greggio       L'âge n'est qu'une facette de l'être.

4e couverture:

"Toute ma vie, j'ai aimé, bu, mangé, fumé, ri, dormi, lu.  De l'avoir si bien fait, on m'a blâmée de l'avoir trop fait.  Je me suis bagarrée avec les hommes pendant plus de soixante ans.  Je les ai aimés, épousés, maudits, délaissés.  Je les ai adorés et détestés, mais jamais je n'ai pu m'en passer...  La chaleur des hommes, qui m'a si bien enveloppée, ne fait que me rendre plus odieux ce grand froid qui avance.  Il n'y a pas de bras assez puissants pour m'en préserver, dans la nuit qui vient."

                                                                                          

La douceur des hommes est un roman très nostalgique des amours du temps passé. Amours raconté par Fosca, vieille dame rendue à la fin de sa vie, à Constance, jeune femme qu'elle a rencontré, par hasard, à Venise quelques années plus tôt. Simonetta Greggio a mit beaucoup de sensualité dans son écriture, mais je m'attendais à mieux… La langue est plutôt agréable et ça se lit bien. Mais j'avais l'impression de lire une suite d'énumération de rencontres avec les hommes qui ont marqué la vie de Fosca. Et à mon avis, ce personnage manque un peu d'humanité, je l'ai trouvé très artificielle. J'ai beaucoup aimé les 10 premières pages du roman. Dans ces quelques pages, j'ai souligné plein de jolies phrases, mais la suite se gâte et m'a un peu ennuyée. Au final, plutôt banal…

6/10

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Extraits:

"Ce ne sont que les premières larmes qui coûtent, les autres ne font qu'apprivoiser le chagrin." p. 12

"Ma vertu, c'est les hommes. Mon rythme, c'est eux. Leur douceur. Il faut juste leur en laisser la possibilité, tu sais, le droit de l'être. C'est si dur de devenir un homme: c'est pour ça qu'il leur faut cacher cette douceur. Un homme doux transporte avec lui l'enfant qu'il a été et le vieillard qu'il sera, sa violence et la fierté de savoir y renoncer. Il est plus doux qu'un père et une mère, plus doux qu'une gorgée d'eau pour qui meurt de soif. Une homme doux, c'est toute la douceur du monde, c'est la salive su un genou écorché, et la dernière rose en décembre, et la truffe de ton chien qui te fouille le visage à ton premier chagrin." p. 21-22

"Pendant mon rêve j'ai découvert où vont les vagues quand elles meurent sur la grève et la flamme d'une bougie quand on la souffle. Où vont les vieilles chansons dont on a oublié le refrain. Les baskets dépareillées et toutes les chaussettes qu'on perd dans la machine à laver. Où vont les amours impossibles et aussi les amours vécues et finies. Les baisers non donnés. Les caresses et les regards incompris. Les dents de lait des enfants. Les mots doux écrits au petit matin. La trahison d'un ami. Et plein d'autres choses inexplicables, les mails partis et jamais reçus. Les pensées qu'on est tout près d'attraper et qu'on n'attrape pas. Ces images juste avant de s'endormir. Ces boucles d'oreilles que ma mère m'avait données. D'où est sortie cette voiture qui a tué sur le coup le seul chat que j'aie jamais aimé dans ma vie, Mitzi la douce. Je ne vais pas continuer la liste, bien trop longue: toutes ces choses vont dans la tanière de l'ogre, un ogre qui ne fait pas peur, mais qui le devrait pourtant. C'est chez lui la brèche, la fissure du monde, c'est lui l'éboueur, ce personnage grotesque qui régule l'univers, le patron con du chaos." p. 142-143

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La douceur des hommes, Simonetta Greggio, Stock, Le Livre de Poche, 2005, 153p.

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