Mister_Pip  "Son arme à lui, c'étaient les histoires."

4e couverture:

Sur une petite île du Pacifique, Mathilda et ses camarades de classe se passionnent pour les aventures vieilles d'un siècle d'un orphelin appelé Pip, dans une ville appelé Londres, qui leur paraît plus réelle que leur propre région à feu et à sang.

Mais dans une île ravagée par la guerre, l'imagination ne protège pas toujours de la folie des hommes.

J'ai eu de la difficulté à entrer dans cette histoire se déroulant dans un petit village sur une île perdue au milieu du Pacifique où la guerre civile fait des ravages. Peut-être est-ce dû au fait que je n'ai jamais lu Les grandes espérances de Dickens (honte à moi), mais ça m'a pris un bon cent pages avant d'embarquer dans l'univers du roman. Je ne réussissais pas à m'identifier aux personnages, ils ne me touchaient guère. J'ai même pensé abandonner, mais j'ai poursuivi coûte que coûte et bien m'en a pris. J'ai carrément dévorer les cents quelques dernières pages. Dès l'instant où les enfants usent de leur imagination et de leurs souvenirs pour réécrire l'histoire de Pip avec l'aide de M. Watts, leur professeur, j'étais conquise.

Mister Pip est de ces romans qui se laissent apprivoiser lentement, tranquillement, page après page. Il est un vibrant hommage au roman Les grandes espérances de Dickens. Une ode à la magie des livres et à tout ce qu'ils peuvent apporter de bon dans nos vie.

8/10

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Extraits:(J'en ai noté des dizaines, je vous en laisse quelques-uns.)

     "Le temps que M. Watts termine le premier chapitre, il me semblait que c'était en fait ce garçon, Pip, qui s'adressait à moi. Ce garçon que je ne pouvais ni voir, ni toucher, mais que je découvrais par lecture interposée. J'avais un nouvel ami.

      Le plus étonnant était l'endroit où je l'avais rencontré: pas dans un arbre, pas en train de bouder dans un coin ombragé ni de jouer dans les ruisseaux des collines, mais dans un livre. Personne ne nous avait dit qu'on pouvait trouver des amis dans un livre. Ni qu'il était possible de se glisser dans la peau d'un autre, ou de voyager dans un pays étranger avec des marais et des méchants qui, à nos oreilles, parlaient comme des pirates". p.34

" Il est très utile de s'entendre rappeler que, même si nous ne connaissons pas le monde entier, nous pouvons l'inventer. Il suffit pour cela d'un peu d'intelligence. p.69

"Grâce aux rêves, le monde a été réinventé plus souvent qu'il n'y a d'étoiles dans le ciel." p.190

"Ce roman  m'avait donné un ami en la personne de Pip. Il m'avait appris que l'on pouvait facilement se glisser dans la peau d'un autre, même quand celle-ci était blanche et appartenait à un garçon qui vivait dans l'Angleterre de Dickens. Si ce n'est pas là de la magie, alors j'ignore ce qui peut prétendre à ce titre." p.233

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Mister Pip, Lloyd Jones, Michel Lafon, 2008, 257p.