Quiviger      You will lose only what you can’t let go of

4e couverture:

Ma maison est aussi proche de la mer qu’une maison peut l’être avant de devenir un bateau.

Par un lumineux jour de printemps, une jeune femme trouve la maison de ses rêves, entourée d’un jardin luxuriant, d’une effarante beauté, et qui regarde la mer de son unique fenêtre, semblable à un œil écarquillé.

Elle décide d’y emménager. Mais comment se fait-il que le paysage se transforme et que ses proches n’arrivent pas à trouver le sentier qui mène à sa maison?

Dans sa solitude, la jeune femme se remémore l’amitié intense unissant deux êtres aux noms de lumière : Lucie et Claire. Entremêlant la vie quotidienne à l’imaginaire, elle dessine toute une galerie de visages de femmes : mère, fille, sœur, aide, confidente. Chacune est reliée aux autres par des liens complexes. Chacune est une incarnation singulière des raisons que nous avons d’espérer et de combattre, d’aimer et de rêver, d’accueillir et de porter secours.

On ne sort jamais indemne d’une telle lecture… La force des mots, des images, de l’imaginaire de l’auteur font de la lecture de ce roman un moment de grâce. Je n’en dis pas plus, de peur de vous gâcher la découverte de cette histoire. Pascale Quiviger a écrit deux autres romans, Le cercle parfait et Ni sols ni ciels que je vais m’empressée de lire aussi. J’aime la littérature québécoise quand elle met sur mon chemin des petits livres comme celui-ci, ça me réconcilie avec la lecture de mon pays qui m’a trop souvent déçue… À lire, à lire, à lire!

Pour les lecteurs français, ne vous fiez surtout pas à la couverture de l’édition française, elle est d’une laideur atroce! Ce qui compte, c’est la beauté du texte…

9/10

Extraits :

" À l’est le ciel vibrait d’une vague phosphorescence. Dans le jardin, chaque brin d’herbe, chaque branche, chaque toile d’araignée était minutieusement souligné de rosée, comme si les fées étaient passées avec un crayon mouillé pour pointiller les choses vivantes. Ce calme bonheur du jardin ensommeillé tranchait sur mon anxiété, comme pour la contredire ou pour m’insuffler un peu de courage. " p. 35

" Je voulais une maison pour qu’elle m’avale. Je me souviens avoir pensé : j’aimerais tant être nulle part. « En vente, bord de mer » est la maison des temps rompus. C’est le lieu concocté par ce qui, en moi, demeure capable de vision, de guérison et d’espoir. Je n’ai pas d’autres mots pour le dire. " p. 52

Un coup de cœur pour cuné et Clarabel a adoré elle aussi!

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La maison des temps rompus, Pascale Quiviger, Boréal, 2008, 237p.

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