la_cite_des_jarres4e couverture:

Pourquoi l’inspecteur Erlendur use-t-il sa mauvaise humeur à rechercher l’assassin d’un vieil homme dans l’ordinateur duquel on découvre des photos pornographiques immondes et, coincée sous un tiroir, la photo de la tombe d’une enfant de quatre ans? Pourquoi mettre toute son énergie à trouver qui a tué celui qui s’avère être un violeur? Pourquoi faire exhumer avec quarante ans de retard le cadavre de cette enfant? À quoi sert cette collection de bocaux contenant des organes baptisée publiquement la Cité des Jarres? Pourquoi nos enfants nous font-ils toujours souffrir? Pourquoi partout dans le monde la vie de flic est toujours une vie de chien mal nourri?

J’aime beaucoup les séries policières, j’en ai lu beaucoup depuis les 10 dernières années et je dois dire que j’en étais un peu blasée. Je trouvais que les intrigues, les personnages, le style se ressemblaient beaucoup, et tout ça manquait un peu de nouveauté. C’était sans compter l’arrivée dans ma vie de l’inspecteur Erlendur venu tout droit de Reykjavik, une ville d’Islande, cette île perdue au milieu de nulle part, à mi-chemin entre l'Écosse et le Groenland.

Erlendur est un bon vieux flic comme je les aime qui a tout de l'anti-héros : solitaire, usé par les années d’un métier qui ronge l'âme, têtu, bourru, abîmé par la vie. Plus tout jeune, il est divorcé et père de deux enfants déjà adultes. Il ne voit plus son fils et il a maille à partir avec sa fille Eva Lind qu’il tente tant bien que mal de sortir de l’enfer de la drogue. Il est bourré de défauts mais il est finalement très attachant. C’est un flic intelligent et persévérant. Il sait se montrer humain et compatissant avec les personnes touchées par l’enquête et veut à tout prix comprendre ce qu'il y a derrière tous les indices semés sur sa route, même si cela peut dérouter et surprendre ses collègues Sigurdur Oli et Elinborg. 

Avec ce premier roman de la série, on plonge dans l’ambiance particulière des polars venus du nord au ton sombre, rude et froid. Indridason montre une facette de l'Islande loin des clichés habituels des brochures touristiques. L’Islande d’Indridason est grise, brouillée par la pluie qui ne cesse jamais. Mais il évite de créer une atmosphère trop lourde. Un très bon polar qui me fait renouer avec le genre!

9/10

La Cité des Jarres, Arnaldur Indridason, Métailié, 2005, 286p.

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