sepulveda4e couverture:

Lorsque les habitants d'El Idilio découvrent dans une pirogue le cadavre d'un homme blond assassiné, il n'hésitent pas à accuser les Indiens de meurtre. Seul Antonio José Bolivar déchiffre dans l'étrange blessure la marque d'un félin. Il a longuement vécu avec les Shuars, connaît, respecte la forêt amazonienne et a une passion pour les romans d'amour. En se lançant à la poursuite du fauve, Antonio José Bolivar nous entraîne dans un conte magique, un hymne aux hommes d'Amazonie dont la survie même est aujourd'hui menacée.

Le vieux qui lisait des romans d'amour est un roman écologique, une véritable ode à la beauté et à la luxuriance de la forêt amazonienne. À travers les yeux de ce curieux personnage qu'est Antonio José Bolivar on découvre l'impact de la colonisation des tribus primitives de ce petit bout de paradis. Par son écriture, Sepulveda passe sont message de façon fine et intelligente, et surtout pas du tout moralisatrice. Une véritable découverte!

8/10

Extraits:

" Il lisait lentement en épelant les syllabes, les murmurant à mi-voix comme s'il les dégustait, et, quand il avait maîtrisé le mot entier, il le répétait d'un trait. Puis il faisait la même chose avec la phrase complète, et c'est ainsi qu'il s'appropriait les sentiments et les idées que contenaient les pages.

Quand un passage lui plaisait particulièrement, il le répétait autant de fois qu'il l'estimait nécessaire pour découvrir combien le langage humain pouvait aussi être beau." P.35

" Antonio José Bolivar ôta son dentier, le rangea dans son mouchoir et sans cesser de maudire le gringo, responsable de la tragédie, le maire, les chercheurs d'or, tous ceux qui souillaient la virginité de son Amazonie, il coupa une grosse branche d'un coup de machette, s'y appuya, et pris la direction d'El Idilio, de sa cabane et de ses romans qui parlaient d'amour avec des mots si beaux que, parfois, ils lui faisaient oublier la barbarie des hommes." P. 120-121

Le vieux qui lisait des romans d'amour, Luis Sepulveda, Métailié, Point, 1992, 119p.

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