4e de couverture: 

«Tout à coup j'ai pensé que la vie était belle. Pas belle comme quelque chose que tu observes dans une vitrine et qui ne t'appartient pas, qui ne t'appartiendra jamais et qui te nargue et te dis “Ce n'est pas pour toi, petit”; belle comme quelque chose de sanglant qui te tombe dessus par hasard, qui t'écorche, mais c'est ça la vie quand tu en es le centre, qu'il se passe quelque chose et que cela t'arrive à toi, tu peux dire alors qu'elle est belle, la vie.»

«Si tu passes la rivière, si tu passes la rivière, a dit le père, tu ne remettras plus les pieds dans cette maison». C'est ainsi que commence la poignante histoire de François, jeune paysan naïf et ultra sensible en quête de vérité et de liberté. Prisonnier de son milieu familial rigide et fermé, il passe le plus clair de son temps à garder les cochons auxquels il parle et se confie.

 

François est un jeune garçon naïf élevé sur une ferme par un père froid, sévère mais surtout silencieux. Il ne connaît pas sa mère, ne sait pas même son nom, parce que dans sa famille on tait certaines choses. François ressent une immense solitude, surtout depuis le départ de Maryse, sa sœur bien aimée, qui un beau matin a décidé de traverser la rivière pour ne plus jamais revenir.  Cette rivière qui coule au fond de la cour, comme une frontière infranchissable. Mais avec l’aide du curé Roger, son ami, et des gens du village, François va tranquillement ouvrir son horizon.

Une histoire douce-amère, triste mais lumineuse.

7.5/10

Extraits:

« Ça ne me fait trop rien, l’hiver. Sûr que c’est le printemps que je préfère, sûr ça. Parce que tout y est clair et possible. L’hiver, tu te retires dans le dedans de tout, et ce qui s’est passé durant les saisons d’avant continue à vivre dans ta caboche. Et tu n’as plus qu’à te coller des pulls et des pulls sur la peau pour te réchauffer le cœur. » p. 70

 

« Depuis que les mots me venaient, le silence ne me faisait plus peur, peut-être parce que je savais qu’avec un rien, je pourrais le chasser alors qu’avant, il se collait définitivement à mes os. Le silence avec Fanny était doux, même si je le voyais bien qu’elle n’était pas heureuse ici, comme nous tous que le bonheur avait fuis. » p.124

 

L'avis de Jules et celui de Karine qui ont beaucoup aimé!

 

Si tu passes la rivière, Geneviève Damas, Septentrion, Collection Hamac, 2013, 150p.

 

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