Jeanne_herry

À l’occasion de la mort de Paul, son grand-père bien-aimé, Jeanne se remémore des souvenirs de son enfance. Elle dresse le portrait de sa famille et par le fait même elle réfléchit à sa propre vie.  À 24 ans, Jeanne effectue une première mise au point du chemin parcouru, tout en rendant hommage à ce que sa famille lui a légué de souvenirs et d’amour.

Dans ce livre autobiographique, Jeanne Herry évoque des moments personnels et intimes sur sa vie et sa famille  mais par contre tout est dit de façon très pudique, on devine la retenue de l’auteure. Bien sûr, étant la fille de… c’est plutôt difficile de tout avouer sans barrières ni retenue. Mais, malgré tout, le roman est écrit sans prétention, avec beaucoup d’amour. L’amour d’une enfant pour ses aïeuls. C’est beau.

7/10

Extraits :

« J’aime rouler dans la campagne. Et j’aime bien marcher dans la campagne. Juste pour marcher, pour que la boue colle à mes semelles, pour être fatiguée en rentrant. Il m’est pénible de rester enfermée toute une journée. Il m’est physiquement pénible de ne pas sortir du tout, de ne pas être, ne serait-ce qu’un instant, cet élément mobile, pesant pas à pas et de tout son poids sur le matelas qui recouvre l’écorce terrestre. Une silhouette minuscule, comme un sursaut sur la ligne d’horizon. » p.23

« Je rougis. Je rougis pour prévenir que j’abandonne. Je préviens que j’ai décidé de ne plus être tranquille, de respirer un peu mieux, de laisser l’air circuler où il l’entend. Je tiens à dire que mon air en profite bien. Je donne à voir qu’un souffle de vie me parcourt facilement. Un souffle chaud. Vous voyez, du thorax il parvient sans peine à mes joues. Et vient les allumer, et vous alarmer. Sans fard, la jeune femme en face de vous ressent des choses, rougit beaucoup. Elle rêve de passer un linge frais sur ses pommettes. Elle cale son visage dans la paume de ses mains. » p.36

Jeanne Herry, 80 étés, Gallimard, 2005, 113p.