jeudi 15 octobre

Seul le silence - R.J. Ellory

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Que vous reste-t-il à perdre

quand on vous a déjà tout pris?

Joseph Vaughan, écrivain à succès, tient en joue un tueur en série, dans l’ombre duquel il vit depuis l’enfance.

Trente ans plus tôt : Joseph a 12 ans lorsqu’il découvre dans son village du Sud des États-Unis le corps d’une fillette assassinée.

Une des premières victimes d’une longue série qui laissera longtemps la police impuissante.

Des années plus tard, alors que l’affaire semble enfin élucidée, Joseph décide de changer de vie et de s’installer à New York pour oublier les séquelles de cette histoire qui l’a touché de trop près.

Mais à nouveau les meurtres d’enfants se multiplient, et il comprend que le tueur est toujours à l’œuvre. Pour échapper à ses démons, Joseph n’aura d’autre solution que de reprendre l’enquête, afin de démasquer le vrai coupable, dont l’identité sera révélée que dans les toutes dernières pages.

Au-delà d’un roman de serial killer à la mécanique parfaite et au suspense constant, Seul le silence marque une date dans l’histoire du thriller. Avec ce récit crépusculaire à la noirceur absolue, sans concession aucune, R.J. Ellory évoque autant William Styron que Norman Mailer par la puissance de son écriture et la complexité des émotions qu’il met en jeu.

Eh non ma belle Keisha, je n’ai pas oublié notre lecture commune! :o)

J’ai lu ce roman d’une traite, en deux jours. C’est vrai que j’avais seulement que ça à faire… Et je dois avouer qu’avec le temps, il ne m’en restera pas grand-chose. Je l’ai lu depuis au moins 2 semaines et je dois avouer que déjà j’en ai perdu des bouts! Peut-être est-ce que c’est le contexte dans lequel je l’ai lu, va savoir…

Ce que je me rappelle par contre c’est l’émotion que j’ai ressenti durant ma lecture. Un mélange de compassion, de tristesse et de mélancolie. C’est rare un polar qui me fait sentir ce genre d’émotions. Je me suis aussi beaucoup attachée au personnage de Joseph, surtout durant son enfance. Ce pauvre jeune homme, on dirait que la vie s’acharne sur lui. C’est d’une tristesse…

L’écriture de R.J. Ellory m’a aussi beaucoup plu, ce n’est pas habituel qu’un polar soit si bien écrit, les mots bien choisis et le style poétique, on ne voit pas ça souvent dans ce genre de bouquin.

Un bon roman policier différent, je crois que c’est ce qui fait son succès.

8/10

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J’ai eu la chance de partager cette lecture commune avec Keisha et Karine:)

Seul le silence, R.J. Ellory, Sonatine, 2008, 497p.

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mardi 01 septembre

Une vie inachevée - Mark Spragg

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Einar Gilkynson est un homme blessé. Depuis la mort de son fils dans un accident de voiture, il mène une existence solitaire, dans un ranch délabré du Wyoming.

Mais le retour de Jean, la compagne de son fils, à qui il n’a jamais pardonné d’avoir survécu à l’accident, et de sa fille de neuf ans va bouleverser sa vie.

La présence miraculeuse de la petite Griff lui permettra-t-elle d’exorciser le passé?

Dans la lignée de L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux, ce magnifique roman est une véritable ode à la nature et aux grands espaces de l’Ouest américain. C’est aussi une flamboyante histoire d’amour et de rédemption.

Une vie inachevée nous plonge dans une petite bourgade isolée au fin fond du Wyoming. Einar, un vieil homme bourru et taciturne subit sa vie depuis la mort accidentelle de son fils. Il en veut terriblement à sa belle-fille d’avoir survécu à l’accident et la tient responsable de la mort de son fils. Incapable de surpasser son chagrin, l’arrivée inopinée de Jean et de sa petite-fille Griff, dont il ne connaissait pas l’existence, viendra bousculer ses habitudes et celle de son fidèle ami Mitch. Griff apprivoisera les démons de son grand-père et réussira à percer la dure carapace qu’il s’est construit avec des années de rancœurs. Une vie inachevée est un roman sur l’importance dans notre vie de la famille et des amis. Mais surtout de l’importance du pardon qui nous permet d’avancer et d’être heureux. L’écriture de Mark Spragg est simple mais agréable. Les personnages ont des caractères bien définis et on s’attache facilement à eux. Une belle lecture de vacances pour ceux qui aiment l’ouest américain et ses grands espaces nimbés de soleil.

7/10

Extraits:

"Les bûches d’aubier craquent et se rompent dans le petit ventre du poêle, la chaleur enfle entre les planches en pin, des murs et du toit, usées par les intempéries, toute la cabane semble gémir." p. 11

"Elle baisse les mains et scrute son reflet, à quelques centimètres de sa figure. Elle souffle, la vitre s’embue, son reflet reparaît peu à peu. Il reste là devant elle, comme une sœur, pense-t-elle, juste au bout de son nez, tandis que le monde défile au-dehors. Elle entend les gens autour d’elle, les conversations chuchotées, les passagers qui bougent dans leur sommeil. Un monsieur tousse.

Elle murmure :

- Grand-père

Puis :

- Mon grand-père

Son reflet sourit. Elle ferme les yeux et tente d’imaginer l’homme qui a élevé son père. À quoi il ressemble. S’il sera capable de deviner tout de suite qu’elle est sa petite-fille." p. 87

"Les marches ne sont que des rondins coupés en deux dans le sens de la longueur. Toute la maison est en rondins. On croirait une forêt qui serait tombée et qu’on aurait empilée sur les côtés. Non seulement c’est beaucoup mieux qu’une caravane, mais c’est mieux que tous les endroits qu’elle a pu voir. C’est une vraie maison, du genre qui ne va pas s’user avant que ses habitants soient usés, eux aussi." p. 105

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Une vie inachevée, Mark Spragg, Albin Michel, Le Livre de Poche, 2005, 316p.

Je remercie  Blog_o_Book et les éditions Le_Livre_de_Poche pour m'avoir permis de découvrir cet agréable roman.

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jeudi 27 août

Rebelles - Anna Godbersen

Rebelles

Présentation de l’éditeur :

Dans un monde d’ostentation et d’artifices, où l’apparence compte plus que tout, et où le fait de briser les codes sociaux entraîne le risque de devenir un exclus, cinq adolescents rebelles au détour du XXe siècle mènent des vies dangereusement scandaleuses. Des amants maudits, en passant par les meilleures amies qui se tirent dans le dos, jusqu’à la mauvaise fille qui agit comme une fille bien et la fille bien qui fait des choses que font les mauvaises filles, ce voyage dans le monde du temps de l’innocence mène à tout sauf à celle-ci.

Des filles rebelles dans des robes sublimes font la fête jusqu’à l’aube.

Des garçons irrésistibles aux sourires machiavéliques ont des intentions suspectes. Mensonges, secrets et scandales.

Nous sommes à Manhattan… en 1899.

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En littérature, j’ai quelques petits plaisirs non coupables. De temps en temps, j’aime bien me plonger dans un roman - n’ayons pas peur des mots - "de fille". Un roman sucré à souhait, sans prise de tête seulement pour le plaisir de rêvasser un peu. J’avais noté ce titre suite à un billet de Clarabel sans nécessairement vouloir l’acheter, ni être pressée de l’avoir entre les mains. Je suis tombée dessus par hasard à la biblio je ne me suis donc pas fait prier et je l’ai embarqué. Non mais, l’été c’est fait pour les lectures légères non!? Ne vous moquez pas! Je vous vois rire de moi avec tous les Harlequins sur lesquels vous avez soupiré tout l’été… Gnak!

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En lisant les premières pages de Rebelles, j’ai tout de suite eu une pensée pour Serena et Blair, les personnages centraux de la sublissime série Gossip Girl (J’ai trop hâte à la saison 3!). J’ai vraiment eu l’impression de lire le récit de la vie mondaine et sociale des arrière-grand-mères de Serena Van der Woodsen et Blair Waldorf. Étant une GRANDE fan de Gossip Girl, il n’en a pas fallu plus pour que je sois conquise! Ok, il ne gagnera pas de prix ce livre, mais c’est totalement jouissif ce genre de bouquin! Reste plus qu’à lire la suite!

8.5/10

Anna Godbersen est née en 1980 - comme moi! - à Berkeley, en Californie. Elle a fait ses études au réputé Barnard College de Manhattan. Elle est l’ancienne assistante-éditrice littéraire de la revue américaine Esquire et est présentement critique littéraire pour The New York Times Book Review. Elle vit désormais à Brooklyn.

Je vous invite à visiter le site internet de Rebelles et de sa suite Rumeurs, il est très bien construit et c’est un complément parfait aux romans : http://www.rebelles-lelivre.fr/

On peut même répondre à un petit quiz pour savoir laquelle des trois héroïnes nous ressemble le plus!

Mon résultat:

Diana Holland

Aussi vivante et énergique que Diana Holland, la jeune fille aux boucles folles, vous aimez les aventures et avez envie de découvrir le monde entier. Que vous soyez capable de le faire ou pas, vous savez quelle vie vous avez envie de mener et refusez que les règles sociales se mettent en travers de votre idéal.

Rebelles, Anna Godbersen, Albin Michel, 2008, 452p.

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mardi 25 août

Le maître des illusions - Donna Tartt

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Jeune étudiant pauvre d'une petite université du Vermont, Richard Papen – le narrateur – est introduit dans le cercle très fermé de cinq étudiants sûrs d'eux-mêmes et du monde, choisis par un professeur charismatique de lettres classiques. Richard s'initie avec eux aux mystères de la culture grecque ancienne et passe en leur compagnie de longs week-ends. Magnétisé par ses nouveaux compagnons, il n'a pas connaissance du crime qu'ils ont commis au cours d'une bacchanale. Mais une fois mis dans la confidence, il s'incline devant la nécessité inéluctable d'assassiner leur camarade de classe et ami qui pourrait trahir leur secret et compromettre leur avenir. D'une lecture irrésistiblement prenante, cette chronique de l'illusion et de la complicité, de l'abandon aux rites dionysiaques, de l'innocence corrompue par l'égoïsme et l'arrogance morale est aussi une histoire de culpabilité et de responsabilité.

Au début du mois de juillet, Calypso et Kalistina ont décidée de faire une lecture commune et elles nous invitaient à participer avec elles. Puisque j’avais le roman dans ma PAL, je trouvais que c’était l’occasion parfaite pour le lire et du même coup faire baisser mon énorme PAL. Nous sommes plusieurs à avoir emboîté le pas et c’est aujourd’hui la date de la publication des billets sur Le maître des illusions de l’auteur américaine Donna Tartt. 

Le maître des illusions est un roman à l’ambiance particulière et aux personnages qui sont tout sauf normaux. Le roman raconte la désillusion et le désenchantement de Richard Papen face à un cercle fermé de jeunes gens qui, pour lui, était la quintessence des étudiants de l’Université. Je dois bien avouer ce n'est pas du tout le roman que j'attendais, peut-être avais-je trop d'attentes justement. J'ai aimé l'ambiance glauque, mystérieuse et mélancolique qui s’en dégage, j’ai aussi beaucoup apprécié l’écriture de Donna Tartt, mais j'ai trouvé beaucoup trop de longueurs. À un moment, j’ai trouvé que ça tournait en rond. J’avais même perdue toute motivation à le terminer, mais j’ai tenu bon et je me suis accrocher. J’ai terminé la lecture depuis environ deux semaines et je dois avouer qu’à long terme, il ne m’en restera pas de grands souvenirs…

6/10

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Le maître des illusions, Donna Tartt, Plon, 1993, 705p.

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lundi 17 août

Rêves de garçons - Laura Kasischke

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À la fin des années 1970, trois pom-pom girls quittent leur camp de vacances à bord d'une Mustang décapotable dans l'espoir de se baigner dans le mystérieux Lac des Amants. Dans leur insouciance, elles sourient à deux garçons croisés en chemin.

Mauvais choix au mauvais moment.

Soudain, cette journée idyllique tourne au cauchemar.

Rêves de garçons est une plongée au cœur d'un univers adolescent dépeint avec une justesse sans égale. Une fois de plus, Laura Kasischke s'attache à détourner avec beaucoup de férocité certains clichés de l'Amérique contemporaine et nous laisse, jusqu'à la révélation finale, dans l'imminence de la catastrophe.

J'ai passé le ¾ du roman à me demander où l'auteur voulait en venir. Je ne comprenais pas trop le pourquoi du comment de cette histoire. Je voyais la fin arriver à grand pas sans y déceler le moindre dénouement, jusqu'à cette scène finale… J'avoue, j'ai été bluffée. Ce n'est pas l'œuvre du siècle, mais un petit roman bien sympathique et aussi angoissant qu'une histoire de peur racontée autour d'un feu de camp!

6.5/10

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Si vous voulez connaître l'avis d'Ys.

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Rêves de garçons, Laura Kasischke, Christian Bourgeois, Le Livre de Poche, 2007, 249p.

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mercredi 15 juillet

L'Arbre aux haricots - Barbara Kingsolver

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Taylor Greer n’a pas l’intention de finir ses jours dans le Kentucky, où les filles commencent à faire des bébés avant d’apprendre leurs tables de multiplication. Le jour où elle quitte le comté de Pittman au volant de sa vieille Volkswagen, elle est bien décidée à rouler vers l’Ouest jusqu’à ce que sa voiture rende l’âme. C’est compter sans le désert de l’Oklahoma où, sur le parking d’un bar miteux, elle hérite d’un mystérieux balluchon : une petite Indienne. On est à Tucson dans l’Arizona. Dans un garage un peu spécial, elle va rencontrer à la fois la générosité et l’inacceptable, et trouver l’espoir de garder celle qui est devenue son enfant, la petite Turtle.

L'Arbre aux haricots est une histoire originale, pleine d'humour, d'humanité et surtout pleine d'espoir et d'optimisme. La société américaine est dépeinte avec beaucoup de réalisme, avec ses bons côtés mais surtout ses travers. L'écriture de Barbara Kingsolver est pétillante et pleine de fraicheur. Elle dépeints avec finesse les majestueux paysages américains. Elle a une écriture sincère et vraie avec ses magnifiques portraits de femmes fortes et volontaires, ses personnage attachants, sympathiques et bienveillants. Sur plusieurs points, L'Arbre aux haricots m'a rappelé La petite voix du cœur de Billie Letts, un roman que j'avais adoré.

Une belle histoire de solidarité et d'amitié. Un joli roman qui donne le sourire aux lèvres!

8.5/10

Extrait:

"La vallée de Tucson se trouvait étalée devant nous, nichée dans son berceau de montagnes. La plaine déserte qui nous séparait de la ville s'offrait à nous comme une main à une diseuse de bonne aventure, avec ses buttes et ses mamelons, les lignes de vie et de coeur des lits secs de ses cours d'eau.

Venant du sud, un orage approchait, lentement. Il ressemblait à un immense rideau de douche gris-bleu tiré par la main de Dieu. C'était tout juste si on voyait au travers, si on distinguait les contours des montagnes de l'autre côté. De temps en temps de blancs rubans de lumière bondissaient nerveusement entre les nuages et les sommets des montagnes. Une brise fraîche se levait derrière nous, parcourant de frissons les troncs des prosopis.

Les oiseaux excités couraient sur le sol et se perchaient sur les herbes frêles qui se balançaient follement dans le vent." (p 239-240)

L’Arbre aux haricots, Barbara Kingsolver, Rivages, 1995, 277p.

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lundi 13 juillet

L'Histoire d'Edgar Sawtelle - David Wroblewski

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Dans une ferme isolée au nord du Wisconsin, le jeune Edgar Sawtelle grandit seul entre son père et sa mère, avec lesquels il ne peut communiquer que par le langage des signes.

Depuis deux générations, les Sawtelle élèvent et dressent une race de chiens d'exception "à qui il ne manque que la parole", dont Almondine, l'amie de toujours d'Edgar, est un merveilleux exemple.

À l'arrivée de Claude, l'oncle du garçon, la paix du foyer vole en éclats.

Roman initiatique, roman des grands espaces américains, L'Histoire d'Edgar Sawtelle emporte le lecteur dans une quête effrénée de liberté.

L'Histoire d'Edgar Sawtelle est un roman en 5 parties. J'ai aimé la première partie où l'on fait la rencontre de la famille Sawtelle, leur histoire, leur quotidien et surtout où on découvre les fameux chiens Sawtelle. On nous explique les méthodes de dressage de ces chiens uniques, leur pedigree et la façon dont la lignée a été conçue. C'est très intéressant. Pour la suite, ça se gâte un peu. La deuxième partie m'a ennuyée, j'y ai trouvé quelques longueurs. Ensuite, la troisième partie, j'ai failli abandonner. J'ai posé le bouquin quelques jours et j'ai lu autre chose. Et j'y suis revenue, je lui ai laissé une seconde chance et j'ai bien fait! La quatrième partie m'a emballée, c'est la plus intéressante à mon avis. La dernière met tout en place, mais m'a un peu déçu. J'aurais aimé une fin différente, plus heureuse. Et il y a tout plein de chose qui m'ont embêtée dans ce roman, à commencer par les raisons qui poussent Claude à être si méchant. Je n'ai pas du tout compris ses motifs, ce n'est pas très clair. Bref, à lire si on aime les chiens et les magnifiques paysages du Midwest américain. Ah oui, j'allais oublier, la couverture de ce roman est tout simplement magnifique, une des plus belles que j'ai vu, totalement en accord avec le roman!

7/10 .

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Un coup de coeur pour Hathaway 

Elfique a un avis similaire au mien

Un abandon pour Jules.

L'Histoire d'Edgar Sawtelle, David Wroblewski, JC Lattès, 2009, 594p.

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lundi 15 juin

1275 âmes - Jim Thompson

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Le Bien et le Mal, par exemple, on finit par plus savoir ce que c’est l’un et ce que c’est l’autre.

4e couverture:

" Je m'appelle Nick Corey. Je suis le sheriff d'un patelin habité par des soûlauds, des fornicateurs, des incestueux, des feignasses et des salopiaux de tout acabit. Mon épouse me hait, ma maîtresse m'épuise et la seule femme que j'aime me snobe. Enfin, j'ai une vague idée que tous les coups de pied qui se distribuent dans ce bas monde, c'est mon postère qui les reçoit. Et bien, les gars, ça va cesser. Je ne sais pas comment, mais cet enfer va cesser. "

Je trouve 1275 âmes très difficile à critiquer. Je ne sais pas du tout si j'ai détesté ou au contraire aimé! En fait, mon avis est plutôt partagé. Je me suis demandé tout au long du livre si le personnage de Nick Corey était un débile profond doublé d'un attardé sévère ou simplement un shérif-tueur en série sans scrupules. Ce livre est totalement déstabilisant et je dois avouer que je n'ai pas compris certains passages… Je ne suis pas habituée à ce genre de roman noir et parfaitement cynique. Ça se lit bien malgré tout.

6/10

Extrait:

" - C'est mon métier, oublie pas, de punir les gens pour le simple fait qu'ils sont des êtres humains. De les amadouer, jusqu'à ce qu'ils se montrent tels qu'i'sont et ensuite de leur tomber dessus. Et c'est un sale boulot, figure-toi, mon loup, et j'estime que le plaisir que je peux trouver à les piéger, je l'ai bougrement mérité.

Rose me regarde, les yeux écarquillés.

- Qu'est ce que tu nous chantes là? T'es pas un peu maboul?

- C'est vrai que ça peut paraître maboul, mais j'y peux rien. En principe, c'est aux gros bonnets, aux puissants que je devrais serrer la vis. Mais j'ai pas le droit d'y toucher, alors faut que je me rattrape en tapant deux fois plus fort sur les Noirs, sur la pauvre racaille de Blancs, et sur ceux qui, comme toi, ont mis leur cervelle à la place de ce que je pense parce qu'ils ne savaient pas quoi en faire là où elle était." p. 234

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1275 âmes, Jim Thompson, Gallimard, Folio Policier, 1966, 247p.

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vendredi 05 juin

Une année à la campagne - Sue Hubbell

annee_a_la_campagne  Grâce à la nature sauvage…                                                          MPbeeanim

MPbeeanim

4e couverture:

"Un jour, Sue Hubbell, biologiste de formation, ayant travaillé comme bibliothécaire, lasse de vivre en marge de la société de consommation de l'Est américain, décide de changer de vie. Avec son mari, elle part à la recherche d'un endroit où ils pourraient vivre loin des villes, suivant l'exemple du poète Thoreau. Après avoir cherché, ils trouvent cette ferme dans les monts Ozark, au sud-est du Missouri, et, ne connaissant rien à l'agriculture ni à l'élevage, ils décident de créer une "ferme d'abeilles ". Alors commence pour Sue Hubbell une aventure dont elle n'imagine pas les conséquences. Les saisons, les années passent, maintenant dans la solitude car son mari l'a quittée, et cette femme qui n'avait de la nature qu'une connaissance théorique découvre lentement l'immensité de l'univers qu'elle s'est choisi : sur ces quelques hectares de collines où, depuis la disparition des Indiens Osages, aucun être humain ne s'est vraiment arrêté, la vie a établi ses lois et ses règles, tissant un réseau de dépendances entre tous les habitants : les plantes, les insectes, les araignées, les serpents, les oiseaux, les mammifères, et même les parasites et les bactéries. L'entrée dans ce monde n'est pas simple. Pour Sue Hubbell, c'est un véritable bouleversement. Elle qui croyait- par son éducation, par ses études- tout savoir de la vie animale découvre sur ces arpents de terre que la vie naturelle est un bien meilleur professeur, parce qu'elle laisse le savoir germer et mûrir comme tout ce qui est vivant et vrai."                                                                                 

    J.M.G. Le Clézio

Un tout petit peu, mini de rien du tout déçue du style d’écriture se rapprochant plus de la rédaction d’un article que d’un roman. Ce n’est pas très littéraire. C’est plutôt une chronique, un genre de journal relatant une année dans la vie de Sue Hubbell, la Dame aux abeilles. Elle relate ses observations de la nature et de ses habitants. Elle nous raconte les difficultés de vivre seule au milieu de la nature, ses tâches quotidiennes, mais elle retrace surtout sa vie avec ses abeilles. Sue Hubbell est une femme discrète et son rapport à la nature est fascinant. Un livre charmant!

8/10  MPbeeanim

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Extraits:

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"Vivre dans un monde où les réponses aux questions peuvent être si nombreuses et si valable, voilà ce qui me fait sortir du lit et enfiler mes bottes tous les matins."  p.85

"Une nuit, je me suis endormie après avoir lu un texte sur la nature de l’âme. J’ai rêvé de mon âme à moi et découvert que c’était un camion blanc femelle, énergique, impatient, filant à une allure presque trop rapide, au point d’en être grisante, effleurant avec légèreté la surface de la route, sans suivre vraiment le chemin tracé. Je suis assez contente d’avoir une âme de cette espèce."  p.151

"Je veux entendre les bruants indigo chanter leurs couplets lorsque je m’éveille le matin, je veux relire Joseph et ses frères, je veux voir les feuilles pousser sur les chênes, les fleurs s’épanouir sur les cornouillers et danser les lucioles. Je veux savoir ce qu’il advient du val du Raton laveur. Je veux qu’Asher découvre comment les parasites d’oreilles des papillons de nuit ont traversé l’hiver. Je veux montrer à Liddy et Brian les gros rochers au fond du vallon. Je veux en savoir bien davantage sur les faucheux. Je veux écrire un roman. Je veux aller nager nue dans la rivière sous le soleil brûlant.

C’est pourquoi j’ai cessé de dormir à l’intérieur. Une maison est trop petite, trop limitée. Je veux le monde entier, et aussi les étoiles."  p.231-232

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Une année à la campagne, Sue Hubbell, Gallimard Folio, 1988, 259p.

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samedi 30 mai

Un lieu béni - Fannie Flagg

un_lieu_beni   "N’est-ce pas extraordinaire comme un petit oiseau peut changer la vie de tant de gens? "

4e couverture:

Comment réparer l’irréparable? Condamné par son médecin, Oswald T. Campbell quitte Chicago pour les cieux plus cléments de Lost River, en Alabama. Dans ce petit village oublié, le facteur fait sa tournée en bateau, le propriétaire du magasin général a pour associé un oiseau rouge taquin, confident d’une petite orpheline, et de sympathiques commères ont fondé une société secrète qui multiplie les actes de bienfaisance. La vie grise et malchanceuse d’Oswald prend soudainement une tournure inattendue… Fannie Flagg est une véritable magicienne et sous sa plume tous les miracles sont possibles.

Un lieu béni est un livre doudou. Il est tendre, drôle et touchant. Cette petite communauté perdue au fond de nulle part qui vit tout en simplicité et entraide donne envie d’aller, nous aussi, passer quelques temps dans ce havre de paix et faire partie de cette communauté si accueillante. Un seul mot, Magique!

8/10

Extrait :

"Quand Dottie a été nommée notre postière officielle, elle a dit qu’elle avait toujours espéré devenir une femme de lettres, mais que ce n’était pas exactement ce à quoi elle avait pensé. " p. 91

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Un lieu béni, Fannie Flagg, Flammarion, 2005, 247p.

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