mémoire, ô colombe dans l'espace du coeur

je me souviens de sa hanche de navire

je me souviens de ses épis de frissons

et sur mes fêtes et mes désastres

je te salue toi la plus belle

et je chante

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beef_e

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dimanche 06 septembre

Dimanche poétique

Un peu de poésie en ce dimanche ensoleillé. Je vous présente aujourd'hui un magnifique poème de Pablo Neruda, mon poète favori.

Celsmoon pour sa part, a choisi de nous faire découvrir un poème tiré de la correspondance entre Musset et Sand. Elle recense aussi toutes les participantes des dimanche poétiques. Joignez-vous à nous!

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Poème XVIII – Vingt poèmes d'amour

Un poème de Pablo Neruda

Aquí te amo.

En los oscuros pinos se desenreda el viento.

Fosforece la luna sobre las aguas errantes.

Andan días iguales persiguiéndose.

Se desciñe la niebla en danzantes figuras.

Una gaviota de plata se descuelga del ocaso.

A veces una vela. Altas, altas estrellas.

O la cruz negra de un barco.

Solo.

A veces amanezco, y hasta mi alma está húmeda.

Suena, resuena el mar lejano.

Este es un puerto.

Aquí te amo.

Aquí te amo y en vano te oculta el horizonte.

Te estoy amando aún entre estas frías cosas.

A veces van mis besos en esos barcos graves,

que corren por el mar hacia donde no llegan.

Ya me veo olvidado como estas viejas anclas.

Son más tristes los muelles cuando atraca la tarde.

Se fatiga mi vida inútilmente hambrienta.

Amo lo que no tengo. Estás tú tan distante.

Mi hastío forcejea con los lentos crepúsculos.

Pero la noche llega y comienza a cantarme.

La luna hace girar su rodaje de sueño.

Me miran con tus ojos las estrellas más grandes.

Y como yo te amo, los pinos en el viento,

quieren cantar tu nombre con sus hojas de alambre.

***

Ici je t'aime.

Dans les pins obscurs le vent se démêle.

La lune resplendit sur les eaux vagabondes.

Des jours égaux marchent et se poursuivent.

Le brouillard en dansant qui dénoue sa ceinture.

Une mouette d'argent du couchant se décroche.

Une voile parfois. Haut, très haut, les étoiles.

Ô la croix noire d'un bateau.

Seul.

Le jour parfois se lève en moi, et même mon âme est humide.

La mer au loin sonne et résonne.

Voici un port.

Ici je t'aime.

Ici je t'aime. En vain te cache l'horizon.

Tu restes mon amour parmi ces froides choses.

Parfois mes baisers vont sur ces graves bateaux

qui courent sur la mer au but jamais atteint.

Suis-je oublié déjà comme ces vieilles ancres.

Abordé par le soir le quai devient plus triste.

Et ma vie est lassée de sa faim inutile.

J'aime tout ce que je n'ai pas. Et toi comme tu es loin.

Mon ennui se débat dans les lents crépuscules.

Il vient pourtant la nuit qui chantera pour moi.

La lune fait tourner ses rouages de songe.

Avec tes yeux me voient les étoiles majeures.

Pliés à mon amour, les pins dans le vent veulent

chanter ton nom avec leurs aiguilles de fer.

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pablo

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dimanche 30 août

Dimanche poétique

Pour ce dimanche poétique, j'ai choisi un poème tiré du recueil Les Fleurs du Mal du grand Charles Baudelaire. N'hésitez pas à aller voir quel poème Celsmoon a sélectionné pour vous cette semaine!

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Chant d'automne

Un poème de Charles Baudelaire 

I

Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ;
Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !
J'entends déjà tomber avec des chocs funèbres
Le bois retentissant sur le pavé des cours.

Tout l'hiver va rentrer dans mon être: colère,
Haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé,
Et, comme le soleil dans son enfer polaire,
Mon coeur ne sera plus qu'un bloc rouge et glacé.

J'écoute en frémissant chaque bûche qui tombe
L'échafaud qu'on bâtit n'a pas d'écho plus sourd.
Mon esprit est pareil à la tour qui succombe
Sous les coups du bélier infatigable et lourd.

II me semble, bercé par ce choc monotone,
Qu'on cloue en grande hâte un cercueil quelque part.
Pour qui? - C'était hier l'été; voici l'automne !
Ce bruit mystérieux sonne comme un départ.

II

J'aime de vos longs yeux la lumière verdâtre,
Douce beauté, mais tout aujourd'hui m'est amer,
Et rien, ni votre amour, ni le boudoir, ni l'âtre,
Ne me vaut le soleil rayonnant sur la mer.

Et pourtant aimez-moi, tendre coeur! soyez mère,
Même pour un ingrat, même pour un méchant ;
Amante ou soeur, soyez la douceur éphémère
D'un glorieux automne ou d'un soleil couchant.

Courte tâche! La tombe attend; elle est avide !
Ah! laissez-moi, mon front posé sur vos genoux,
Goûter, en regrettant l'été blanc et torride,
De l'arrière-saison le rayon jaune et doux !
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beez

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dimanche 23 août

Dimanche poétique

Nous sommes déjà dimanche, il est donc temps pour un nouveau dimanche poétique! J'ai envie de vous faire découvrir un poème du poète maudit, Paul Verlaine. Allez visiter Celsmoon pour découvrir quel poème elle a choisi de vous présenter!

Soleils couchants

Un poème de Paul Verlaine 

Une aube affaiblie
Verse par les champs
La mélancolie
Des soleils couchants.

La mélancolie
Berce de doux chants
Mon coeur qui s'oublie
Aux soleils couchants.

Et d'étranges rêves,
Comme des soleils
Couchants, sur les grèves,
Fantômes vermeils,

Défilent sans trêves,
Défilent, pareils
A de grands soleils
Couchants sur les grèves.

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soleil

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dimanche 16 août

Dimanche poétique

Celsmoon est l'instigatrice des dimanche poétiques, elle nous invite à publier un poème chaque dimanche pour rendre hommage à cet art. J'ai décidé de suivre le pas et je présente cette semaine un de mes poèmes favoris.

Les feuilles mortes 

Un poème de Jacques Prévert

Oh, je voudrais tant que tu te souviennes,
Des jours heureux quand nous étions amis,
Dans ce temps là, la vie était plus belle,
Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui.
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Tu vois je n'ai pas oublié.
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Les souvenirs et les regrets aussi,
Et le vent du nord les emporte,
Dans la nuit froide de l'oubli.
Tu vois, je n'ai pas oublié,
La chanson que tu me chantais...
C'est une chanson, qui nous ressemble,
Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais.
Nous vivions, tous les deux ensemble,
Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais.
Et la vie sépare ceux qui s'aiment,
Tout doucement, sans faire de bruit.
Et la mer efface sur le sable,
Les pas des amants désunis.
Nous vivions, tous les deux ensemble,
Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais.
Et la vie sépare ceux qui s'aiment,
Tout doucement, sans faire de bruit.
Et la mer efface sur le sable,
Les pas des amants désunis...

sunflwbeeline

Posté par aBeiLLe_ à 20:49 - - Commentaires [8] - Permalien [#]